‹ [Œuvres]Chapitre 195 sur 402 · ACTE IJ, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE IJ, SCÈNE X

ISABELLA

Dangereux! je ne connais de Paris que ma chambre,

et de Parisiens que le vieux juif.

BOBGIA.

N'avez-vous parK* à personne de vous et de moi?

ISABELLA

A personne au monde. J'ai dormi et j'ai chanté. Seule, toute seule. Je m'ennuyais.

BOBGIA.

Eh bien! nous partirons, parce que vous vous ennuyez, seule, ici.

ISABELLA

Non, non, je ne m'ennuie pas. J'aime la France. Restons, je vois passer tant de monde. Que tu es inconstant! Pourquoi vouloir partir? Et tes projets d'ambition? et cette grande dame que tu devais voir? ces hauts emplois que tu devais demander ? Plus rien de tout cela! — Est-elle jolie?...

bobgia, la repoussant.

Ne me parlez jamais d'elle ni de ces puérilités.

ISABELLA. bnudant.

Je n'irai donc pas a la cour de la reine?

BOBGIA.

Une cour pleine de corruption! Il faut partir.

ISABELLA

Ah! que je voudrais te voir grand-écuyer du roi!

bobgia se lève en colère, et se promène dans la chambre,

oubliant Isabella.

[Très-haut.) Orgueil! orgueil! C'est là leur péché mortel! c'est ce qui l'a rendue insensée! Dix dames d'atours, des grands seigneurs, des pages pour tenir sa robe. Pour mhumilier , m'éblouir! Orgueil! orgueil! C'est ce qui la rend folle, folle et aveugle! Comment la sauver?

isabella, étonnée.

Il ne me faut pas de pages, ni de dames!

bobgia s'arrête et passe la main dans ses cheveux.

Ai-je dit cela0 C'est alors moi qui suis fou, c'est l'air de la cour que j'ai respiré.

2j8 LA MARÉCHALE D'ANCRE.

Page 1