‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 41 sur 172 · JE ME SUIS CONSOLE · texte numérisé non relu

JE ME SUIS CONSOLE

Je me suis consolé de cet immense amour Avec des souvenirs et beaucoup de courage. Si le mal fut très grand et le fardeau très lourd Je n'ai laissé rien voir du moins sur mon visage.

Maintenant je suis las, mes yeux se sont séchés.

J'ai vaincu le dégoût, le regret, l'insomnie.

Je suis comme un tronc mort que les vents ont couché.

Gomme un rocher lavé par des siècles de pluie.

Et j'ai si froid au cœur, je suis si fatigué Je suis si nu, si dépouillé, si misérable Que le malheur ancien qui me fut prodigué, A présent qu'il m'a fui me semble désirable.

Mais je n'ai même plus l'honneur de mon chagrin Il faut aller tout seul, sans prières, sans larmes Et sans charnel désir sur un triste chemin, Il faut s'accoutumer à ce néant de l'âme.

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