‹ [Œuvres]Chapitre 400 sur 402 · LES AMANTS · texte numérisé non relu

LES AMANTS

Heureux si nul des deux ne s'est plaint de souffrir!

Si nul des deux n'a dit : « Qu'on a peine à mourir!

Si nul des deux n'a fait, pour se lever et vivre,

Quelque effort en fuyant celui qu'il devait suivre ;

Et, reniant sa mort, par le mal égaré,

N'a repoussé du bras l'homicide adoré!

Heureux l'homme surtout s'il a rendu son âme

Sans avoir entendu ces angoisses de femme ,

Ces longs pleurs, ces sanglots, ces cris perçants et doux

Qu'on apaise en ses bras, ou sur ses deux genoux,

Pour un chagrin ; mais qui , si la mort les arrache ,

Font que l'on tord ses bras, qu'on blasphème, qu'on cache

Dans ses mains son front pâle et son cœur plein de fiel ,

Et qu'on se prend du sang pour le jeter au ciel. —

Mais qui saura leur fin!' —

Sur les pauvres muraille* D'une auberge où depuis l'on fit leurs funérailles, Auberge où pour une heure ils vinrent se poser, Ployant l'aile à l'abri pour toujours reposer, Sur un vieux papier jaune, ordinaire tenture, Nous avons lu des vers d'une double écriture ,

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