PREMIERE PARTIE
Il n'entre pas dans notre plan de tracer l'histoire de la philosophie ancienne. Nous avons borné nos recherches aux temps qui se sont écoulés depuis la renaissance des lettres. Nous aurions même pu , pour l'exécution de notre dessein , nous renfermer dans les limites des deux derniers siècles. En effet, avant Bacon , les sciences dont nous allons nous occuper n'offrent qu'im bien petit nombre de remarques utiles. Toutefois, avant d'entrer en matière, nous avons cru devoir d'abord consacrer quelques pages à des observations d'une nature plus générale, et à quelques dé-
38 HISTOIRE ABREGEE
tails littéraires , qui ont plus ou moins d'affinité avec notre objet principal. Ici, comme dans la suite de notre histoire , nous éviterons , autant que la clarté nous le permettra , les détails minutieux de la biographie , et au lieu de chercher à amuser nos lecteurs pas une série d'épigrammes , ou à les éblouir par une succession rapide de portraits fugitifs, nous chercherons à fixer leur attention sur les puissants génies qui se sont successivement transmis de main en main le flambeau toujours brillant des sciences (1). Ce sont de tels hommes qui seuls fournissent matière à une histoire philosophique. Quelque intérêt qu'eût pu offrir aux érudits l'énumération des noms et des travaux d'auteurs obscurs et secondaires , une telle occupation ne contribuerait que peu à faire connaître l'origine et la filiation des systèmes qui se sont succédé , ou le développement et les progrès graduels de l'esprit humain.
(1) Platon s'est servi de cette expression tirée d'un jeu grec, pour dérouler à nos yeux les générations successives qui , avec la vie , se transmettent ainsi , d'âge en âge , et comme de main en main , les intérêts et les devoirs qui animent cette scène éphémère,
yivvovliç x.a.1 ly.Tfi<povlîÇ TrcuiSocç , xciTctirtf *.k(ATra.£ct toï ê'itv îrapa- Slhvli? «axo/? «| aKKmv. (Platon, Lois. )
Et quasi cursores vitâi lampada tradunt.
Lucrèce.
DE LA HIILOSOPIIIE. 39
\lll\>\UWtW\WtW)VMW\WIVVkW\W\W\W«WVVWW\WtWtW\>MWWV\W>