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20 GRAISDS CAPITAINES ESTRANGËRS.
Salerne' et ce grand Cosme; Tay-je ainsi ouy dire à Naples et à Florance.
Il voulut ériger un' inquisition à Naples', qui cuyda estre cause de grandes révoltes, de sorte que j'ay ouy dire à Naples et à Rome que, si pour lors y eust eu un ambassadeur d'espée capitaine au lieu de M. de Montvillier', on eust esbraiilé le réaume, de mesmes que fut restât de Sienne, M.lemareschal de Termes ^ estant pour lors à Rome et en Italie (j'en parle ailleurs) ; car ce joug d'inquisition estoit insupportable, tant pour estre nouveau que pour estre fascheux bien fort. 11' fut aussi cause de la sédiction et révolte de Sienne : car il vouloit tout avoir pour son maistre, voire Florance s'il eust peu. Et s'il n'eust faict faire la citadelle dedans Sienne, les Siennois se fussçnt mieux comportez et . n'eussent eslevé les armes. Aussi travailla-il fort pour la remettre en son obéissance ; mais, sur ces entremises, il y mourut. Je ne diray point comment, car on en parle fort diversement.
i . «firantôme se trompe. Ferdinand de 9an-Severino, dernier prince de Saleme, né le 18 janvier 1507, mort à Avignon en i 568 suivant les uns, en 1572 suivant les autres, n*étaît point le gendre de Pierre de Tolède, son ennemi mortel. II avait épousé Isabelle de Villamarina, fille de Bernard, comte de Capaccio. Voyez imhof, Gatealogiae viginti Ulmtrium in Italia famUiarum ^ p. 292 et 300.-'
2. En mai i5(i7. Il en résulta des troubles qui durèrent plusieurs mois. Voyez de Thou, Kv. IIl.
3. Jean de Morvilliers, évéque d'Orléans (1 $52), chancelier de' France (1568), ambassadeur à Venise, né à Blois en 1507, mort à Tours le 23 octobre 1577.
4. Paul de LaBarthe, seigneur de Termes, maréch^ Ae Franœ. Brantôme lui a consacré un article.
DOM PEDRO DE TOLEDO. t1
Il demeura visce-roy dans Naples plus de douze à treize ans, la gouvernant très sagement, et la décorant de ceste belle estrade * de Tollède et des beaux bastimens que l'on y void pour aujourd'huy.
Ce n'est pas tout que bien gouverner en temps et lieu paisible; mais il la préserva fort bien contre les dangers et guerres, ainsi qu'il fit fort bien lors que Barberousse retourna de Provance. Il fit semblant d'en vouloir ravager les costes du réaume; mesmes qu'il avoit desjà assiégé Pussol ' (y ayant desja faict descendre et poser son artillerie par Salec, brave et vaillant corsaire, qui avoit commandé dans La Collette et bravement), qu'il eust pris facillement; mais par la valeiu* et la bonne conduic|e dudict dom Pedro, qu'y estoit en personne avec de belles forces, et mesme de cheval, *il en deslogea bien viste, non sans avoir porté dommage aux costes et quelques petites islettes qu'on avoit laissé comm' abandonnées, et surtout la pauvre isle de Lipary , dont il emmçna plus de sept mille âmes prisonnières' ; et les vestiges en paroissent encor, car c'est une très pauvre isle et misérable habitation. Tant y a que ce sage dom Pedro, bien luy servit d'eslre là bien prudent et valeiu^ux, car le réaume en eust bien paty.
Ceste race de Toledo de long temps a esté tousjours très brave. Hz furent trois frères : domGarcie, qui fut lieutenant du roy Ferdinand, et fut tué aux Gerbes, If second fut dom Joan de Toledo, cardinal et arche-