‹ ŒuvresChapitre 92 sur 229 · L.A FÉE · texte numérisé non relu

L.A FÉE

Çà , monsieur Millioni , voyons ce que vous demandez.

M. MILLIONI.

Je suis modéré. Mes disgrâces m'ont rendu sobre sur les biens de la fortune. Je ne veux que vivre simplement,

LA FÉE

J'aime en vous ce retour de sagesse.

M. MILLIONI.

Ainsi, grande fée, je ne vous demande qu'une pistole.

LA FÉE

Quelle modération !

M. MILLIONI.

Pourvu que cette pistole, dès que je l'aurai dé- I pensée , rentre aussitôt dans ma poche.

Le Sajje. Terne Xf^. l4

210 liA FOIRE

liA FÉE.

Nous ne nous entendions pas. Peste ! vous demandez la pistole volante !

M. MILLIONI.

C^est cela même.

liA FÉE.

Oh ! apprenez, monsieur le coquin, que nous sommes des fées de bien et d'honneur. Nous n'avons rien à donner aux fripons. Sors d'ici , misérable. Va reprendre ton premier métier.

M. MIL.I.IONI.

Quoi ! je m'en irai sans emporter aucun don des fées !

liA FÉE.

Hé bien, je t'en veux faire un qui le sera fort avantageux. Tiens. {Le frappant de sa baguette. )Var la vertu de ma baguette, je t'endurcis la peau : je le rends aussi insensible aux coups de canne , que les chevaux le sont aux coups de fouet. M. MiLiTéloa ï y s^en allant.

Cela n'est pas à dédaigner pour un fiacre. Que je vais insulter d'officiers !

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