SCÈNE X
PIERROT, M. VIROSOLI, maître de pension.
PIERROT, d part.
Ho ! ho ! Que vient faire ici ce visage-là ?
M. VIROSOIil.
Air : Je repîendrai demain au soir. n.° 16. Monsieur, je viens.dans ce séjour,
Pour parler à l'Amour. ( bis )
PIERROT
Vous rencontrez son substitut.
M. VIROSOLI , saluant Pierrot.
Recevez mon salut. i^ii)
PIERROT
Air : Mon père ^ je viens devant vous, n.* 19. Quel métier faites-vous , l'ami ?
M. VIROSOLI.
J'enseigne la langue latine.
Je m'appelle Virosoli , Homme connu par sa doctrine :
Des maîtres ès-arts un des premiers 5 Aussi j'ai beaucoup d'écoliers.
Le Sage. Tome XV. 5
66 liE RÉMOULEUR
PIERROT
Étes-vous marié?
M. VIROSOLI.
Pour la seconde fois.
Air : Et zon^ zon , zon. n.» a6.
J'ai de mon premier lit Une assez belle fille :
Ma femme a de l'esprit , Et passe pour gentille.
p I ER ROT , riant.
Et zon, zon, zon
M. VIROSOLI.
Air : Du Cap de Bonne-Espérance, n.» c). J'ai trente pensionnaires Chez moi, tant grands qne petits.
Les grands sont de bons compères?
M. VIROSOLI.
Ce sont autant de bandits.
L'un de ma fille s'enflamme.
L'autre courtise ma femme.
Et pendant ces passe-temps , Les petits deviennent grands.
Les sixièmes , inseDsiblement , succèdent aux rhétoriciens.
PIERROT
C'est le diable !
M. VISOROLI.
Air: Ton relon ^ton ton. n." 236.
Au dieu des cœurs je ^-iens conter ma peine, Et le prier d'épargner ma maison.
d'amour. 67
PIERROT
Quoi ! TOUS voulez qu'il perde son aubaine? J'entends déjà l'Amour qui vous répond : Ton relon , ton ton, Tontaine, La tontaine, Ton relon , Ion ton , Tontaine, La ton ton.
M. VIROSOLI.
Air : Je ne suis né ni roi niprince. n.^ 36. Mais que faut-il donc que je fasse?
Pour couper court à ma disgrâce?
PIERROT
Mettez dehors vos écoliers ; ( Il n'est que ce remède unique ) Quand vous verrez ces ouvriers Tout près d'entrer en rhétorique.
M. VIROSOLI.
Ma foi', vous avez raison. C'est ce que je ferai.
Adieu.