ACTE II, SCENE III
mon mari prend aux personnes qui veulent bien loger chez lui.
JOHN* BELL
Elle est si sauvage , mylord , qu'elle ne lui a pas adressé la parole une fois, le croiriez-vous? pas une fois depuis trois mois qu'il loge ici!
LORD TALBOT
Oh! maître John Bell, c'est une timidité dont il faut la corriger. Ce n'est pas bien. Allons, Chatterton, que diable, corrige-la, toi aussi, corrige-la. le quaker, sans se lever.
Jeune homme, depuis cinq minutes que tu es ici, tu n'as pas dit un mot qui ne fût de trop.
LORD TALBOT
Qu'est-ce que c'est que ça? Quel est cet animal sauvage?
JOHN BELL
Pardon, mylord, c'est un Quaker.
Rires joyeux.
LORD TALBOT
C'est vrai. Oh! quel bonheur! un Quaker! (Le lorgnant.) Mes amis, c'est un gibier que nous n'avions pas fait lever encore.
Éclats de rires des lords.
chatterton va vite à lord Talbot.
{A demi-voix.) Georges, tout cela est bien léger; mon caractère ne s'y prête pas.... Tu sais cela, souviens-toi de Primerose-Hill!... J'aurai à te parler à ton retour de la chasse.
lqrd talbot, consterné.
Ah ! si tu veux jouer encore du pistolet ; comme tu voudras ! Mais je croyais t'avoir fait plaisir, moi. Est-ce que je t'ai affligé? Ma foi, nous avons bu un peu sec ce matin. — Qu'est-ce que j'ai donc dit, moi? J'ai voulu te mettre bien avec eux tous. Tu viens ici pour la petite femme, hein? J'ai vu ça, moi.
Ciel et terre ! Mylord, pas un mot de plus.
lord talbot.
Allons, il est de mauvaise humeur ce matin. MistresS
Bell | ne lui donnez pas de thé vert, il nie tuerait ce soir, en vérité.
KITTY BELL, à part.
Mon Dieu, comme il me parle effrontément!
LORD LAUDERDALE fient Serrer la main
à Chatterton.
Par Dieu! je suis bien aise de vous connaître; vos vers m'ont fort diverti.
Diverti, mylord?