ARLEQUIN, NANETTE
NANETTE, abordant Arlequin, K\r : Allons y gai. n." 28.
Bonjour, duègne, ma mie, Ta ruse a réussi ! Ah! que je suis lavte De terc-oir ici!
Allons, gai.r..
5l2 X^'OBSTACLE
Mais quelle froideur! Tu me fais vraiment unQ belle réception !
ARLEQUIN
A\r à^^madis. n.®43o.
Ah! tu me trahis , malheureuse !
Ah ! tu peux trahir tes serments !
NANETTE
Que veux-lu donc dire? Que l'ai-je fait?
ARLEQUIN
Heu ! perfide î Peux-tu me demander cela , après ce qui vient de se passer?
NANETTE, à part.
Ha! je vois ce qui le tient !
ARLEQUIN
Vous embrassez à ma barbe un jeune berger!
Air : Non , vous ne m'aimez plus , Nanettc n.° 43l,. Non , vous ne m"aimc7. plus , Nanettc ; jVon, non, non, vous ne m'aimez plus.
Vous aimez ce porte-houlettc ; Vous le baise* en godinette ; Vous me donnez des substituts.
Non , vous ne m'aimez plus , Nanette :
Non, non, non, vous ne m'aimez plus.
NANETTE , riant.
Ha! ha! ha! ha! ha!
Elle en rit encore, la double effrontée!
NANETTE, il part.
Divertissons-nous un peu de sa jalousie. [Haut.; Tiens, Arlequin, lu aimes la franchise ; je vais te dire la vérité.
FAVOUABLE. 01.^
ARLEQUIN
C'est-a-dire , je vais te mentir.
NANETTE
Non, je t'assure.
Air; T'oyelles modernes. n.° 407.
Ce berger aj^reable M'a paru fort genti , i, i, i;
Il m'a dit : Mon aimable , Que je sois votre ami , i , i , 1 , Comment, avec un cœurtendre^ D'un berger si joli, Biribi , Se de'fendre ?
AHLEQUIN.
Vous me tenez parole ; vous êtes fort sincère.
NANETTE
L'autre jour il me cliantoit tendrement :
Air : Lorsque je vois Coli nette, n.* ^Sa. Lorsque j'aperçois Naneite , Je suis plus gai qu'un pinson j Je préparc ma musette A rendre le plus doux son. Quand je suis avec la belle , A badiner sons l'ormeau , Les amours qui sont près d'elle, Prennent soin de mon troupeau.'
ARJ^EQUIN.
Tu veux donc m'assassiner, tigresseî et faire perdre à l'amphithéâtre de Saint-Come un de ses plus assidus auditeurs.
NANETTE
Ail" : J'afois , Lisette^ un billet dour, n." ^2, Je suis fâchée De l'affligcv ;
5l4 .I.'OB8TACL,E
Je SUIS touchée De ce berger.
ARLEQUIN
Volage , hélas ! tu vas donc me quitter ? Et la houlette Dans ton cœur à su l'emporter
Sur la lancette! (^w)
N A NETTE
A\t'. Adieu donc ^ ma Nanon. n.® Siy. Mon cher , il faut t'en prendre Ad malin Cupidon.
Adieu. Je dois me rendre Au bois où va m'^ttendre Colinet, mon mignon.
ARLEQUIN, tristement.
Adieu donc, ma Nanon.
Elle fait quelques pas ^ comme pour s'en aller. Arlequin la regarde partir^ en poussant des soupirs , et en se désolant.
Ah! cœur de rocher! Que je suis malheureux! Gniaouf!
N A N E T T E , riant à gorge déployée.
Ha! ha! ha! ha! ha!
ARLEQUIN
Air de Roland, n." 434.
O Nanette ! Ingrate ! inhumaine !
Quel plaisir trouvez-vous à mes tristes hoquets ?
( Nanette continue de rire. )
O Nanette ! Ingrate ! inhumaine !
Quel plaisir trouvez-vous dans ina peine!
NANETTE
Air : Âh ! que Colin Vautre jour me ^fit rire, n." 436. Cher Arlequin , ta douleur me fait rire. Mais il est temps de finir ton martyre.
FAVORABLE. 5l5
Apprends que ce beau berger-là Pour Valère soupire.
Enlends-tu cela ?
AR1.EQUIN.
Est-ce que ce seroil Spineite déguisée?
MANETTE
Tu l'as deviné.
Air : Je l'aime ,je l'rîme. n.° 486. Ainsi, bannis donc Ion effroi. (^'*)
Je riois j mais de bonne-foi, Je t'aime.
Je t'aime.
Nanette , attrapez-moi Toujours de même.
( JEn cet endroit , on entend les violons. ) Ho! ho! j'entends des violons! Qu'est-ce que cela signifie?
NANETTE
Ce sont les gens de la noce d'une nièce que maître Biaise maria hier , qui viennent se réjouir