En
LE ROr LOUYS XL 341
que j'ay entendu que tous e&tes curateur du feu éyesque de Malezay *■ qui tenoit ladicte abbaye, et que à cause d*icelle il a eu plusieurs biens qui deiîement appartiennent à mondict sieur d*Évreux, qui est son successeur, je vous prie tenir la main que le tout soit retidu : car il est bon diable d*évesque pour ast'heure; je ne sçay qu'il sera pour Tadvenir: il est continuellement occupé à mon service. Je vous en prie encor, monsieur de Bressuire, mon amy, qu'il n y ayt faute.
Escrit à Compiègne, le 8** jour d'aoust.
LoiTYS.
Et plus baSj Merlin.
Je pense, veu cela, que messieurs les chanoines de son temps ne faisoient grandes élections de leurs évesques, et qu'il cousoit, tailloit et faisoit tout. Nottez aussi comm' il appelle cest évesque don diable. Je pense que ce fust ce cardinal Balue ' faict après : il luy rendit bien la pareille despuis. — Un' autre.
X. Monsieur de Bressuire, j'ay esté adverty que M. de Sainct Lou' est allé devers vous pour se conseiller à vous de ce qu'il avoit affére; et m'esbahis bien que ne l'avez pris, veu la grande trahison et mauvaistié qu*il a faict à rencontre de raoy. Et pour ce, si vous voulez que jamais j'aye fiance en vous, et s*il est en lieu où vous le puissiez recouvrer, faictes le prendre incontinent; car ce m'est fort chose
I • Louis Renault de Gamaches de la Ronsselière, évêque de Maillezais, de 4455 à 1475.
2. Brantôme se trompe , comme on peut le voir d'après la note 4 de la page précédente.
3. Est-ce Matthieu, seigneur de Saint-Loup, qui vivait encore en 4483, et qui fut le second mari de Jeanne de Vergy?
à croire que ne m'ayez adverty de son allée. Je vous prie que m*en faictes sçavoir ce qui en est.
Escrit au Plessis du Parc, ce 16* jour de janvier.
LouYS.
Et plus bas,, de Chaumont.
Je pense bien queledictM. deBressuire fut en grand accessoire*, après ceste lettre receue, pour attraper ledict M. de Sainct Lou ; car, s'il y manqua, ne faut point doubter qu'il n'entrast en mesfiance de luy, comin' il l'en menaça.
Il falloit bien dire que ce M. de Sainct Lou fust grand, puisqu'il l'appelle monsieur. J'enay cogneu de ses descendans qui sont aujourd'huy , entr' autres un que j'ay veu lieutenant de l'une des couronnelles* de M. de Strozze, qui fut tue à la Roche-la- Bélie, brave et vaillant gentilhomme*. — Un' autre :
XI. Monsieur de BressuireJ'ay esté adverty que puis n*aguières les Anglois ont arresté le liavire de M. des Bordes* , et pour ce , se faut donner garde d*eux, et en advertir partout où verrez estre affaire, tant par la mer que par la terre, mesmement à La Rochelle, à Sainct Jean d'Angely, àXainotes, et ailleurs où besoing sera, sans entreprendre sur eux, ne leur faire guerre. Et aussi que Ton se donne garde que les marchands d'Angleterre ne manient quelque pratique sous umbre de leur marchandise ; et s'ils prennent rien,