M. TROUSSE^GALANT, MAITRE MARTIN
maréchal.
MAITRE MARTIN
Yolre valet , monsieu Trousse-galant.
5i8 l'obstacle
M. TROUSSE-O ALANT
Qae me voulez-vous, mon ami?
MAITRE M ART IN
Air : Répeillez-pous , belle endormie. n.° iz, Monsieu , je sis de ce Tillsge, Pour Tour sarvir, le marichalj Et comme tel , j'ai l'avantage D'avoir traite votre cheval.
M. TROUSSE-GALANT
Ha! c'est VOUS, maître Martin !
MAITRE MARTIN
Je viens vous demander si vz'êles content de la magnière dont je Tavons médicamenlé.
M. TROUSSE-GALANT
Très-content. Combien vous faut-il pour vos peines?
MAITRE MARTIN
Votre amiquié, monsieu le médecin, et pas davantage.
M. TROUSSE-GALANT
Air : Pour passer doucement la i^ie. n."* 09. Toute peine requiert salaire.
MAITRE MARTIN
Hé! fi donc , pnonsieu le docteur !
On ne prend rian de son confrère, Je sis bian voire sarviteur >
Les loups ne s'entre-mangeont pas.
M. TROUSSE-GALANT
Qu'est-ce à dire , son confrère?
MAITRE MARTIN
Hé ! oui pargoi. S'il arrivoit par eiLcmple , que
FAVORABLE. OK
je tombisse malade, et que j'eusslons besoin du voire , vous nous en balleriaiz au même prix. Un barbier rase l'autre.
Doucement, monsieur Martin ! Point de comparaison , s'il vous plaît : Omriis comparatio cîaudlcat.
MAITRE MARTIN
N'y a qu« faire pour ça de me cracher du latin. Ne faites point tant le fiar. Je guaris , morgue , mieux mes malades avec mon françois qu'ous ne guarissez les vôtres avec votre latin.
M. TROUSSE-GALANT
Mon enfant, vous oubliez que vous n'êtes qu'un maréchal.
MAITRE MARTIN
Nanin , nanin , je ne l'oublions pas; c'est pulût vous qui oubliez qu'ous n'êtes qu'un docteur. Sa'vou-bian qu'un raarichal, pisquemarichal y a doit avoir pus d'esprit qu'un médecin ?
M. TROUSSE-GALANT, r/caWrtZZ^.'
Hen , lien , lien , hen.
MAITRE MARTIN
N'y a point à rire.
Air : Laire la , laire lanlaire. n." 23. En deux mots je vais vous prouver ça.
M. TROUSSE-GALANT
Pour votre honneur restez-en làj Vous n'y feriez que de l'eau claire.
02O l'obstacle '
MATTRE MARTIN.
Laire-la , laire lan-laire, Laire la, Laire lan-la.
Quand l'entreprenons un cheval malade, la pauvre bêle ne peut pas parler , pour nous dire où c'est qu'aile a mal; je le devinons pourtant, et je la guarissons. \ ous autres , quoique les parsonnes vous disent ce qu'aU'avont , c'est grand hazard si vous les réchappez.
M. TROUSSE-GALANT
Air : Attendez à demain an soir, n.» i6. Eh ! maître Martin , taisez-vous !
Je n'aime point les foux. ( bis )
MAITRE MARTIN
Pargoi! vous n'êtes pas au boull
Je veux degoiser tout, (^i^)
Dit-on dans le monde : ce marichala tué la cavale de monsieu un tel? Sli-ci a estropié un des chevaux.de madame une telle ? Non , mais taligué ! quant à l'égard des médecins,
M. TROUSSE-GALANT, V interrompant.
Vos discours font piiié, mon ami. On voit bien que vous ne fréquentez que des chevaux et des ânes.
MAITRE MARTIN
Hé ! ces animaux-là sont bian heureux qu'ous ne les fréquentiaizpas, vous: je varrions bientôt la cavalerie à pied.
FArORAULE. 021
M. TROUSSE-GALANT
Ah ! c'en est trop ! Voilà un drôle aussi insolent qu'un chirurgien.
MAITRE MARTIN
Air : Je ne suis né ni rot ni prince. n.° 36, Insolent ! insolt-nt vous-même.
M. TROUSSE-GALANT
O ciel ! son audace est extrême !
Imprudent , je t'étrillerai.
( // lève sa canne sur lui. )
MAITRE MARTIN
Ke faites point tant de bravades 5 Car, jarni ! je vousenvarrai Où vous envoyez vos malades.
M. TROUSSE-GALANT
Ah ! je n'y puis plus tenir ! Tiens^ marouflet
(// le frappe.)
MAITRE MARTIN
Ha ! ha ! vous faites donc le méchant ! Faut lout-à-Fheure que je vous boute le moraillon.
// tire un moraillon de son tablier^ et le met sous le nez de M. Trousse-galant.
M. TROUSSE-GALANT
Au secours ! on m'assassine ! A moi, Biaise, à
moi !
'Maître Martin se sauve. )
lié Sage. Tome XV. 2 l
522 I.'OBSTACL,E