IMITATION DES PSAUMES DE DAVID
Je répandrai mon amc au seuil du sanctuaire, Seigneur, dans ton nom seul je mettrai mon espoir; Mes cris t'éveilleront, et mon humble prière S'élèvera vers toi comme l'encens du soir!
t56 MEDITATIONS
Dans quel iibaisscment ma gloire s'est perdue ! J'erre sur la montagne ainsi qu'un passereau; Et par tant de rigueurs mon ame confondue, Mon ame est devant toi comme un désert sans eau.
Pour mes fiers ennemis ce deuil est une fête. Ils se montrent, Seigneur, ton Christ humilié. Le voilà, disent-ils : ses dieux l'ont oublié; Et Moloch en passant a secoué la tête Et souri de pitié.
Seigneur, tendez votre arc; levez-vous, jugez-moi î Remplissez mon carquois de vos flèches brûlantes. Que des hauteurs du ciel vos foudres dévorantes Portent sur eux la mort qu'ils appelaient sur moi!
Dieu se lève, il s'élance, il abaisse la voûte De ces cicux éternels ébranlés sous ses pas ; Le soleil et la foudre ont éclairé sa route ;
POÉTIQUES. i57
Ses anges devant lui font voler le trépas.
Le feu de son courroux fait monter la fumée, Son éclat a fendu les nuages des cieux ;
La terre est consumée
D'un regard de ses yeux.
Il parle; sa voix foudroyante A fait chanceler d'épouvante Les cèdres du Liban , les rochers des déserts ; Le Jourdain montre à nu sa source reculée ; De la terre ébraidée Les os sont découverts.
Le Seigneur m'a livré la race criminelle
Des superbes enfans d'Ammon.
Levez -vous , ô Saùl î et que l'ombre éternelle
Engloutisse jusqu'à leur nom !
Que vois-je? vous tremblez, orgueilleux oppresseurs
i58 MÉDITATIONS
Le héros prend sa lance , Il lagite, il s'élance; A sa seule présence , La terreur de ses yeux a passé dans vos cœurs.
Fuyez !.... Il est trop tard ! sa redoutable épée Décrit autour de vous un cercle menaçant. En tout lieu vous poursuit, en tout lieu vous attend; Et déjà, mille fois dans votre sang trempée. S'enivre encor de votre sang.
Son coursier superbe Foule comme l'herbe Les corps des mourans ; Le héros l'excite Et le précipite A travers les rangs; Les feux Tenvironnent, Les casques résonnent Sous ses pieds sanglans ; Devant sa carrière Cette foule altière Tombe tout entière Sous ses traits brûlans, Comme la |)()ussière
Qu'emportent les vents.
Où sont ces fiers Ismaélites, Ces enfans de Moab , cette race d'Edom ?
Iduméens, guerriers d'Ammon, Et vous, superbes fils de Tyr et de Sldon,
Et vous, cruels Amalécites?
Les voilà devant moi comme un fleuve tari , Et leur mémoire même avec eux a péri '
Que de biens le Seigneur m'apprête !
Qu'il couronne d'honneurs la vieillesse du roi ! Ephraïm , Manassé , Galaad , sont à moi ; Jacob, mon bouclier, est l'appui de ma tête.
Que de biens le Seigneur m'apprête !
Qu'il couronne d'honneurs la vieillesse du roi !
Des bords où l'aurore se lève Aux bords où le soleil achève
i6o MÉDITATIONS
Son cours tracé par l'Éternel , L'opulente Saba, la fertile Ethiopie, La riche mer de Tyr, les déserts d'Arabie,
Adorent le roi d'Israël.
Peuples , frappez des mains ; le roi des rois s'avance ; 11 monte, il s'est assis sur son trône éclatant; 11 pose de Sion l'éternel fondement; La montagne frémit de joie et d'espérance. Peuples , frappez des mains ; le roi des rois s'avance ; Il pose de Sion l'éternel fondement.
De sa main pleine de justice Il verse aux nations l'abondance et la paix. Réjouis-toi, Sion, sous ton ombre propice, Ainsi que le palmier qui parfume Cadès, La paix et l'équité fleurissent à jamais.
De sa main pleine de justice Il verse aux nations l'abondance et la paix.
Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles
Plus que les tentes d'Israël ; Il y fait sa demeure , il y rend ses oracles , Il y fait éclater sa gloire et ses miracles : Sion, ainsi que lui, ton nom est innnortel.
POÉTIQUES. i6i
Dieu chérit de Sioii les sacrés tabernacles Plus que les tentes d'Israël.
C'est là qu'un jour vaut mieux que mille, C'est la qu'environné de la troupe docile De ses nombreux enfans, sa gloire et son appui, Le roi vieillit , semblable à l'olivier fertile Qui voit ses rejetons fleurir autour de lui.
ki.^