SOLIMAN, ATALIDE
SOLIMAN
Air : Plus inconstant que l'onde et le nuage, n." 492. De vos appas connoissez la puissance :
Votre triomphe , Atalide , est parfait.
Votre père en vain m'offense, En vain je vois son forfait, Et l'insolence Du jeune Achmet :
L'amour, qui dans mon cœur Subitement a pris naissance , Ne laisse point de place à la fureur.
ATALIDE, étonnée.
Qu'entends-je ?
SOLIMAN
Apprenez leur crime. Je vous ai demandée à votre père. Il m'a produit une esclave sous votre nom. J'ai reconnu sa tromperie; je la lui ai pardonnée; et il a eu la hardiesse de me tromper une seconde fois , en m'envoyant son fils sous vos habits.
Le Sage. Tome XV. 3o ■
ATALIDE
O dieux!
SOLIMAN
Air : Si ma Philis fient en uendange. n.® 36i. Vous voyez bien que ma juslice Devroit punir leur trahison :
Voire déguiseioent flemarde leur supplice; Mais vos beaux yeux demandent leur pardon.
ATALIDE, confuse.
Esl-ce à moi que mon sultan , mon maître , adresse ce discours ?
SOLIMAN
Air : Viens , charmante Annette. n.° 49^ Oui , beauté charmante :
En vous tout m'enchante :
De vous je fais choix , Pour me donner des loix.
Régnez dans mon ame , Partagez ma flamme :
Vous scrci toujours L'objet de mes amours.
ATALIDE
Hélas !
SOLIMAN
Vous soupirez !
Ail : Quand je vous ai donné mon cœur. v\.° 494,
Belle Ataliile, ce soupir
Alarme ma tendresse.
Est-il cause p:-.r le plaisir.
Ou vient-il lie tristesse?
Parlez,. Décidez de mon sort ; Donnez-moi la vie ou la mort.
ET ALMANZINE. 467
ATA Lit) E.
Air : Mon amant me .^ene la main, u." 495. Hc ! comment Pourroil-on soupirer trislement| Quant nu amant Est charmant , Et qu'il promet d'aimer constamment ?
La couronne Du monarque ottoman, Plaît moins que sa personne j Ce n'est point au sultan Qu'Ataliile se donne j C'est à Soliman.
SOLIMAN , lui baisant la main.
Ah ! ma reine ! ces paroles achèvent mon bonheur.