I. Du 46 avril
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non-seuiemenl de l’Italie, mais de l’Europe, d’apporter un remède quelconque aux maux de l’Italie. Je ne puis croire que les jugements émis, que les conseils donnés par des puissances telles que la France et l'Angleterre puissent demeurer longtemps stériles.
Il est vrai que si, d’une part, nous avons à nous applaudir de ce résultat, tle l’autre, nous devons reconnaître qu’il n’est ni sans inconvénients ni sans périls. (Mouvement d’attention.) Il est certain, Messieurs, que nos négociations à Paris n’ont pas amélioré nos rapports avec l’Autriche. Nous sommes obligés d’avouer que lfes plénipotentiaires de la Sardaigne et ceux de l’Autriche, après avoir siégé deux mois côte à côte, se sont séparés — sans animosités personnelles, car je dois reconnaître ici les procédés généralement courtois et convenables du chef du cabinet autrichien, — mais pénétrés de la conviction intime que la politique des deux pays est plus loin que jamais de marcher d’accord (applaudissements), et que les principes proclamés dans l’un et l’autre État sont incompatibles. (Très-bien!)
Ceci est grave , Messieurs, il ne faut pas !.e le dissimuler; des difficultés peuvent surgir, des dangers nous menacer; mais cette situation est une conséquence inévitable de la politique loyale, libérale, décidée que le roi Victor-Emmanuel a inaugurée en montant sur le trône, de cette politique dont le gouvernement du Roi a toujours cherché à être l’interprète, et à laquelle vous n’avez pas cessé de prêter votre appui. (Approbation.) Je ne pense donc pas, Messieurs, qu’en considération de ces difficultés, de ces dangers, vous soyez d’avis que
le gouvernement du Roi doive changer de politique.
Les vues qui nous ont guidés dans ces dernières années nous ont fait faire un grand pas ; pour la première fois dans le cours de notre histoire, la question italienne a été portée et discutée devant un congrès européen, non pas, comme autrefois à Laybach et à Vérone, afin d’aggraver les maux de l’Italie et de lui river de nouvelles chaînes, mais dans l’intention hautement proclamée de chercher un remède à ses maux, et de faire connaître la sympathie des grandes nations envers elle.
Le congrès est fini ; la cause de l’Italie est portée maintenant devant le tribunal de l’opinion publique, à laquelle, selon la parole mémorable de l’empereur des Français, appartient le jugement suprême , la victoire définitive. .
Le procès pourra être long, les péripéties seront peutêtre nombreuses; mais pleins de foi dans la justice de notre cause, nous en attendrons l’issue avec une entière confiance. (Applaudissements.)
ÉCLAIRCISSEMENT SUR LE PROTOCOLE DU \k AVRIL TOUCHANT LE PRINCIPE DE L’INTERVENTION ÉTRANGÈRE.
Séance do lu Chambre des députés du Ci mai 1856.
Ce fut le comte de Clarendon qui proposa au congrès d’émettre le vœu que, lorsque deux nations se trouvc-
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raient en dissidence sur quelque question susceptible d’entraîner une guerre, elles eussent à recourir à une troisième puissance, afin que la discussion pût être terminée en voie de conciliation par l’intervention pacifique de cette dernière. Désirant provoquer une déclaration favorable aux gouvernements de fait, et contraire aux interventions années, j’adressai la parole à lord Clarendon, et le priai de déclarer s’il entendait comprendre dans sa proposition le cas où un gouvernement de fait serait menacé de l’intervention armée d’une puissance sur l’invitation du souverain prétendu légitime.
Lord Clarendon répondit affirmativement ; il ajouta qu'il n’y avait pas de différence, aux yeux de l’Angleterre, en fait de questions de guerre, entre les diverses sortes de gouvernements, et il cita à ce propos l’exemple de la médiation offerte par P Angleterre, en 1823, dans les contestations entre la France et l’Espagne.
Le comte Walewski appuya cette explication de lord Clarendon. Le comte Duol prit ensuite la parole, et sans s’abstenir, il est vrai, de quelques allusions peu flatteuses pour le Piémont, il se borna néanmoins à établir comme maxime générale, que lorsqu’une expédition est résolue et approuvée par les grandes puissances, les puissances de second ordre n’ont plus rien à dire, — ce qui est malériellement incontestable, par malheur.
Là-dessus, comme il était tard, ne voulant pas soulever des discussions oiseuses et visera des triomphes oratoires au sein du congrès, et pensant beaucoup plus aux conséquences possibles des conférences qu’à l’effet de mes paroles sur le public, je m’adressai à lord Clarendon
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cl au comte Walcwski, assis tous deux en face de moi, et me rapportant aux explications qu’ils avaient données, je leur dis : « J’accepte le principe. » Celte réponse ne laissa de doute dans l'esprit d’aucun des plénipotentiaires.
Cependant le protocole, qui résumait très-brièvement les conférences, n’a pas indiqué celte circonstance; il aurait été plus exact de dire: « Satisfait des explications de lord Clarendon et du comte Walcwski, accepte. » Quoi qu’il en soit, lorsqu’il en fut donné lecture, c’était la dernière de nos réunions; les plénipotentiaires allaient se séparer pour toujours; je crus inutile de soulever un nouveau débat en demandant celle rectification, que le texte, lu attentivement, me parait d’ailleurs rendre superflue.
Je crois avoir sujet de m'applaudir d’avoir fait cette observation en faveur des gouvernements de fait et contre les interventions armées. Ce qui m'aide à le penser, c’est que lord Clarendon me disait le lendemain : « Je vous remercie de la remarque que vous avez faite; elle sera pour nous une raison de plus d’élever la voix chaque fois qu’un gouvernement voudra intervenir dans les affaires d’un autre. Celle observation est peut-être la meilleure qui ait été exposée au congrès. »
J’espère donc que la Chambre ne blâmera pas la conduite que j’ai tenue dans cette circonstance.
Séance do la Chambre dos députés du 7 mai 1 850.
J’ai quelques explications à donner a la Chambre louchant le sujet sur lequel M. Cadorna m’a interrogé.
Quelques journaux, comme il l’a dit, ont répandu le bruit de négociations nouvelles que nous serions prêts à rouvrir avec Rome , d’après des conseils venus de haut lieu. 11 est vrai qu’à une date déjà un peu ancienne, le gouvernement du Roi fut invité à recommencer les tentatives précédentes pour un accord avec Rome ; mais je dois ajouter que cette invitation n’emportait point le conseil de changer de politique , ni d’abandonner les principes par nous posés; au contraire, elle tendait à faire établir l’entente désirée sur des bases conformes à nos lois les plus récentes , puisqu’il était question de se rapprocher plus ou moins du concordat de 1801. (Mouvement.)
Ces conseils n’ont pas été renouvelés ; je puis même affirmer à la Chambre que, m’étant trouvé dans ces derniers temps en rapport avec un grand nombre de personnages influents du monde politique en France, je n’en ai trouvé qu’un fort petit nombre qui nous conseillât de changer de politique , de nous rapprocher de la cour de Rome. L’immense majorité îles hommes d’État de France et des autres pays applaudit ouvertement à nos principes.
Parmi les quelques personnes qui m’ont engagé à en venir à un accord, deux surtout insistèrent’ beaucoup. J’honore et j’estime hautement leur talent et leur carac-
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tère, niais leurs raisonnements n’ont pas su me persuader, quoiqu’il s’y trouve des arguments qui ne sont point sans valeur. Us voulaient ine convaincre que notre attitude envers la cour de Home nuisait gravement à la cause constitutionnelle en Europe, en ce qu’elle indisposait contre le régime représentatif les catholiques les plus zélés et les plus éclairés. Je Iis à ces deux personnes la même réponse , que je demande à la Chambre la permission de lui soumettre pour le cas où d’autres libéraux songeraient à renouveler des instances de ce genre.
Je leur dis donc que j’étais convaincu des heureux résultats que pourrait produire un accord conclu avec Home sur des bases acceptables; que j’étais loin de repousser en principe des négociations nouvelles ; bien plus, que si j’avais le moindre espoir qu’elles pussent aboutir, je conseillerais au gouvernement de les reprendre sans délai. Néanmoins, ajoutai-je, pour qu'elles puissent réussir, il faut que les deux parties soient dans des dispositions favorables. Or je crois que ni la cour de Rome ni inou pays ne sont dans une situation morale telle qu’un accord se puisse fonder sur des bases acceptables.
En ce qui concerne la cour de Rome , comment supposer qu'au moment où elle vient de remporter une victoire solennelle 1 qui rétablit les rapports de l’Église avec l’Etat sur le pied où ils étaient au moyen âge, au moment où elle en profite pour tâcher d’introduire un régime