SCENE XL
COXCIXI, seul.
Je n'entends plus rien! Encore si l'on se battait! mais non! les cris s'éloignent: ils s'éteignent par degrés ! — Tout se tait, tout est calme, calme comme si j'étais mort, ou comme s'il ne restait plus qu'à me trouver et a me tuer. Est-ce donc un rêve? — Et qui me cherche? X'ai-je pas hier écrasé les mécontents? C'est quelque troupe de leurs partisans. Mais qui les mène? Ce Borgia! Ah! pourquoi est-il encore au monde? Lui aventureux, imprudent, brave jusqu'à la folie? Qu'il soit encore vivant, et qu'il vive pour me heurter partout! Ah! j'ai du malheur! Mais je suis encore le maréchal d'Ancre! Riche et puissant? Xon , je me sens renversé et jugé. Je me sens étranger, toujours étranger, parvenu étranger. Je sens comme une condamnation invisible qui pesé sur ma tète. Comment sortir de ces rues où jamais je ne vins seul? Si je rentre là, le juif me livrera ; si je passe dans les rues, je serai arrêté. Ce banc de pierre peut me cacher. Cette borne est assez haute.
Il l'examine et recule avec effroi.
Ah! cette borne est celle de Ravaillac. Oui, je la reconnais dans l'ombre. Ce fut là qu'il posa le pied. Elle
3Wi I.A MARÉCHALE D'ANCRE.
es! de niveau avec la ceinture d'un homme, le cœur d'un roi. C'est donc sur cette pierre que j'ai bâti ma fortune, et c'est peut-être sur elle qu'elle va s'écrouler. — N'importe. Si je n'avais pas fait cela, je n'étais rien
en passant sur la terre, et j'ai été quelque chose, et l'avenir saura mon nom. Par la mort d'un roi, j'ai fait une reine, et cette reine m'a couronné. — Ravaillac, tu as été discret au jugement, c'est bien; sur la roue, c'est beau. — Il a du monter là. Un pied sur la borne, l'autre dans le carrosse.
Ici Borgia arrive, portant un des Jeux enfants de Concini. et conduisant l'autre.
Non, sur ce banc La main sur le poignard
Ainsi...