JALOUSIE
La chambre sera chaude et de parfums chargée
Et les lumières y feront un clair obscur.
Je devine ton attitude négligée.
Le premier frôlement et son grand charme impur.
Je vois tout... Ton regard d'abord qui se dérobe... J'entends ce que tu dis, car tu me le disais Et je sens la chaleur de ta peau sous ta robe, La volupté rôdant sur les tapis épais.
Je te vois sur le lit te défendant à peine, J'entends frémir les plis de ton peignoir froissé. Je vois comment sa main te l'arrache sans peine, L'audace de ta pose et de tes yeux baissés.
Gomme un lis impudique et pollué tu dresses, Pour les faire valoir, ton épaule et tes seins Et tu luttes encore au milieu des coussins Pour t'écrouler soudain au souffle des caresses.
Tu te tordras d'amour sous son corps, tu diras Les mots que le plaisir et que la nuit inspirent Et la tête alourdie et pendante hors des draps Tu rythmeras l'élan de ta chair en délire...
Puis ce sera la lassitude au creux des bras, Le repos tendre et les paroles étouffées, L'intimité des sens dont tu l'enivreras Et l'odeur du plaisir qui monte par bouffées.
Ah ! comment fuir l'horrible image, ne plus voir? Mais toujours devant moi, précis, vivants, obscènes, Plus réels que la nuit et que le désespoir, Je vois se dérouler les détails de la scène...