‹ ŒuvresChapitre 81 sur 229 · LA FÉE DOYENNE, M. CHEVILLARD · texte numérisé non relu

LA FÉE DOYENNE, M. CHEVILLARD

pocie.

liA FÉE.

Bon. Nos afficbes opèrent déjà.

M. CHEVILLARD

Grande fée, daignez recevoir les res[»ecls d'un nourrisson du Parnasse.

LA FÉE , à part.

Uu poète ! Parbleu ! nous voilà bien élrennées !

M. CHEVILLARD

Je suis l'infortuné pocle Chevillard, cpji vicjil

l84 LA FOIRE

frapper vos charitables oreilles du son douloureux de ses justes plaintes.

liA FÉE.

Dites -mol laconiquement de quoi vous vous plaignez.

M. CHEVIliLARD.

Du public , premièrement.

LA FÉE

Vous le trouvez de mauvais goût , apparemment ?

M. CHEVILL.ARD.

Il n'a pas le sens commun.

LA FÉE

C'est - à - dire qu'il ne goûte point ce que vous faites.

M. CHEVILLARD

Vous l'avez dit. Il s'est laissé gâter par certains originaux qui l'amusent avec des pièces misérables.

LA FÉE

Monsieur Chevillard , ne jugez-vous point du goût du public comme un homme , qui descend la rivière dans un bateau, juge du rivage? Il lui semble que le rivage s'éloigne de lui, et c'est lui qui s'éloigne du rivage.

M. CHEVILLARD

Non, non. Tout ce que je compose est divin. Vous en allez juger vous-même.

Il tire de sa poche un paquet de papiers.

DES FÉES. l85

LA FÉE

Que préiendez-vous faire ?

M. CHEVILLARD

Je veux TOUS lire les Lettres portugaises ^ que j'ai mises en vers françois.

LA FÉE

Quartier, s'il vous plaîi! Je fti'en rapporte bien à VOUS ; je crois votre poésie admirable.

M. CHEVILLARD

Ha ! ha ! le miel n'est pas plus doux.

LA FÉE

Ne perdons point de temps, monsieur l'auteur. Que me demandez-vous ?

M. CHEVILLARD

Ce que je devrois avoir, si le siècle moins ignorant rendoit plus de justice au mérite.

LA FÉE

Vous souhaitez des richesses?

M. CHEVILLARD

Justement.

LA FÉB.

11 faut vous contenter, monsieur le rimeur , et vous consoler du mépris des lecteurs.

M. CHEVILLARD

Vous avez trop de bonté.

LA FÉE, le conduisant à la boutique des richesses.

Fée Argentine, comblez de biens ce Viriuoso.

i86 i.A roi RE

M. CHliV ILLARD.

Quelle générosité !

La fée Argentine le touche de sa baguette.

LA FÉE DOYENNE

Allez j monsieur Chevillard, vous êtes riche à jamais. Parla vertu de la baguetle qui vous a touché, il se trouvera dans votre poche une pistole à chaque cheville que vous mettrez dans vos vers. ^

M. CHEVILLARD, 6'e«a//a72^

Je serai bientôt à mon aise.

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