‹ [Œuvres]Chapitre 68 sur 402 · YAGO, LODOVICO · texte numérisé non relu

YAGO, LODOVICO

lodovico, le regardant se retirer. Eh quoi ! c'est là ce noble More Que dans tous ses revers la république implore, Qu'illustre le sénat, qu'une commune voix Appelle à décider des combats et des lois? Est-ce donc là cette âme et ce °;rand caractère Qu'on vit aux passions s'offrir toujours austère, Et ce ferme courage où venaient se briser Tous les coups du destin qu'il savait maîtriser? Est-ce donc Othello?

yago, soupirant d'un air hypocrite.

Moi, je ne sais qu'en dire!

lodovico.

Sur lui-même autrefois il avait tant d'empire! On croirait aujourd'hui son esprit dérangé. Est-ce bien Othello?

YAGO

Ceule il est bien changé !

LODOVICO

Frapper sa femme !

YAGO

Hélas ! je voudrais, je vous jure, Qu'il ne lui fit jamais de plus sanglante injure!

LODOVICO

Les lettres du sénat, seigneur, assurément, Ne le jetteraient pas dans cet emportement?

YAGO

Hélas! je ferais mal de dire ce qu'on pense Et tout ce que j'ai vu. Mais j'observe en silence; Ayez bien l'œil sur lui. Moi. je suis alarmé.

LODOVICO

J'ai regret à présent de l'avoir tant aimé.

Ils sortent en parlant avec chaleur et phts bas

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