HISTOIRE DE LOTIS XL
de L'affaire la plus importante, qui était pour Louis de soutenir ses droits sur la succession de Bourgogne, et pour Ferdinand de s'affermir sur le trône de Castille.
Après bien des conférences , on convint que le roi garderait les comtés de Roussillou et de Cerdagne , jusqu'à ce qu'on lui eût rendu deux cent cinquante mille écus , ou qu'il paierait pareille somme si on consentait à les lui céder ; que cependant il y aurait une trêve de trois moi-, dans laquelle serait compris le roi d'Aragon. Ce prince parut très-mécontent de ce traité ; il reprocha à son fils de se relâcher de ses droits , et lui dit que Louis était sûr de l'avantage toutes les fois qu'on entrait en négociation avec lui. Ferdinand fit entendre à son père qu'il cédait au temps, mais qu'il saisirait la première occasion de rentrer dans le Roussillon.
Le roi d'Aragon accepta la trêve , qui fut fort mal observée. Bac et Callard , s'étant fortifiés dans le château de Roquebrune , faisaient des courses dans le Roussillon , dans le Lampourdan , et jusqu'en France , ce qui fit dire au roi qu'il ne suffisait pas de faire la paix avec le roi de Castille, si elle n'était signée par les rois Bac et Callard.
La paix succéda à la trêve , et fut signée à Saint-Jean-de-Luz (g octobre. Louis promit de n'assister directement ni indirectement Alphonse , roi de Portugal , Jean , son fils, ni Jeanne , que les Espagnols appelaient communément la Bertranne , parce qu'ils prétendaient qu'elle était la fille de Bertrand de la Cueya. Ferdinand et Isabelle renoncèrent à l'alliance de Maximilien.
L'évêque de Lornbez , Odet Daidie , et Souplainville , après avoir signé le traité de paix pour le roi , furent chargés de convenir, avec les commissaires de Castille, des réparations des dommages que la guerre avait causés. Peu de temps après ( 19 janvier 1479) ' Jean H » r°i d'Aragon , mourut à Barcelone , âgé de quatre-vingt-deux ans, laissant si peu de bien, qu'on fu obligé de vendre ses meubles pour payer ses domestiques et ses funérailles. Éléonore , reine de Savarre , sa fille, mourut trois semaines après. Elle nomma , pour son unique béritier , son petitfils François Phœbus , fils de Magdeleine de Frauce. Éléonore connaissait parfaitement les intérêts et les caractères des princes de son temps. Elle recommanda en mourant, à son petit-fils et à ses peuples, de rester attachés à la France , et de se défier du roi de Castille, son frère, qui ne pensait qu'à s'emparer de la Navarre. Cette crainte ne fut que trop justifiée dans la suite.