‹ [Œuvres]Chapitre 329 sur 402 · ACTE III, SCENE VIII. Û · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII. Û

A Chalterlon.

N'allez-vous pas rejoindre mylord?

chatterton laisse tomber ses papiers ; tout son corps frémit.

Déjà! — Ah! c'est vous! — Ah! madame! à genoux! par pitié! oubliez-moi.

KITTV BELL.

Eh! mon Dieu! pourquoi cela? qu'avez-vous fait?

Je vais partir. — Adieu! — Tenez, madame , il ne faut pas que les femmes soient dupes de nous plus long-temps. Les passions des Poètes n'existent qu'à peine. On ne doit pas aimer ces gens-là ; franchement ils n'aiment rien ; ce sont tous des égoïstes. Le cerveau se nourrit aux dépens du cœur. Ne les lisez jamais et ne les voyez pas; moi, j'ai été plus mauvais qu'eux tous.

KITTY BELL

Mon Dieu! pourquoi dites-vous : j'ai été?

Parce que je ne veux plus être Poète; vous le voyez, j'ai déchiré tout. — Ce que je serai ne vaudra guère mieux, mais nous verrons. Adieu! — Écoutez-moi !... Vous avez une famille charmante ; aimez-vous vos enfants?

KITTY BELL

Plus que ma vie, assurément.

Aimez donc votre vie pour ceux à qui vous l'avez donnée.

KITTY BELL

Hélas! ce n'est que pour eux que je l'aime.

Eh! quoi de plus beau dans le monde, ô Kitty Bell! Avec ces anges sur vos genoux , vous ressemblez à la divine charité.

KITTY BELL

Ils me quitteront un jour.

Rien ne vaut cela pour vous ! — C'est là le vrai dans

fl!8 CHATTERTON.

la vie! Voila un amour sans trouble et sans peu*. En eux es! 1»' sang de votre sang, lame de votre àme : aimez-les, madame, uniquement et par-dessus tout. Promettez-le moi !

KITTV BELL.

Dion Dieu' vos yeux sont pleins de larmes, et vous souriez.

Puissent vos beaux yeux ne jamais pleurer et vos lèvres sourire sans cesse'. 0 Kitty! ne laissez entrer en vous aucun chagrin étranger à votre paisible famille.

KITTV BELL.

Hélas! cela dépend-il de nous?

Oui! oui '.... Tl y a des idées avec lesquelles on peut fermer son cœur. — Demandez-en au quaker, il vous en donnera. — Je n*ai pas le temps, moi; laissez-moi sortir.

Il ma relie vers sa chambre KITTV BELL.

Mon Dieu ! comme vous souffrez '

Au contraire. — -le suis guéri. — Seulement j'ai la tète brûlante. Ah! bonté ! bonté ! tu me fais plus de mal que leurs noirceurs.

KITTV BELL.

De quelle bonté parlez-vous0 Est-ce de la vôtre '.'

Les femmes sont dupes de leur bonté. C'est par bonté que vous êtes venue. On vous attend là-haut! J'en suis certain. Que faites-vous ici?

kittv bell, émue profondément et l'air hagard.

A présent, quand toute la terre m'attendrait, j'y resterais.

Tout à l'heure je vous suivrai. — Adieu! adieu !

kittv bell, I ''arrêtant.

Vous ne viendrez pas ?

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