‹ ŒuvresChapitre 130 sur 229 · LA COMÉDIENNE FRANÇOISE · texte numérisé non relu

LA COMÉDIENNE FRANÇOISE

A\r : Du haut en bas. Ronr^eau. n." 91.

D'un Arlequin , Oui, je me sens assei hardie.

D'un Arlequin Pour endosser le casaquin.

PIERROT

A coup siir, vous plairez, ma mie.

Si vous avez l'effronterie D'un Arlequin.

CLICLINIA.

Qu'est-ce que c'est que cela ? voici un habit de Crispin !

* Unecome'dienne françoise venoit en ce temps-là de jouer un rôle d'Arlequin \ elle y fut fort applaudie. {Note de P auteur. )

M. DESBROUTILLES.

Les forains nous ont volé celui-là.

CLICLINIA.

Je vais m^en emparer.

Air : Le ciel bénisse la besogne, n." io5. Je veux m'habiiler en Crispin. ^

PIERROT

N'exécutez pas ce desseiu ; L'habit de Crispin ne sied mie A des actrices d'Italie.

M. DESBROUTILLES.

Que renferme ce ballot-là?

( // Ut V étiquette. )

Opéra comique. Ventrebleu! voici le trésor! Ouvrons. {lien tire deux ou trois cahiers , et il lit : ) Le roi de Cocagne ^ les Paniers ^ le triomphe du temps, V Impromptu de la Folie, Cela sera bon pour nous.

CLICLINIA.

Et moi , je retiens ce ballot de parodies d^opéra. Cela appartient de droit aux comédiens italiens.

PIERROT, déclamant ces deux vers parodiés de Phèdre et Hippolyte.

Leur appartient de droit! Dieux qui les connoissez, Sont-ce leurs belles voix que vous récompensez ?

* Une actrice italienne avoit joué depuis peu un rôle de Crispin, qui ne lui réussit pas. ( Note de V Auteur. )

M. DESBROUTIIiliES.

Ho! ho! qu'est-ce que cecxl L'Obstacle favorable ^ pièce d'intrigue, en un acte. Voila encore pour nous. Voyons ceci : Les Amours déguisés , pièce

CLICEINIA.

Ah ! c'est une parodie ! Donnez-la moi.

PIERROT

INon, non , ce n'est pas une parodie. Le titre vous a trompée.

M. DESBROUTIEEES.

Croyez-moi , signora ; ne vous contentez pas de prendre les pièces de l'opéra comique : il faut tout-à-l'lieure obliger nos captifs à en représenter quelques-unes devant nous, afin que nous puissions attraper leur goût 5 car, diable ! la sauce vaut mieux que le poisson.

PIERROT

Comment 1 jarnombille! ce n'est donc point assez de nous voler nos marchandises, vous voulez que nous vous apprenions à les débiter?

M. DE s BROUTILLES.

Il le faut. Nous ne vous laisserons la vie qu'à ce prix-là.

PIERROT

Mais nous no sommes pas à-présent trop en humeur de

CLICLINIA , lui jnettajit le pistolet sur la gorge. Oh ! parbleu ! en humeur ou non , faites ce qu'on vous dit , ou je vous brûle la cervelle.

Air : Je ne suis né ni roi ni prince, n." 36. Je ne fais plus de résistance, Je cède à votre violence.

IVous allons jouer devant vous.

Seulement pour vous satisfaire j Car vous jouerez tout comme nous.

En jouant à votre ordinaire.

M. DESBROUTILLES.

Commencez ^ar V Obstacle favorable ^ et vous représenterez ensuite les amours déguisés. {A ses camarades.) Mes amis, pendant qu'ils vont s'y préparer, réjouissons-nous de leur ruine, et célébrons notre victoire. (0« danse. )

VAUDEVILLE

Air de M. VAhbé. n.« 424.

Premier couplet.

Pourquoi tant de soins se donner, Pour procurer son avantage?

Lorsque Ton permette pillage, Pourquoi s'amusera glaner?

Il est bien pins court de se faire L'n franc corsaire.

Second couplet.

En finance c'est une erreur Que d'être scrupuleux à prendre ; La fortune fuit l'ame tendre; Et , pour obtenir sa faveur ,

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