USBECK
C'est un effet de leur esclavage.
388 ACHMET
PIERROT
Ce n'est pas ça.
Air du Menuet de M. de Grandirai, n.' 7. De l'air chagrin de ces deux belles.
Je vois le sujet.
AMUIiAKI.
Dis-le nous.
PIERROT, à AmulakL
Peut-être s'imagiucnl-elles Que vous les achetez pour vous.
( Aux deux esclaves. ) Mais consolez - vous , mes charmantes. C'est pour un jeune gaillard qu'on vous fait venir.
Almanzine et Zélica prennent un air gai , et jettent un tendre regard sur Achmet. Pierrot, qui s^en apperçoit , dit bas d Achmet.
Elles vous regardent. Elles croyent que c'est vous.
AMULAKI, d son fils.
Achmet, voyons si votre goût et le mien s'accordent. Laquelle des deux prendriez-vous ?
Ahnarizine j ette des œillades passionnées sur Achmet.
ACHMET
Air : A l'ombre de ce perd bocage, n.* ^SS. Elles sont l'une et l'autre aimables.
Celle que je ne prendrois pas , Dans vos regards plus favorables , Pourroit voir primer ses appas.
PIERROT, les regardant l'une après Vautre.
Oh ! pour moi , je reudroisles armes... INon.... Oui, i'adresserois mes vœux...
ET ALMANZINE. 089
Elles brillent de tant de charmes , Que je les voudrois toutes deux.
ACHMET, à part.
Almanzine me charme.
A M u li A K I.
Il est vrai qu'on peut être embarrasse.
Air : Tu croyais en aimant Colette, n.* 24. Mais enfin , je me détermine ;
( Montrant Almanzine. )
Et je m'arrête à celle-ci.
ACHMET, â part.
O ciel! il choisit Almanzine !
PIERROT, â Amulaki.
Seignear, vous avez bien choisi.
ACHMET, à part y fort agité.
Tâchons de l'engager à prendre l'autre.
AMULAKI, à Almanzine.
Venez, mignonne} je vais vous conduire à ma fille, pour....
ACHMET, à son père , le retenant.
Attendez, mon père, que je vous fasse observer....
A M Uli AK I.
Quoi l
ACHMET
Vous n'avez pas, ce me semble, bien considéré
sa compagne.
Amulaki.
Oh ! que si !
ACHMET, lui montrant Zélica* Tenez, regardez-la sans prévention.
OQO ACHMET
Air : Et zon ^ zon , zon. n." a6.
Quel feu brille dans ses yeux!
Quelle bouche riante !
il n'est point sous les cieux
De beauté' plus touchante.
PIERROT, à Jimulaki.
Et zon , zon , zon, C'est la plus avenante;
Et zon, zon, zon , Votre fils a raison.
Zélica devient gaie , et Almanzîne marque pendant tout le reste de la scène un grand mécontentement.
Je conviens qu'elle a des charmes^ mais j'en reviens toujours à Almanzîne.
ACHMET, regardant Almanzine d'un air dédaigneux.
Air : Un certain je ne sais qu'est-ce. n.^ S^o. Pour celle-là , plus je la voi , Moins elle m'in(e'resse.
Son regard a de là rudesse.
Ho bien ! elle me plaît , à moi.
J'y trouve un certain je ne sais qu'est-ce , J'y trouve un certain je ne sais quoi.
tlERROT.
Et moi aussi.
ACHMET, à part.
Que je suis malheureux ! {Haut à son père.)
Air: Dedans nos bois il y o un hermite. n.oiiy. Rendez , seigneur, plus de justice à Taulre : Elle a bien plus d'appas.
ET AliMANZINE. JCjl
Non , non ; mon goflt est plus si\r rjue le vôtre : Je n'en démordrai pas.
Pour Zélica souffrez que je m'obslino.
Je veux Almanzine,
Moi; Je veux Almanzine.
Air : Baise-moi donc , me disait Biaise, n." ^54. Mais cependant, je crois, mon père....
A M U L A K I , l'interrompant.
Mon ^is {bis ) , je veux nte satisfaire , ■■il
Cessez de me coulre-carrer.
PIERROT
Si c'cloit moi, vaille quevaille, IMafoi, je les ferois tirer Toutes deux à la courte-paille.
A M U L A K I , à son fils.
Allez, Achmet, allez faire parlir tous 110s esclaves pour ma maison (le plaisance, (j^ Ushek.) Vous, patron, f;ùtes-moi venir tous ceux que vous pouvez avoir à vendre. Je veux les aclneter, pour remplacer ceux que j'éloigne de moi.
A cii M ET , à part, après avoir regardé d'un air fort ajfligé Almanzine , qui ne daigne plus jeter les yeux sur lui. ,. ,
Air : Ne m'' entendez- cou s pas. n.* 10. Qui peut te reteîiir ?
Fuis plutôt, misérable, Cette esclave ador:i:> o ;
ACHMET
Et , de ton souvenir Tâche delà bannir.
( Il se retire. )