‹ Œuvres;Chapitre 69 sur 112 · XLIX. On serait bien aise d'avoir de la graine de thé · texte numérisé non relu

XLIX. On serait bien aise d'avoir de la graine de thé

Il faudrait l'envoyer dans du coton ou de la mousse bien sèche, et dans une petite boîte dont les fentes fussent collées avec du papier, afin qu'elle ne put ni germer ni pourrir; on pourrait mettre cette boîte avec la caisse de pierres.

S'il y a plusieurs espèces de thé, et si, comme on le croit, leurs différences ne viennent pas de la préparation , on voudrait en avoir de différentes espèces dans des paquets séparés et étiquetés.

Il faudrait aussi donner un mémoire sur les préparations que subit le thé.

L. Qifàsit'ons sur quelques points d'histoire. — Ce que j'ai lu dans un recueil de lettres édifiantes, d'une synagogue de juifs établis dans la province de Hou-quang, et qu'on prétendait être venus à la Chine avant Jésus-Christ , a-t-il été vérifié? On prétendait même qu'ils n'avaient pas tous les livres de l'ancien Testament. Si cette idée avait quelque fondement, il serait très-intéressant qu'on pût avoir une copie exacte et figurée de leurs livres saints en hébreu. Si on pouvait la faire faire par quelque bon copiste qui copiât bien la figure des lettres, il serait peut-être peu coûteux de la faire tout de suite imprimer à la Chine, et la chose en vaudrait la peine. On en verrait avec plaisir les exemplaires en Europe.

LI. Les Miao-tsées, peuple non soumis, qui sont encore dans quelques montagnes de la Chine, ont-ils quelque commerce avec les Chinois? Y a-t-il des Chinois qui aillent dans leur pays et qui sachent leur langue? Cette langue est-elle, comme celle des Chinois, composée de mots d'une seule syllabe diversement combinés, ou de mots de différentes longueurs, comme les langues des Européens et de presque toutes les nations * ? La physionomie et la couleur de ces peuples ressemble-t-elle à celle des Chinois des provinces où ils sont enclavés? Sait-on quelque chose des raisons qui ont empêché jusqu'ici qu'ils n'aient pu être soumis à l'empire chinois?

LTI. Les Tartares-Mantchoux et autres soumis à l'empereur de la Chine commencent- ils à prendre des mœurs plus approchantes des mœurs chinoises , à demeurer dans les villes , à s'adonner moins à la chasse , et davantage à la culture de 1» terre et aux arts ? Les deux derniers empereurs, plus éloignés de l'origine tartare, ne sontils pas devenus plus Chinois, et pour la manière de vivre, et pour la manière de penser, que leurs prédécesseurs?

' II existe à la Chiue, 1" un idiome écrit, langue savante qui n'a jamais été parlée, el qui ne peut l'être, parce qu'elle est purement idéographique ; il y joue le même rôle- qu'en Europe, durant le seizième siècle, la langue latine; tous les ouvrages d'histoire, de philosophie, de jurisprudence, etc., sont écrits dans cet idiome ; — 2' une langue orale, que parlent, écrivent et entendent, d'un bout de la Chine à l'autre, tous ceux qui ont fréquenté les écoles du gouvernement; — 5" et dans chaque province, un idiome local, qui dérive de la langue commune, et qui n'est à proprement parler qu'un patois à l'usage des dernières classes du peuple, affecté de différences si profondes dans la prononciation, qu'il est souvent inintelligible d'un district à l'autre. (E. D.)

X l'occasion

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