SCENE III
BRABAXTIO reparaît sur la place, suivi de domestiques portant des torches.
RODRIGO
Me voilà bien! 11 me laisse!
BRABAXTIO.
Ah ! seigneur, je reste sans soutien Dans ma vieillesse ! hélas ! l'honneur de ma famille !
el que je n'achève pas, par respect pour quelques femmes qui savent l'anglais. Tous les acteurs célèbres de l'Angleterre, Kean, Kemble, Yong etMacready, retranchent habituellement les paroles trop libres. Ce n'est pas dans quelques mots grossiers, qui ne sont plus tolérés dans notre Molière, que réside le génie des grands poètes; ce n'est uue lorsque la situation les exige impérieusement qu'il faut les conserver. J'en donnerai quelques exemples dans la suite de cette tragédie.
A Rodrigo. A part.
Comment l'avez-vous vue? — 0 malheureuse fille.
A Hodrigo. A part.
C'était avec le More?— 0 qui voudra jamais
A Rodrigo.
Être père' — A qui donc se fier désormais?
A ses gens. A Rodrigo.
— Des flambeaux! — Se sont-ils mariés sans obstacle? En ètes-vous certain? '
RODRIGO
Oui.
BRABAXTIO.
C'est donc un miracle! Il faut qu'il ait usé d'un philtre pour toucher Ce cœur si fier qu'en vain je vous vis rechercher.
A ses gens.
Rodrigo! Plût au ciel... — Avertissez mon frère. — Qu'elle vous eût choisi ! — Croyez-vous nécessaire D'emmener une escorte?
RODRIGO
Oui. L'homme, voyez- vous, Est puissant.
BRABANTIO
Eh bien! donc, venez. Conduisez-nous!
SCÈXE IV.
OTHELLO entre avec eahne et dignité. Des serviteurs portent des flambeau c devant lui. ÏÀGG le suit.
YAGO
Quoique dans les hasards du noble état des armes Il m'ait fallu tuer sans en verser des larmes,
* Sliakspeare affectionne ces propos passionnés interrompus par l'action dont on est occupe vivement. Ils sont dans la nature et se renouvellent chaque jour autour de nous. J'ai lâché tien conserver fidèlement le mouvement; il n'y en a\ait pas d'exemple dans notre tragédie. J'en ferai remarquer plusieurs dans celleci. C'est encore an des avantages inappréciables de l'usage des enjambements, à l'aide seul desquels ou peut exprimer ce désordre.