‹ ŒuvresChapitre 63 sur 229 · ARLEQUIN, LAURE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, LAURE

LAURE , quia entendu ces dernières paroles , lui fait la révérence , en lui disant :

Je vous remercie pour le corps en général , et pour moi eu particulier.

ARLEQUIN , «par/.

En voici une bien éveillée.

Le Sage. Tome Xy. 10

l46 LA FORCE

LiAURE.

Comment donc , camarade ? Vous me paroisscz déjà dégoûté de la profession.

ARLEQUIN

Oui, morbleu ! j'en suisdégoûté.

LAURE

Eh ! la! la ! Ne faites point tant de bruit j nous ne voulons que des gens de bonne volonté. Il n'y a qu'à vous ôter votre habit , et vous laisser aller.

ARLEQUIN

Volontiers.

JBlle se met en devoir de le déshahilîer. Arlequin la considère ; et la trouvant jolie , il lui baise d'abord la main. Elle luitire une manche ; et pendant qu^elle lui tire Vautre ^ il remet son bras dans la première. Elle revient à celle-ci j et lui tirant encore le bras de dedans , il remet Vautre dans Vautre manche ; ce qui se répète trois ou quatre fois de suite j et fait dire à Laure :

L AURE

Hé bien ! qu'est-ce que c'est donc que cela ? Nous n'avançons point.

ARLEQUIN, riant.

Hé! hé ! hé! Pardonnez-moi , cela est bien avancé.

LALRE.

Oui vraiment \

DE l'amour. i47

ARLEQUIN

Vous me faites faire des réflexions.

LAURE

Quelles réflexions ?

ARLEQUIN

Je songe qu'il n'est pas honnête à un valet d'abandonner son maître.

LAURE

Je me sais bon gré de vous faire réfléchir en garçon d'honneur.

ARLEQUIN

Ah ! jolie pendarde , vous me débauchez !

LAURE

Plaît- il?

ARLEQUIN

Vous me faites oublier les dangers de la profession.

LAURE

Vous n'en aviez qu'un à craindre, et il me semble que vous y succombez.

ARLEQUIN

Vous l'avez dit , petite voleuse ; en me déshabillant vous avez escamoté mon cœur.

LAURE

Tout de bon ?

ARLEQUIN

Je me sens déjà aussi fou que mon maître.

l48 L,A FORCE

LAURE

C'est beaucoup dire.

ARI.EQUIN.

Je vous sacrifîerois ma cousine, ma tante, ma grand-mère et toute la boutique.

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