‹ ŒuvresChapitre 4 sur 6 · Le pauvre songe · texte numérisé non relu

Le pauvre songe

Peut-être un Soir m'attend Où je boirai tranquille En quelque vieille Ville, Et mourrai plus content :

Puisque je suis patient!

Si mon mal se résigne, si jamais j'ai quelque or, choisirai-je le Nord ou les pays des vignes?,»* Ah! songer est indigne

puisque c'est pure perte; et si je redeviens le voyageur ancien jamais l'auberge verte ne peut bien m'être ouverte.

Les pigeons qui tremblent dans la prairie; le gibier, qui court et qui voit la nuit; les bêtes des eaux, la bête asservie; les derniers papillons; ont soif aussi.

Mais fondre où. fond ce nuage sans guide,, oh! favorisé de ce qui soit frais, expirer en ces violettes humides dont les aurores chargent ces forêts.

Si mon mal se résigne^ Si j'ai jamais quelque or, Choisirai-je le Nord Ou le Pays des Vignes?...

- Ah! songer est indigne

Puisque c'est pure perte!

Et si je redeviens

Le voyageur ancien.

Jamais l'auberge verte

Ne peut bien m'être ouverte.

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