A la Chambre des députés
DU COMTK DK CAVODH. 585
car il faut, pour être justes, reeomiailre que le principe de liberté appliqué aux rapports de l'Église avec l'État est une chose assez nouvelle dans l'histoire du monde. Au dernier siècle, ce principe était proclamé par un bien petit nombre de penseurs; aucun parti puissant ne le soutenait; et ceux mêmes qui professaient les cultes dissidents ne fondaient pas leurs croyances sur la liberté, mais sur une interprétation meilleure de l'Evangile.
Je ne sais si je me trompe, mais je crois que ce principe modifiera grandement les dispositions du pontife envers nous; qu'il le réconciliera avec la société moderne; qu'avant peu d'années Ton envisagera autrement qu'aujourd'hui les rapports essentiels de la société religieuse avec la société civile, et qu'ainsi pourra se réaliser la coexistence à Rome du chef auguste du catholicisme et du siège du gouvernement italien.
Quoi qu'il en soit de cette conviction, fondée ou non, nous n'en devons pas moins considérer la solution de ce problème comme un but à poursuivre, en dépit des diflicultés qu'il présente.
Je m'arrête; ce projet de loi u'a pas besoin. Messieurs, d'être soutenu plus longtemps devant vous. Je vous prie seulement de lui l'aire raccu(;il que lui a fait la Chand)re des députés, et de témoigner par votre vote que vous le considérez non |)as comme la conséquence d'une politique aventureuse el révolutionnaire , mais connue la consécration du droit qu'(»nt les Italiens de disposer librement (le leiiis destinées. (Vive ap[)robation.)
XYII