ACTE II, SCÈ.NE VII
Du danger d'Antonio je veux savoir les suites;
Si le juif près du Doge entame ses poursuites,
Je puis le protéger, sans effort apparent,
Par le vieux sénateur Bellario, mon parent.
Nos maris nous verront bientôt sans nous connaître.
— Je veux prendre le ton d'un joyeux petit-maître.
Je mettrai le manteau, la dague et l'éperon;
Je parlerai bataille en jeune fanfaron ;
Je dirai les amours des femmes de Venise
Qui glissent des billets dans ma main, à l'église;
Je gage qu'il me parle et ne me connaît pas.
HERISSA, marchant.
J'aurai bien de la peine à faire de grands pas.
PORTIA
Tu t'accoutumeras à cette mascarade;
De tes projets hardis tu fais toujours parade.
Eh bien! nous allons voir, sous l'habit d'un garçon,
Qui de nous deux, ma chère, a meilleure façon.
La scène change et représente Venise et le Rialto. Première décoration.