‹ Œuvre parlementaire du conte de Cavour;Chapitre 43 sur 80 · OF. U V B F. PAUL 1 M K N T A 1 B E · texte numérisé non relu

OF. U V B F. PAUL 1 M K N T A 1 B E

congrès; quelques-uns des plénipotentiaires n’auraient même pas demandé mieux que de détourner celle attention de la question italienne vers la question de la presse.

Mais eussé-je pris la parole, je n'aurais rien dit de plus que ce qu’a dit le plénipotentiaire anglais, et sur plusieurs points j’aurais été d’accord avec le plénipotentiaire de la France. Ce dernier, en effet, n’attaqua pas le moins du monde la liberté de la presse, n’en dénonça point les excès relatifs à la politique intérieure, et ne dit mot des exagérations de tel ou tel journal ; il se borna à faire remarquer au congrès l'existence de journaux dont le principal , sinon l’unique but , était non de s'occuper des affaires de la Belgique, mais de combattre le gouvernement français dans la personne de son chef, et de le combattre non point par des raisonnements, mais par l’injure et la calomnie; il observa ensuite que de bonnes relations pouvaient difficilement subsister entre deux pays quand il se passe dans l’un d’eux de tels abus.

Or, si j’avais eu à manifester une opinion sur ce point, je n’aurais pu que répéter ce que j’ai dit il y a cinq ans dans cette enceinte, .l’ai dit, et j’aurais répété au congrès que si la liberté de la presse, poussée jusqu’à ses extrêmes limites, est à peu près sans inconvénient tant qu’il ne s’agit que des affaires intérieures d’un pays, elle ne peut avoir que beaucoup d’inconvénients et très-peu d’avantages par rapport aux affaires extérieures. Si donc un jeu du sort me transportait dans l’enceinte de la Chambre belge, tout eu allant m’asseoir à la gauche, vu l’état actuel de ce pays, et tout près de mon ami Frère-Orban, je n’en dénoncerais pas moins à l'Assemblée ces faits regret-

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tables, convaincu de rendre ainsi un très-grand service à la cause de la fiberté.

■l’aborde, Messieurs, la question italienne. (Vive attention).

Je vous ai dit que les plénipotentiaires de là Sardaigne avaient pour mission d’appeler l’attention de l’Europe sur la situation anormale et malheureuse de l’Italie, et de chercher à y apporter remède. Dans l’état de choses créé par la paix , nul de vous certainerpent n’a imaginé qu’il fût possible d’obtenir des circonscriptions territoriales meilleures. Peut-être, si la guerre se fût prolongée et par conséquent étendue davantage, le programme des puissances, en s’étendant aussi, aurait-il pu admettre des améliorations de ce genre; mais la diplomatie n’ayant plus, du moment où les épées rentrent aux fourreaux, qu’à régulariser les résultats de la guerre, il n'y avait, je le répète, rien à espérer de semblable. Les grandes solutions ne sont pas déterminées par la plume. Messieurs; la diplomatie est impuissante à changer l’état des nations; elle ne fait que sanctionner les faits accomplis et leur donner un caractère légal.

Toutefois, môme au point de vue diplomatique et en partant des traités en vigueur, la question italienne pouvait être portée, sinon devant le congrès,- du moins devant les puissances qui le composaient. L’état actuel de l’Italie, en effet, n’est pas conforme aux traités. Les principes établis dans le traité de Vienne et dans les traités qui l’ont suivi sont ouvertement violés; l’équilibre politique primitivement institué est rompu depuis longtemps. Les plénipotentiaires de la Sardaigne crurent devoir ap-

peler l’attention de la France et de l’Angleterre sur cet état de choses et les inviter à le prendre en sérieuse considération.

Ils ne rencontrèrent pas d’obstacles sur ce terrain ; aussitôt qu’ils eurent formulé leurs griefs, ils reçurent de nos alliés des témoignages d’une haute faveur et d’un intérêt sincère pour les affaires d’Italie; les représentants de la France et de l’Angleterre, reconnaissant la situation anormale où se trouve le pays par suite de l’occupation d’une grande partie de ses provinces par une puissance étrangère, manifestèrent le désir de voir cette occupation cesser et les choses revenir à un état régulier.

On nous faisait seulement cette objection : — En admettant que l’occupation de l’Italie centrale cesse, quelles seront les conséquences de l’évacuation, toutes choses demeurant ce qu’elles sont aujourd'hui? — Les plénipotentiaires de la Sardaigne répondirent que si des mesures préalables n’étaient prises, ces conséquences pourraient être des plus graves, des plus dangereuses, telles, enfin, qu’ils se garderaient de conseiller l’évacuation; mais ils ajoutèrent qu’à leurs yeux celle-ci deviendrait possible au moyen de précautions convenables.

Invités à formuler leur opinion sur ce chef, ils crurent devoir dresser non pas un mémorandum, mais un mémoire destiné à être remis, sous forme de note verbale, à la France et à l’Angleterre *.

L’accueil fait à cette note fut très-favorable. L’Angle-

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