‹ ŒuvresChapitre 139 sur 229 · ARLEQUIN, NANETTE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, NANETTE

NANETTE, abordant Arlequin, K\r : Allons y gai. n." 28.

Bonjour, duègne, ma mie, Ta ruse a réussi ! Ah! que je suis lavte De terc-oir ici!

Allons, gai.r..

5l2 X^'OBSTACLE

Mais quelle froideur! Tu me fais vraiment unQ belle réception !

ARLEQUIN

A\r à^^madis. n.®43o.

Ah! tu me trahis , malheureuse !

Ah ! tu peux trahir tes serments !

NANETTE

Que veux-lu donc dire? Que l'ai-je fait?

ARLEQUIN

Heu ! perfide î Peux-tu me demander cela , après ce qui vient de se passer?

NANETTE, à part.

Ha! je vois ce qui le tient !

ARLEQUIN

Vous embrassez à ma barbe un jeune berger!

Air : Non , vous ne m'aimez plus , Nanettc n.° 43l,. Non , vous ne m"aimc7. plus , Nanettc ; jVon, non, non, vous ne m'aimez plus.

Vous aimez ce porte-houlettc ; Vous le baise* en godinette ; Vous me donnez des substituts.

Non , vous ne m'aimez plus , Nanette :

Non, non, non, vous ne m'aimez plus.

NANETTE , riant.

Ha! ha! ha! ha! ha!

Elle en rit encore, la double effrontée!

NANETTE, il part.

Divertissons-nous un peu de sa jalousie. [Haut.; Tiens, Arlequin, lu aimes la franchise ; je vais te dire la vérité.

FAVOUABLE. 01.^

ARLEQUIN

C'est-a-dire , je vais te mentir.

NANETTE

Non, je t'assure.

Air; T'oyelles modernes. n.° 407.

Ce berger aj^reable M'a paru fort genti , i, i, i;

Il m'a dit : Mon aimable , Que je sois votre ami , i , i , 1 , Comment, avec un cœurtendre^ D'un berger si joli, Biribi , Se de'fendre ?

AHLEQUIN.

Vous me tenez parole ; vous êtes fort sincère.

NANETTE

L'autre jour il me cliantoit tendrement :

Air : Lorsque je vois Coli nette, n.* ^Sa. Lorsque j'aperçois Naneite , Je suis plus gai qu'un pinson j Je préparc ma musette A rendre le plus doux son. Quand je suis avec la belle , A badiner sons l'ormeau , Les amours qui sont près d'elle, Prennent soin de mon troupeau.'

ARJ^EQUIN.

Tu veux donc m'assassiner, tigresseî et faire perdre à l'amphithéâtre de Saint-Come un de ses plus assidus auditeurs.

NANETTE

Ail" : J'afois , Lisette^ un billet dour, n." ^2, Je suis fâchée De l'affligcv ;

5l4 .I.'OB8TACL,E

Je SUIS touchée De ce berger.

ARLEQUIN

Volage , hélas ! tu vas donc me quitter ? Et la houlette Dans ton cœur à su l'emporter

Sur la lancette! (^w)

N A NETTE

A\t'. Adieu donc ^ ma Nanon. n.® Siy. Mon cher , il faut t'en prendre Ad malin Cupidon.

Adieu. Je dois me rendre Au bois où va m'^ttendre Colinet, mon mignon.

ARLEQUIN, tristement.

Adieu donc, ma Nanon.

Elle fait quelques pas ^ comme pour s'en aller. Arlequin la regarde partir^ en poussant des soupirs , et en se désolant.

Ah! cœur de rocher! Que je suis malheureux! Gniaouf!

N A N E T T E , riant à gorge déployée.

Ha! ha! ha! ha! ha!

ARLEQUIN

Air de Roland, n." 434.

O Nanette ! Ingrate ! inhumaine !

Quel plaisir trouvez-vous à mes tristes hoquets ?

( Nanette continue de rire. )

O Nanette ! Ingrate ! inhumaine !

Quel plaisir trouvez-vous dans ina peine!

NANETTE

Air : Âh ! que Colin Vautre jour me ^fit rire, n." 436. Cher Arlequin , ta douleur me fait rire. Mais il est temps de finir ton martyre.

FAVORABLE. 5l5

Apprends que ce beau berger-là Pour Valère soupire.

Enlends-tu cela ?

AR1.EQUIN.

Est-ce que ce seroil Spineite déguisée?

MANETTE

Tu l'as deviné.

Air : Je l'aime ,je l'rîme. n.° 486. Ainsi, bannis donc Ion effroi. (^'*)

Je riois j mais de bonne-foi, Je t'aime.

Je t'aime.

Nanette , attrapez-moi Toujours de même.

( JEn cet endroit , on entend les violons. ) Ho! ho! j'entends des violons! Qu'est-ce que cela signifie?

NANETTE

Ce sont les gens de la noce d'une nièce que maître Biaise maria hier , qui viennent se réjouir

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