Alexandre Farnèse
3. Il s'agit du maréchal de Bîron, tué au siège d'Epernay, en 1592, et non de son fils; décapité en 1602.
M. DE SAVOYE. Ul
dernier mort, de la valeur et suffisance desquelz j'espère en dire ce que j'en pourray. Parquoy je remetz cette partie à lors, pour parler de feu M. de Savoye, Philibert dernier.
M. de Savoye fut fort aymé du feu empereur Monsieur son oncle ; car il aymoit cordialement sa mère, sa Savoye . belle-sœur, donne Béatrix de Portugal, sœur de donne Yzabel, impératrice. Aussi cesle belle-sœur rendoit pareille amour à son beau-frère : de telle sorte qu'elle fit perdre Testât à son mary; car elle ne cessa jamais qu'elle ne le brouillast au party de l'empereur, au lieu qu'auparavant il estoit bien à son aise, et ne luy demandoit rien. Use dict et se list' que l'empereur estant à Naples, à son retour de Thunes', M. de Savoye*, son mary, escrivit une lettre à un gentilhomme , nommé M. de Montfalconnet', qu'il aymoit fort, et se tenoit près de l'empereur, qu'il sceust de luy comment il se devoît gouverner en ce faict de guerre de Savoye, qu'il voyoit se préparer et tumber toute sur luy. L'empereur luy manda qu'il se gouvemast à l'accoustumée, en connivant, sans autrement se déclairer ny pour l'un ny pour l'autre. Mais sa femme, qui estoit altière et d'un courage animé, ne cessa jamais qu'elle
i. Emmaniiel-Philibert, duc de Savoie, fils de Charles III et de Béatrix de Portugal, sœur d'Isabelle (ou Elisabeth), femme de Charles-Quint. Il naquit à Chambéry en 1528, succéda à son père en 1553 et mourut en 1580.
2. Brantôme a emprunté ce fait aux Annales d'Aquitaine y de J. Bouchet, édition de 1557, £•' 275 v*, 276 r*.