‹ ŒuvresChapitre 142 sur 229 · M. TROUSSE^GALANT, MAITRE MARTIN · texte numérisé non relu

M. TROUSSE^GALANT, MAITRE MARTIN

maréchal.

MAITRE MARTIN

Yolre valet , monsieu Trousse-galant.

5i8 l'obstacle

M. TROUSSE-O ALANT

Qae me voulez-vous, mon ami?

MAITRE M ART IN

Air : Répeillez-pous , belle endormie. n.° iz, Monsieu , je sis de ce Tillsge, Pour Tour sarvir, le marichalj Et comme tel , j'ai l'avantage D'avoir traite votre cheval.

M. TROUSSE-GALANT

Ha! c'est VOUS, maître Martin !

MAITRE MARTIN

Je viens vous demander si vz'êles content de la magnière dont je Tavons médicamenlé.

M. TROUSSE-GALANT

Très-content. Combien vous faut-il pour vos peines?

MAITRE MARTIN

Votre amiquié, monsieu le médecin, et pas davantage.

M. TROUSSE-GALANT

Air : Pour passer doucement la i^ie. n."* 09. Toute peine requiert salaire.

MAITRE MARTIN

Hé! fi donc , pnonsieu le docteur !

On ne prend rian de son confrère, Je sis bian voire sarviteur >

Les loups ne s'entre-mangeont pas.

M. TROUSSE-GALANT

Qu'est-ce à dire , son confrère?

MAITRE MARTIN

Hé ! oui pargoi. S'il arrivoit par eiLcmple , que

FAVORABLE. OK

je tombisse malade, et que j'eusslons besoin du voire , vous nous en balleriaiz au même prix. Un barbier rase l'autre.

Doucement, monsieur Martin ! Point de comparaison , s'il vous plaît : Omriis comparatio cîaudlcat.

MAITRE MARTIN

N'y a qu« faire pour ça de me cracher du latin. Ne faites point tant le fiar. Je guaris , morgue , mieux mes malades avec mon françois qu'ous ne guarissez les vôtres avec votre latin.

M. TROUSSE-GALANT

Mon enfant, vous oubliez que vous n'êtes qu'un maréchal.

MAITRE MARTIN

Nanin , nanin , je ne l'oublions pas; c'est pulût vous qui oubliez qu'ous n'êtes qu'un docteur. Sa'vou-bian qu'un raarichal, pisquemarichal y a doit avoir pus d'esprit qu'un médecin ?

M. TROUSSE-GALANT, r/caWrtZZ^.'

Hen , lien , lien , hen.

MAITRE MARTIN

N'y a point à rire.

Air : Laire la , laire lanlaire. n." 23. En deux mots je vais vous prouver ça.

M. TROUSSE-GALANT

Pour votre honneur restez-en làj Vous n'y feriez que de l'eau claire.

02O l'obstacle '

MATTRE MARTIN.

Laire-la , laire lan-laire, Laire la, Laire lan-la.

Quand l'entreprenons un cheval malade, la pauvre bêle ne peut pas parler , pour nous dire où c'est qu'aile a mal; je le devinons pourtant, et je la guarissons. \ ous autres , quoique les parsonnes vous disent ce qu'aU'avont , c'est grand hazard si vous les réchappez.

M. TROUSSE-GALANT

Air : Attendez à demain an soir, n.» i6. Eh ! maître Martin , taisez-vous !

Je n'aime point les foux. ( bis )

MAITRE MARTIN

Pargoi! vous n'êtes pas au boull

Je veux degoiser tout, (^i^)

Dit-on dans le monde : ce marichala tué la cavale de monsieu un tel? Sli-ci a estropié un des chevaux.de madame une telle ? Non , mais taligué ! quant à l'égard des médecins,

M. TROUSSE-GALANT, V interrompant.

Vos discours font piiié, mon ami. On voit bien que vous ne fréquentez que des chevaux et des ânes.

MAITRE MARTIN

Hé ! ces animaux-là sont bian heureux qu'ous ne les fréquentiaizpas, vous: je varrions bientôt la cavalerie à pied.

FArORAULE. 021

M. TROUSSE-GALANT

Ah ! c'en est trop ! Voilà un drôle aussi insolent qu'un chirurgien.

MAITRE MARTIN

Air : Je ne suis né ni rot ni prince. n.° 36, Insolent ! insolt-nt vous-même.

M. TROUSSE-GALANT

O ciel ! son audace est extrême !

Imprudent , je t'étrillerai.

( // lève sa canne sur lui. )

MAITRE MARTIN

Ke faites point tant de bravades 5 Car, jarni ! je vousenvarrai Où vous envoyez vos malades.

M. TROUSSE-GALANT

Ah ! je n'y puis plus tenir ! Tiens^ marouflet

(// le frappe.)

MAITRE MARTIN

Ha ! ha ! vous faites donc le méchant ! Faut lout-à-Fheure que je vous boute le moraillon.

// tire un moraillon de son tablier^ et le met sous le nez de M. Trousse-galant.

M. TROUSSE-GALANT

Au secours ! on m'assassine ! A moi, Biaise, à

moi !

'Maître Martin se sauve. )

lié Sage. Tome XV. 2 l

522 I.'OBSTACL,E

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