‹ ŒuvresChapitre 105 sur 229 · PIERROT, UN CONQUÉRANT · texte numérisé non relu

PIERROT, UN CONQUÉRANT

LE CONQUÉRANT, à part ^ sans aperceuoir Pierrot.

Air de VOpéra de Roland. n.° 409.

La Gloire nous appelle , ^e soupirons plus que pour elle.

PIERROT, à part.

Je ne me suis pas trompé.

EE co^QvinAUT , touJou7's d part.

La Gloire nous appelle , Pf e soupirons plus que pour elle.

Ha ! que vois-je ! C'est là, sans doute , ce Temple de Mémoire dont je viens d^entendre parler. Cherchons une route pour y monter.

(// s'avance vers le mont : Pierrot V arrête. )

PIERROT

Halte là!

EE CONQUÉRANT

Qui es-tu , toi qui m'arrêtes?

PIERROT, se carrant.

Je suis le confident de la Gloire , et son maître des cérémonies.

LE CONQUÉRANT

J'en suis ravi. Présente-moi donc à elle. Je viens

pour l'épouser.

2io LE TEMPLE

PIERROT

Elle va paroîlre. Elle est à sa toilette. Ditesmoi, en attendant, qui vous êtes.

LE CONQUÉRANT

Air : Cotillon à la mode. n.<* 410. Je suis ne pour conquérir la terre.

Et je veu\ tout soumettre à ma loi.

IS^on , le dieu qui lance le tonnerre West'pas plus redoutable que moi.

Je suis un dragon ,

Un vrai démon

Dans les combats j

Parmi les boulets ,

Les pistolets,

Les coutelas, Je prends mes plus doux ébats.

PIERROT, à part , sur le ton du derniers ve7\<;.'

Tctebleu ! quel fier à bras î

LE CONQUÉRANT

Quel plaisir de chamailler, de piller, de sacca-^ ger , de brûler ! Quelle voluplë !

viv.nnoT j à part.

Mais, mais c'est un diable que cet homme-là.

LE CONQUÉRANT

Air : 3Io raison s'' en i>a beau train. n.° j65. Je me plais à voir mes mains Teintes du sang des humains.

Je veux sous mes coups Les abattre tous.

PIERROT

L'étrange caractère !

Pour moi, je tiens qu'il est moins doux

D'en tuer , que d'en faire,

Lonla , D'en tuer que d'en faire.

LE CONQUÉRANT

Non, non; les horreurs de la guerre doivent faire les délices des belles âmes.

PIERROT

Oui ! et ces belles âmes ne se font pas conscience de prendre ce qui ne leur appartient pas.

LE CONQUÉRANT

Apprends, mon cher, que tout nous appartient par le droit de conquête.

PIERROT

Air : A laj'açon de Barbari. n.° 22, Mais expliquez-moi, s'il tous plaît,

Voire droit de conquête.

En vain , pour savoir ce que c'est ,

Je rumine en ma télé.

LE CONQUÉRANT

Quand on a de bons escadrons ,

De gros bataillons ,

Et force canons, On a droit sur le bien d'autrui.

PIERROT

Biribi, A la façon de Barbari , Mon ami.

Mais, monsieur le fendeur de nazeaux, Yous y serez attrapé à-la-fin.

Air : ^ Venpers. n.» 411, Vous esquivez , en vingt combats.

Le trépas; Le Sage. Tome XV. 16

Une balle vicTit, par hazard ,

Tout d'travers , Qui vous jette mou gaillard

A l'envers.

LE CONQUÉRANT

Hé bien ! Après cela aussi je serai placé dans ce temple. Je vivrai toujours dans l'histoire.

PIERROT

Air : O reguingué ^ ô lo7i lan la. r.» 4. Vous trouvez que c'est un beau sort, De vivre après que Ton est mort !

Oreguingué, ô lonlanla 5 Quant à moi , toute mon envie , C'est de vivre pendant ma vie.

LE CONQUÉRANT

Euli ! le pollron ! mérites-tu d'être auprès de la Gloire?

PIERROT

Oh! je n'y suis pas pour la chose des armes : j'y suis pour les sciences. Mais, tenez, voici la Gloire 5 je vais vous présenter à elle.

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