LA PLAINTE 01 CAPITAINE
Qu'elle était belle ma Frégate, Lorsqu'elle voguait «lans le vent Mlle a\ait, au soleil le\ant, toutes les couleurs de l'agate ; Ses \<>iles luisaient le matin Comme des ballons de •-atin :
Sa quille mince, longue et plate .
Portait deux bandes d'écarlate Sur vingt-quatre canons cachés ; Ses mâts, en airière penchés , Paraissaient à demi couchés.
Dix fois plus vite qu'un pirate , En cent jours du Havre à Surate Elle nous emporta souvent.
— Qu'elle était belle ma Frégate , Lorsqu'elle voguait dans le vent :
Brest vante son beau port et cette rade insigne Où peuvent manœuvrer trois cents vaisseaux de ligne Boulogne, sa cité haute et double, et Calais, Sa citadelle assise en mer comme un palais; Dieppe a son vieux château soutenu par la dune , Ses baigneuses cherchant la vague au clair de lune , El ses deux monts en vain par la mer insultés; Cherbourg a ses fanaux de bien loin consultés;
1 A SERIE1 SE. L9fl
Saikt-Malo dans son porl tranqQillemeot regarde
Mille rochers debout qui lui servent de garde; Le Havre a pour parure ensemble et pour appui Notre-Dame de Grâce et Hohfleur «levant lui; Bordeaux, de Nés longs quais paies de maison> neuves, Porte jusqu'à la mer ses vins sur deux grands fleuves; Toute ville à Marseille aurait droit d'envier Sa ceinture de fruits, d'orange et d'olivier; D'or et de fer Bayonne en tout temps (ut prodigue; Du grand Cardinal-Duc La Rocuelle a la digue; Tous nos ports ont leur gloire ou leur luxe à nommer, Mais Toulon a lancé la Sérieuse en mer.
200 LA KRÊCA I "E