‹ Œuvre parlementaire du conte de Cavour;Chapitre 48 sur 80 · SUR LA SITUATION GÉNÉRALE DE L'ITALIE EN JANVIER · texte numérisé non relu

SUR LA SITUATION GÉNÉRALE DE L'ITALIE EN JANVIER

SUR LES FORTIFICATIONS D’ALEXANDRIE, ET SUR LA TRANSLATION DE LA MARINE MILITAIRE A LA SPEZIA.

Nous réunissons dans une seule notice les faits relatifs aux trois discours principaux prononcés par M. de Cavour en 1857. Dans leur ensemble, en effet, ces discours caractérisent d'une manière bien marquée la période de vaste préparation qui a précédé le mouvement italien de 1859.

Le comte de Cavour était revenu du congrès de Paris avec une conviction dont il avait hardiment fait part à ses concitoyens. « La diplomatie, avait-il dit sans détour, est à elle seule impuissante à résoudre la question italienne. L’état de nos rapports avec l'Autriche ne s’est pas amélioré : au contraire, les deux gouvernements de Vienne et de Turin ont sur toute chose des vues si contraires, ils suivent une ligne de conduite si opposée, qu’un choc peut s'ensuivre d’un moment à l’autre. » Des déclarations aussi formelles n’avaient pas manqué de donner lieu à des critiques très-vives. On s’était étonné qu’un ministre des affaires étrangères, et le ministre d’un aussi petit État, osât braver

de la sorte une puissance de premier ordre qui paraissait solidement appuyée en Europe, et qui avait pour elle des traités fondés sur tout un système d'équilibre général, le système de 1815. Tant de témérité semblait toucher à la folie. Le peuple italien pourtant avait dès lors une telle confiance dans le ministre piémontais, que dans toute la péninsule on donna à ses paroles une portée extraordinaire. On comprit instinctivement que si le comte de Cavour affirmait que la guerre était inévitable, c’est qu'il la croyait faisable de la part du Piémont, et qu’il se préparait à la faire. Dès ce moment commença la conspiration générale du peuple italien avec le grand ministre. Bien de visible, aucun avantage ostensible, matériel, n'était résulté du congrès de Paris pour une province quelconque de l’Italie; toutes cependant s’entendaient pour des démonstrations significatives en l'honneur de Victor-Emmanuel et des hommes qui s’étaient voués, comme le roi , à la cause commune; une épée fut offerte au commandant du corps d’expédition sarde en Crimée, une médaille fut frappée pour le représentant piémontais au congrès de Paris, et le comte de Cavour reçut des Toscans son buste avec cette inscription ;

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