‹ ŒuvresChapitre 65 sur 229 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

ISABELLE, VIOLETTE, CLARIN.

cii ARIN, présentant le portrait.

Madame , ce portrait peut vous apprendre qui je suis.

ISABELLE

Ah! mon cousin, j'étois en peine de vous! J'avois compté de vous voir plus lot.

CLARIN.

Une indisposition , qui auroit pu avoir des suites, m'a obligé de m'arrcter sur la roule.

VIOLETTE

Par ma foi , vous ne sauriez le renier pour votre cousin , vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau.

ISABELLE

C'est ce que mon oncle m'a quand dit il est venu ici.

CLARIN.

Heureux si celte ressemblance, qui me fait tant d'honneur, pouvoit produire une conformité de sentiments !

ISABELLE

Vous êtes poli, Lélio. Je serai trop contente de moi , si ma vue ne détruit point l'impression

DE LAMOUR. l50

avantageuse que mon portrait peut avoir faite sur vous.

CLARIÎSr.

Que dites-vous , ma cousine ! Ce portrait n^cst qu'une foible ébauche de vos charmes. Et à juger des transports que vous m'inspirez dans ce moment, je crois que c'est l'amour pkitôt que mon père, qui vous a choisie pour faire mon bonheur. VIOLETTE, bas d Isabelle.

Qu'il est aimable !

ISABELLE

Dans les termes où nous en sommes, mon cher cousin , je ne dois point dissimuler. Quelque bien que votre père m'eût dit de vous, je n'étois pas sans inquiétude sur votre personne ; mais vous dissipez ma crainte. Et si je vous avois vu sans vous connoître , mon cœur auroil souhaité que Lélio eût été fait comme vous.

CLARIN , lui baisant la main.

Je suis au comble de mes voeux! Je puis donc espérer de vous posséder dès aujourd'hui?

ISABELLE

J'y consens , Lélio.

VIOLETTE

Oh ! quand les parties sont faites comme vous , elles sont bientôt d'accord.

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