PAU SL LANCELOT
(Mémoires de V Académie de 9 F use rimions et Celles- Le Lires
t, VîILp.m)
C’est une pièce de toile de lin de dix-neuf pouces de haut, sur deux cenl dix pieds onze pouces de long , sur laquelle on a tracé des figures avec de ta laine couchée eL croisée, ù peu prés comme on hache une première pensée an crayon* Elle n’est point séparée par pièces , elle n’en forme qu'une, que l'on expose dans la nef de la cathédrale de Baveux * pendant l’octave qu'on y appelle des fteh'qucs. Il y n apparence qu’elle n’a jamais été achevée j l'extrémité commence à se gâter \ et c'est pour éviter le dépérissement totid d'un morceau aussi digne d’être conservé , que le chapitre de celte Église ü pris * depuis peu , la résolu Lion de la faire doubler et a fait déposer dans ses archives mie copie des tuscriplions qu'elle contient. On l'appelle ordinairement, dans le pays, la toilette du duc Guillaume ; c'esl à la tradition sente que celle dénomination esL duc. J avaïs cru qu’on pourrait trouver dans les registres du chapitre quelque litre qui nous apprit à que! usage , quand cl par qui celle tapisserie avait été faite ; mais la personne qui s’est donné beaucoup de peine pour faire ces recherches dans les archives n'a rien trouvé qui ait rapport à code tapisserie.
La même iradilïon qui a donné â ce monument In nom de loilelle du duc Guillaume veut aussi que ce soit Mathilde de Flandre, reine d'Angleterre, duchesse de Normandie, famine de ce prince, qui Paît tîssué elle même avec scs femmes, pendant que son mari était a ta guerre, ou à gouverner le royaume qu’il avait conquis (l).
Cette conjecture semble expliquer pourquoi Doit trouve Citai e muiiiimeiiE Litit de utuni propres cl U'attlrca mots écrits «rapi'b> tu prtmùnckiLhHi aiitflo-saxoïiiie. Plusieurs ariLiij unirez anglais PatU liment UQitWtiQ roulement & l'impératrice HattktkdCÿ UHe
Cette tapisserie commence par représenter un roi assis fur son Irène, la couronne sur ta lëLc, son sceptre à la mun gauche . et semblant parler b deux hommes qui sont devant lui. G’esl le roi Edouard qui ordonne ou qui permet à Harold de passer en Normandie. Au-dessus de ces figures sont incrits les mots, Edward, rex. À l'endroit où commence l'inscription suivante , U i'est fait a ta toile un tronque l'on a anciennement recouvert d’une pièce ; cl eeüe pièce , grossièrement cousue, a non-seufement supprimé une lettre du premier mot de la seconde Inscription , maïs encore a dérangé, en tiraillant te Tond de la toile , quatre autres lettres qui sont à présent de travers. À cette seconde inscription on lit bi (il y avait apparemment ubi) Harold. J)ujs Anglorum, et sut milites e qui tant ad Bosham. C'est Harold qui, après avoir eu son audience du roi , se met eu marche avec sa suite j il est a cheval , l'oiseau sur le poing , des chiens courant devant lui. Boshora est à présent un petit village situé dans le comté de Susse* , près de Chlchesler ; c'était autrefois un port fréquenlé. La tapisserie représente ensu te une chapelle ou église ; au -dessus il y a Ecclesia. Harold y paraît en action d'homme qui prie le Seigneur pour la prospérité de son voyage. Cette église est suivie d’un appartement où l’on voit des gens qui sont à table : les uns boivent dans des coupes, les autres dans des cornes. Ce repas fini, Harold s'avance vers la mer, et s'embarque ; pour inscription iî y a : Hic Harold, mare navigavü, et, va lis venta plenis, venit in terrant Wtdonix comilis. Le comte Guy, sur les terres duquel Harold vint échouer, et dont il devint prisonnier, était Guy, comte de Ponlhien ; cet événement esl expliqué par cette autre inscription : Hic apprchemUt ÏVido Haroldnm, et duæit cum ad ]ielremt et ibi euin fenuit* Je crois que ce Bdrent est Beauraiu sur la Çancilè.
Harold devenu prisonnier du comte de Ponthien, fi dut être question de sa rançon ; e’csl peut-être le sujet de leur entretien, qui a pour inscription : Vbi Harold . et Wido pambolant* Guillaume le Bâtard apprît bientôt la triste aventure de Harold. Il dépêcha deui ambassadeurs au comte de Fonthicu pour redemander le prisonnier : Vbl nuntii Wülclini ducis varier uni ad Widoném.
On vojjt un officier ou domestique qui tient des chevaux par la bride, cL au-dessus de sa tête t\ y a Turokt. Rien ne contribue à nous ie faire connaître ; tout ce qu'on peut dire, c'est que ce nom était commun en ces temps - 1$, et que le gouverneur de Guillaume enfant s'appelait ainsi : Tttrtddus, tweri ducis pwdagogus* Mats il avait été tué dans les premières années de ravénemeut de son élève au duché de Normandie : ainsi ce ne peut point être lui que la tapisserie représente avec les ambassadeurs envoyés au comte de Ponthïeu . Sur le refus que fil le comte de rendre Harold, le. duc Guillaume envoya de nouveaux députés. Le monument les représente marchant achevai : Vbi mmtii Guil/dmi. Sur cette seconde députation de Guillaume nu comte Guy, ce dernier se d. termine à rendre Harold, Un courrier en apporte la nouvelle à Guillaume. La tapisserie exprime ainsi cet événement ; te duc Guillaume est assis sur son Irène, tenant son épée de la main gauche, et avançant sa main droite fort prés
tïeïïenrl M , L'opEnluti U phm probable est cdtc de M. Ce Prévost, membre île la aouiélé de* nulltjiiaim» de llourii. JJ pen^e qu’au l'orcll flavrsÿO n*a |in oive çntrcjni* que par un conLcmp^rnrn
JUSTIFICATIVES
d'un homme qui semble rtc lui parier qu'en tremblant ; ce personnage esl probablement le comte de Guy. L'inscription porte: Wcvenü nuntiusud Wilgelmum dm: cm. Après celte audience donnée au député du comte Guy, on vo.it un château ou forteresse ; au-dessus de la porte sont deux hommes, dont l'un a une lance; ils paraissent être en sentinelle - je crois qu'on a voulu représenter le château de Beau rai n, d'où le comte, après en avoir tiré Harold, part pour aller le remettre au duc de Normandie. Guy, qui est à la tête de la troupe, est à cheval ; il porte sur le poing gauche l'oiseau . ayant le hcc en avant avec ses grillets, et de la main droite il montre à Guillaume , en sc retournant un peu, Harold, qui est aussi à cheval, et qui, remis en liberté . a repris les marques d’honneur, c'esba-dire quTïî porte aussi son oiseau sur le poing, le bec en avant et avec les grillets» Derrière Harold sont deux rangs de cavalier?!, portant la lance qu’ils présentent en ayant, et leur bouclier: c'est apparemment la suite du comte Guy, D'un nuire côté , Guillaume s'avance aussi, suivi des siens à cheval, avec leurs boucliers et la lance qu’ils portent sur leurs épaules. Il n’y a que Guillaume, le comte Guy et Harold qui soient en manteau ouvert et attaché sur l’épaule droite ; tous les autres ont un ha bi Items nt court et léger. Pour inscription U y a : Hic Wido adduxit Haroldum ad Wilgelmum t N or* mannomm dawm. EadmorpBoger de Hoveden et plusieurs autres historiens d’Angleterre, disent que le comte Guy se contenta de renvoyer Harold au duc de Normandie , sans se donner la peine de le ramener lui-même, La tapisserie est plus exacte, et en cela conforme à Guillaume de Poitiers, auteur contemporain d'une vie du duc Guillaume, b Guillaume de Malmesbury et à Mathieu Paris qui tous assurent que le comte de Ponthieu le remit lui-même entre les mains du duc. Guillaume de Poitiers dit même positivement le lieu où se fit celte entrevue : Àpad Juçcnxe casirum, b Eu , qui se trouve effectivement sur la front 1ère des deux Étals de Normandie eide Ponthieu. Lecomte Guy fut bien récompensé par le duc de sa générosité , et en eut des présents de différentes espèces : la Chronique de Normandie rapporte qu'il y cul un beau manoir qui était en la rivière d’Eaune, et autres choses. Le duc Guillaume emmena aussitôt Harold à Rouen : Heraldum verà xu/ficientfssinte cttm honore in itrbem , sut principatûs çaput , Itothomagum introduisit C’est Guillaume de Poitiers qui nous apprend cette circonstance ; la tapisserie se sert d’une expression plus générale : Hic dux WtfgûkM i| cum Haroîdo vmit ad palatium fuum* La marche se fait en cette manière : Guillaume à cheval, le manteau sur l'épaule, est a la tête. Harold le suit, tenant toujours son oiseau sur le poing ; ses chiens courent devant lui î il ne parait qu’un cavalier a sa suite. En avant est un nuire homme à cheval : ce doit être un des écuyers du duc, qui s’avance le premier pour faire ouvrir In porte du palais, et qui parle pour cela à une sentinelle qui esl sur La porte d'un château.
On voit ensuite un appartement du salle, dans laquelle un homme, qui est seul assis, cl appuyé sur son épée, eu écoute un autre qui lui parle ; derrière celui-ci sont plu*
des premiers événements do la conquête, et que ki dMltuatluii specînte fut (Poroer rCfitiéù de. Bnyçuxv tient L'CvéquC J-odva ètïlt frère du Oiiillaiimr le conquérant
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
sieurs gens armés de lances eL de boucliers. C'est peuLêtre l'instant où le duc Guillaume déclare à Harold son projet de succéder à Édouard, roi d'Angleterre, et exige de lui qu*il lui soit favorable dans cette entreprise ; Harold le îuî promet, et s'engage à recevoir en mariage Adèle, fille de Guillaume. Ce n’est peut-être aussi qu'une simple conversation du duc Guillaume et de Harold. Il iCf a point d’inscription â ce morceau de la tapisserie, ci il n'y en a jamais eu, féléfiitiOD de la salle qui y est représentée rempliront toute la hauteur de la pièce* Il est suivi d'un autre où Ton voit un homme sans armes * un manteau pendant sur ses épaules . qui étend ta main, et parle à une remntc ; ceLtc femme semble être à la porte d’un appartemeiil; au-dessus ou lit : Ubi Ctericw et Jelfgt/va. C'est tout ce que représente ce morceau de là tapisserie* Ct tout ce que conlienL son inscription. It doit être regardé comme complet, et détaché de ceux qui le précèdent et qui le suivent, puisqu’il est terminé à droite et b gauche par une portion de maison et de château , qui, dans tout ie cours de cette tapisserie, servent a distinguer les événements les uns des autres* Il est difficPe de dire précisément ce qui nous est désigné par ces figures et ces mots ; Àe%yva était un nom commun dans ce temps-là en Angleterre,
Notre tapisserie passe ensuite au voyage que Guillaume lit faire à Harold en Bretagne contre le comte Conam Ce dernier rayait défié, et il lui avait fait dire qu'il entrerait, un certain jour qu’il désignait, eu Normandie, Guillaume n'était pas homme a sc laisser prévenir dans ces sortes d’expéditions ‘ il marcha vers son ennemi ; clf connaissant la bravoure de Harold et de cent qui ravalent suivi, il leur proposa ce voyage comme une partie propre à leur faire acquérir de l'honneur. Guillaume de Poitiers est le seul historien qui ail un peu détaillé celte guerre ; mais ït s’en faut de beaucoup que sou récU soit aussi circonstancié que ce qui se voit dans Fa tapisserie. On voit premièrement Guillaume et Harold marchant avec d’autres cavaliers vers le mont Sa lut- Michel Ils ne sont (dus avec leurs oiseaux et leurs chiens, comme s'ils allaient à une partie de plaisir ou à un voyage ordinaire** Ils sont en équipage de guerre. Cet équipage est composé de différentes parties : habillement de corps, armes défensives et offensives* ha mois de chevaux, idc* Comme ce sont toujours à peu prés tes mêmes piércs et les mêmes armures qui se trouvent dans tout le cours de cette tapisserie Je crois qu’il convient de tes décrira ici*
Il paraît deux sortes d 'habillements pour fe corps : l'un est «impie, consistant en an habit ordinaire très- é! mit ; ceux qui portent net habit n'ont qu'un bonnet ; on n’en voit aucun avec le casque. Les gens armés de cette manière simp’c et légère forment toujours les troupes qui suivent les principales personnes représentées dans ia tapisserie : ainsi on ne peut douter que ce ne soit la milice subalterne , ou les hommes et officiers des seigneurs* L’autre habillement est de mailles de fer ; \\ couvre depuis bs épaules jusqu'aux genoux. Ou en voit la figure exacte dans fc morceau de la tapisserie où fou porte les provisions de guerre et de bouche dans les vaisseaux que Ton préparé pour ie passage en Angleterre. Us n’ont point de camaü ou capuchon, m coiffes de mailles, pour couvrir la tête : ces capuchons doivent u’avmrété introduits qu'nprés le siècle du duc Guillaume*
En place de ce capuchon , tîs avalent un casque ou heaume ; ces casques ne ressemblent point à ceux que l'on voit dans les miniatures de ta Bible et du livre de prières de Charles le Chauve . qui tiennent encore de l'antique. Ils étaient étroits, et se lerminalentbar le haut en pointe aigue ; ils descendaient par-derrière sur te cou. et par-devant il y avait une avance qui garantissait le nez du cavalier des coups quTil aurait pu y recevoir. Celte avance faisait corps avec le reste du casque* et en cela el e était différente du nasal . partie du casque en usage dois les temps postérieurs et servant an même usage; relut ci se levait, quand on voulait on se rafraîchir, ou sc procurer de l'air à respirer ; au fieu que cette partie du casque représenté dans la tapisserie ne pouvait point se lever : aussi eda aurait- il été inutile , puisque la respiration était libre, la plus grande partie du visage étant à découvert. Du trouve un haubert et u il casque à peu prés semblables dans fc sceau de Charles * comte de Flandre, qui fut tué en 1126: Par-dessus cette cotte de mailles ou haubert, on ne mettait point encore de cotte d’armes, que le luxe introduisit dans la suite. Entre res cavaliers ainsi armés de fer* Il sTen trouve qui ont des Chaussures , d'autres qui n'en ont point ; ces chaussures sont de la même matière et du même goût que l'armure du corps. Leurs boucliers ont peu de convexité, sont à peu près ovales par îc hauL cl se terminent en pointe par le bas; il y en a cependant trois ou quatre, dans le cours de cette tapisserie, qui ont une firme différente ; ils sont plus concaves, ronds, n pans, et ont dans le milieu une pointe aigue, assez allongée pour servir d'arme offensive. Comme le duc Guillaume et tous ceux qui sont à sa suite n'en ont jamais de cette sorte, et qu'on n'en voïL que lors de la bataille de Haslîngs, je crois que ce sont des Anglais que l'on a voulu désigner par cette arme, qui leur était alors particulière. Tous ces boucliers, soit ronds, soit ovales, étaient passés d.ins te bras gauche, par le moyen d'une courroie qui y était attachée ; il y a sur quelques-uns de ces boucliers des figures de lions, de dragons, ou autres animaux féroces : voilà à peu près leurs armes défensives. Les offensives consistent principalement tn épées, haches, lances ou javelots, et en flèches. Ces épées sont assez longues et assez larges, et cette largeur est égale dans toute la longueur, si on excepte l'extrémité, qui se termine tout d'un coup en pointe ; Les gardes sont grosses et fortes ; i;s les portent tous au côté gauche. Les huches ne paraissent pus avoir rîen de singulier* Les lances sont assez longues , et le fer aigu dont e les sont armées fait environ la sixième partie du fut ; on les lançait eu l’air, quoi qifcn dise l'historien de la milice française, comme jj est aisé de s ‘en convaincre par plusieurs endroits de notre tapis sérié, principalement à lu levée du siège de Dot et à la bataille de llasîiugs, et on y uni aussi en l'air des flèches , cl meme des corps plus solides qui doivent être des quarrcüux. Dana la bordure qui est au-dessus de l'endroit où les premiers ambassadeurs de Guillaume viennent vers te comte de Ponthîeu , on voit un homme qui jette avec une fronde une pierre sur des oiseaux vola nls* La fronde pouvait encore servir à la chasse ; mais on ne voit dans aucune occasion mihlaire représentée dans la tapisserie, qu’on y fasse ns gc de cette arme. On y trouve des bâtons qui, étant plus gros p v un bout que
par l'autre, sont ce qu'on appelait des pieux ou des massues; ces armes ne servaient ordinairement qu'aux serfs et aux paysans : l'épée el In îanre 'Ata lent les armes des hommes libres. Presque lous les cavaliers ont îles étriers; il y en n cependant quelques-uns qui n'en ont point, et cela indifféremment pour ceux qui sont armés des cultes de mailles , et pour ceux qui ne sont habillés qn'à l'ordinaire : ainsi il est à croire que celle omission n'a rien de singulier, et ne vient que des ouvrières : U en est de même des éperons ; Ils sont assez courts ; ta mode en introduisit dans fa suite de Hès-lonp* Cette diversité dans les cavaliers d'avoir ou de n’avoir pas des étrim et des éperons . se rencontre de même dans les sceaux de ce siècle. Les selles des chevaux paraissent grossières et Irés-simples, et ressemblent assez h des Mis, c’est-à-dîre que ïe cavalier se trouvait emboîté entre deux pommeaux ou parties assez élevées* On ne voit dans ceüe tapisserie qu'une sorte d'étendard ; il est à trois queues ou pointes, cl est toujours au boni d'une lance ; c'est ce qu’on 0ppe* lait gonfanon, que les princes, ou «eux qui les représentaient, pouvaient seuls avoir.
Nous avons laissé Guillaume et Harold se metlant en marche pour l'expédition de Bretagne- La troupe est composée de six ou sept cavaliers ; dans le milieu on en voit iroîs marchant de front, dont deux sont armés de leurs cottes de mailles et de leurs casques, .le crois que celui qui est à la gauche et qui porte une lance est Harold ; celui qui est a la droite porie le gonfanon « qui est appuyé sur son étrier : ce doit être Guillaume. Le cavalier du milieu n’a point de colle de mailles ni de casque, mais il est babillé simplement, el n un bonnet. Derrière eux sont deux hommes a cheval, habillés et armés A l'ordinaire ; c’est, comme je t’ai dit, ce qui désigne I armée du duc* En avant des trois cavû icrs que je viens de décrire , en est un autre qui a bien la colle et La chaussure de mailles ; mais au lieu de casque il n\i que le bonnet , et , pour Loule arme , une espèce de bâton ou massue ; ce ne peut être un homme du commun ou un vilain comme te Roman de Itou appelle ceux qui se servaient de ces armes, puisqu'il est armé de mailles, et que celle armure était l 'apanage de la condition noble* Gel exemple est une preuve que ces armes roturières étaient aussi portées pur d'autres que des serfs et des paysans* Cet homme armé si singulièrement, qui a laeotte d'armes desnobles, sansen avoir le casque, qui n'a point lance, ni d’épée, mais seulement un bâton, quel est-il? Seraitce un des mas si ers du duc Guillaume , ou quelque nuire des officiers de sa maison ? Au-dessus de cetle marche, 11 y a pour Inscription : Hte Wiitelm, rfua? et exercitus i j jus üûmrtfnt ml montrm Mickaelis, Le mont Saint- Michel esl figuré par un château posé sur un rocher. On voit ensuite cette troupe passer un gué, et hic transierunt flumen Cosnonis ; c’est la rivière de Coesuon, qui sépare encore i présent ia Normandie de la Bretagne* Les flots de la mer et les sables font changer souvent le lit de celle rivière, ce qui en rend le gué difficile* La tapisserie représente le passage de cette rivière par les troupes de Guillaume* avec une exactitude três~délaillée * on voit des hommes à pied qui la ira versent en portant leurs boucliers et leurs armes sur leur tête; un cavalier relève ses jambes sur sa selle, poum'êlre point mouillé; d autres sont renversés par des sables mouvants* Un
JUSTIFICATIVES
homme eu relire quelques-uns par la main, et en prend d’autres sur scs épaules; ç’est Harold qui leur rend ce service : Jfîc Ilarolttus trahebat cos de QTëÉ&* Aussi Orderic Vital nous le représente comme un homme trèsgrand e! très -vigoureux* Kl semble même que la tapisserie ait voulu fait entendre qu'il y eut des hommes qui périrent à ce passage : on voit dans la bordure inférieure un homme élendu comme s'il était mort.
L'armée de Guillaume étanl entrée en Bretagne, ce prince et Harold marchèrent à Itol, ville que Conan assiégeait. Un groupe de cavaliers qui tous sont dans l'action de lancer leurs javelots , courent à grands pas vers un ( hètcRu ; ce château est sur une éminence. Le plus avancé des cavaliers est déjà sur le poul * ou plu tôt sur les degrés par lesquels on y entre. A l'autre côté opposé, on voit un homme de guerre, son casque en tête, grimpé à une corde attachée aux créneaux des murailles ; on ne peut dire »t c'est pour escalader la place ou pour on sortir. A quelques pas, des cavaliers s’enfuient à toute bride, portant leurs lances à ta main ou sous leurs bras, en ali i lude de gens qui ne songent qu’à échapper à ceux dont ils craignenl (a poursuite- C'est ainsi que la tapisserie représente la levée du siège de Dol, l’entrée de Guillaume dans celte ville , et la retraite de Conan ; actions qu'elle a exprimées par cette inscription :Ft venerimttul Dot, et Conam fugd vertitur * Le tapisserie nous indique ensuite le château de Rennes , jusqu'où Conan poussa quand il eut appris que Guillaume était enlré en Bretagne. Ce château paraît être, de même que celui de Dot, sur une élévation ; il esl crénelé et surmonté d'un donjon . avec CO nom pour inscription , Jl^dnes. Je ne cloute poinL qu’on ait voulu mettre Redonss; ce nom esl coupé en deux, Red et ms, et entre ecs deux portions se trouve le château, c'est ce qui h fuit perdre la lettre o* La plus plus ancienne et la plus commune dénomination de Rennes a éLé Redoms ; dans le moyen Ùge, on s'est aussi servi de Rsdonls*
On trouve ensuite dans la tapisserie une autre expédition faite par l’armée de Guillaume, c’est la prise de Binon, ville de Bretagne, à six lieues de Doî : aucun historien du temps n’en a parlé. Des cavaliers armés de fer, comme ils ont été décrits ci-dessus, avec leurs lances, qu’ils jettent, sont en présence d'un château fort élevé, sur l;i porte et les murailles duquel sonL d’autres gens aussi armés de la même manière , en action d’empêcher i'cnlrée , et de jeter aussi leurs javelots ; de pari et d'autre on voit de ces dards en l'air. Au pied du château il y n deux hommes à pied et armés, qui, ayant chacun deux flambeaux ou brandons 4 la main, mctlent le feu aux palissades ; pour inscription il y a i Hic milites ÏFw* html ducis pugnant contra binantes. Celte façon de s'exprimer pourrait induire à croire que Guillaume ne se trouva pointé celle expédition, et qu'il la fit faire par un détachement de ses troupes, à la tête duquel pétil* être Harold était lui même ; ce qui conviendrait assex avec ce que Guillaume de Poitiers rapporte, que le duc de Normandie ne jugea pas à propos de s'engager Irop avant dans le pays, parce qu’il craignait que son année ne pûL pas subsister* les habitants s'élant retirés dans les lieux forts , et les grains n’étant pas encore mûrs. Les efforts des assiégés ne purent empêcher la prise de la place ; i1 fallul la rendre, et la tapisserie exprime celte
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
circonstance en représentant Conan tut mémo debout sur l'autre porte du château opposée au côté attaqué, qui, au bout de sa lance, garnie de son gon Fanon „ présence des clefs à un cavalier armé * qui ies reçoit au bout de la sienne : ce Cavalier, qui est accompagné de deux autres, serait Harold, si ma conjecture peut avoir lieu. Et Conan dates parrexiL Ce morceau de la tapisserie nous apprend plusieurs choses ; 1° la prise de Dicton en 1Ûft5, q ni . comme je viens de le dire, ne se trou ve dans aucun bislorien que je connaisse ; 2” ta manière de rendre alors nue ville, et d'en présenter les defs au bout d'une lance aux assiégeants, qui les reçoivent de h même Façon ; enfin, que la ville de Oman s'est aussi appelée Dinan(est quoique M» de Valois assure qu'il na jamais trouvé dans les auteurs d'autre nom pour ceLLe ville que (Hnannum* C'e^t par cette conquête que l'expédition de Bretagne est terminée dans la tapisserie. Guillaume voulut donner des marques de sa reconnaissance â Harold, et récompenser en meme temps la valeur que lui et ses compagnons de voyage avaient montrée dans celle guerre. Le monument que nous expliquons no parle que d'armes données à Harold ; Hiv Willelm . dédit arma Ilarolda. Guillaume est debout, armé de pied eu cap, son épée à son côté ; il porte une de ses mains sur le casque de Harold, et une autre sur son bras ; Harold, qui est aussi debout et armé, s'appuie sur sa lance , â laquelle est attaché son gonfanon , et a son épée a son côté. S'il faut regarder celte cérémonie faite par Guillaume envers Harold* comme s'il l'eût alors crée chevalier, ainsi que r expression arma dare employée en ce sens semble remporter. et que le Roman de flou le dit expressément, on peut remarquer que cette cérémonie de faire un chevalier était alors â pou près la môme que celle qui a été observée dans ta suite. Un ceignait Cépée, on mettait le casque et l'habillement de fer, on donnait la lance, eL on imposait les mains. Après celte cérémonie, Guillaume et Harold viennent à Bayeux ; et, selon noire tapisserie, Harold y jura, sur les reliques des saints, qu'il tiendrait inyioïabîcment la parole qu'il avait donnée à Guillaume pour la succession d'Angleterre. Presque tous les historiens varient sur le lieu oû se jt ce serment : Guillaume de Poitiers dit que ce fut dans une assemblée que le duc Guillaume tint apttd Bûmmviîfamr avant que d'aller en Bretagne, ïl n'est pas Facile de découvrir quel est te Bonneville ; il y en a plusieurs en Normandie, Ürderic Vital rapporte, au contraire, que cela se passa a Rouen, eL la Chronique de Normandie, à Sainte-Marguerite prés Jumiéges. Cette variation me paraît décidée par le témoignage de la tapisserie et par celui du Roman do Bon , qui, s'accordant tous deux à dire que ce Fut à Bayeux, me paraissent préférables aux autres historiens. On peut ajouter qu Eudes, frère utérin de Guillaume , étant alors évêque de Bayeux, Best assez vraisemblable que le duc de Normandie se porta volontiers à choisir celle église pour cette cérémonie. La chronique de Normandie rapporte que Guillaume employa une petite supercherie dans la prestation de ce serment. Il lui aura été plus Facile de ta Faire exécuter â Bayeux que partout ailleurs T sou frère étant à portée de lui fournir tous Les moyens propres à Taire réussir son projet.
Selon ce témoignage, Guillaume employa cette espèce de ruse pour faire prêtera Harold un serment plus so¬
lennel, en le Faisant jurer sur un plus grand nombre et un plus grand choix de reliques que celui ci ne croyait ; U en fit emplir une cuve- ou un colï're ou huche. suivant ta Chronique de Normandie, qu'il couvrit d'un drap précieux , et par dessus mit un reliquaire ordinaire. Harold fit son serment avec la formule usitée : Ha me J) eus ad fuite t et km sanetar etc. Après qu'il mit prêté ce serment. Guillaume, pour lui inspirer [dus de respect, et l'obliger â être plus religieux à le garder , lui montra le trésor des reliques sur lequel il avait juré sans qu'il le sût. Je ne garantis point la vérité de ce récit ; les autres historiens contemporains n'en font aucune mention, et il me semble qu'on ne peut tirer de la tapisserie aucune induction qui puisse le favoriser ; elle se contente de représenter Guillaume et ILtrold arrivant dans leur équipage de guerre à Bayeux r Hic Witieim. venît Bagias Baveux est désigné, comme tous les autres lieux dessinés dans ce monument , par un château situé sur une élévation, et auquel il faut monter par des degrés, Guillaume est ensuite représenté assis sur son trône , un manteau sur ses épaules ; il tient son épée haute dans la main droite, et Étend la gauche vers Harold ; derrière lui sont deux de ses courtisans ou officiers. Harold, aussi en manteau, est debout entre deux reliquaires montés sur des pieds couverts de lapis, pailles (pallium) ; ces reliquaires sont en forme d'oratoire ou petite chapelle ; il pose une de ses mains sur un de ces reliquaires , et l'autre surl'aulre ; pour inscription : Ubi UaroM . sacramentnm fecit fVUMmo ducL Au delà du dernier reliquaire, sont deux hommes armés de leurs lances ; leur chaussure de jambes est faîte de bandelettes ; ce qui n'est pas commun pour des gens aimés comme le sont ceux-ci ; ce qui me Ferait croire que le monument a voulu tes distinguer du commun des autres assistants, tels que sont ceo x qui son t d e rr 1ère Guilhaume, et q u i rc présente n t ici les principaux seigneurs et vassaux de sa cour. Ces bandelettes, faàciôlw, que l'on voit aussi aux jambes de Guillaume et de Harold, faisaient la cba tissure ordinaire de la seconde race . comme on peut voir aux figures qui nous sont restées de Charlemagne, de Lolhaire et de Charles le Chauve. Bar notre monument. Il paraitqu'cîles étaient encore on usage du temps de Gui lia urne . avec cette différence cependant qu'eîlcs n'allaient plus jusqu'à l'extrémité du pied, comme dans ces premiers temps, et qu'on avait pour le pied une autre chaussure , semblable à peu prés à nos pantoufles. Il paraît encore, comme je viens de l'insinuer, qu'elle n'tLalt la chaussure que des plus grands seigneurs j du moins on ne ta trouve employée dans la LapIsserL* que pour te comte de Ponthleu , le duc Guillaume et Harold, et pour un très petit nombre d'outres personnes qui désignent apparemment les principaux barons de leurs États.
Parce serment Harold s'engagea , si nous en croyons Guillaume de Poitiers, qui l'avait appris d'honnêtes gens qui y avaient élé présents, qu'il deviendrait le vicaire ou procureur du duc Guillaume à la cour d’Édouard , tant que celui ci vivrait; qu'il Ferait tout son possible, tant par scs conseils que par ses présents, pour que la couronne d'Angleterre fût assurée sur ta tête de Guillaume, apres la mort d'Édouard ; que cependant il remettrait nonseulement le château de Douvres* mais encore les auireâ forteresses que le duc désirerait , pour être gardées par
ses Ironies, a qui même il fournirait lous les vivres né ■ cessaîres. Celte promesse de remettre Douvres zi la disposition de Guillaume est aussi rapportée par Gui lia ume do Malmcsbury, par Eadmer. et son copiste Roger de liovrden. ïngulfe, Ordmc de V Hii 1 1 Guillaume de lumières, Mathieu Paris, cl les autres historiens anglais, n'en pnrkmt point ; ifs conviennent seulement presque tous, que Harold s’obligea de prendre en mariage la lille de Guillaume, La Chronique de Normandie rappelle Adèle ou Aide, el Guillaume de Jumiéges, Âdêlïxe. Il n'y a qu'Qrderic Vital qui la nomme Agathe ; il lui donne pour sieur une Adélaïde, qu’il dit s'étre consacrée à Dieu cl avoir vécu saintement sous la conduite de Roger de Beaumont. On pourrait croire qu'il s'est trompé dans le nom de ces deux sœurs, ei que ce Tut la seconde t Adèle ou Adélaïde, qui avait été promise ü Harold. Quoi qu'ïl eu soit, malgré ce serment solennel , prêté sur tout ce qu’il y avait alors de plus respectable en reliques, super sanctissmas reliquiQ ts, dit Ûrderïc Vital, super reliquias sanctorum mu U a s et etectissimas , dit Henri de Buotiiifdon, Harold ne Uni point ses promesses. A peine euL il satisfait de bouche â ce que Guillaume exigeait de lui, qu’il repassa en Angleterre. La tapisserie représente un vaisseau aveu son mit, taie voile et des matelots ; il semble qu'il soit près d'aborder à terre. Le château qui te trouve en suite de celle navigation , en même Lemps qu’il sert ii séparer un événement d'avec le suivant, peut désigner aussi le port où Harold débarqua. Oit voit deux cavaliers lenant leurs lances à la manière de simples voyageurs, l'un desquels a un manteau ; c'est te même Harold, qui, descendu eu Angleterre , va rejoindre le roi Édouard i Hic Harold, dux reversus est adanylictim terrain, et venit ad Edwardam regmn* Pour exprimer ce dernier événement , c'est-à-dire, l'audience qu’Édouard donna u Harold, à son retour. Édouard est sur son trône, sun manteau sur ses épaules et une couronne sur îa tête. Il semble que ceux qui ont donné Je dessein de cette tapisserie aient voulu to représenter vieux et affaibli par les infirmités, comme sa longue barbe et son air de léte le peuvent insinuer. Derrière Lui est un de ses oflkiers, debout, armé de sa hache d'armes; Harold, qui est sur le devant, aussi en manteau, et suivi d'un autre homme appuyé sur une hache semblable, parle à Édouard, et semble lui rendre compte de son voyage. Grdcrîc Vital dit qnll déguisa, en cette occasion, la vérité, et qu’il assura Édouard, qui était déjà malade, que Guillaume lui avait donné sa fille en mariage, et qu’en cette qualité de gendre, il Lui avait abandonné les drmtsqu'iï pouvait avoir sur sou royaume, Eadmeran contraire , ou ses cûuLinuaieurs , et Icsauties historiens anglais qui l'ont suivi . pour- faire plue d'honneur à la sincérité de Harold, veulent qu’il rendit un fidè'e compte de ce qui lui éialt arrivé en Normandie , H de la violence qui lui avait été faite par le duc Guillaume pour l'obliger paF serment à l'aider de tonies ses forces dans la conquête de l'Angleterre ; qu’Édousrd lui répondit qu'il avait bien prévu que cela se passerait ainsi, et qu i! Vm avait averti lorsqu’il lui vint Taire part du voyage qu’il avait résolu de faire en Normandie. C'est un fait que les deux parties ajustent suivant leurs intérêts. Les hislorïens normands prétendent que nonpeu le ment Harold a manqué à sa foi . jurée si solennci-
J ü STIF IC ATI VES ♦
temeut, mais encore que Guillaume avait été déclaré par Édouard son héritier, et que Harold n'avait été député vers lui que pour notifier celte déclaration. Les Anglais soutiennent, de leur côté, que Guillaume, qui n 'avait point de droit sur la succession d’Édouard . avait extorqué de Harold des promesses que la violence lui avait fait faire.
Il y a ici un dérangement dans la tapisserie, donL il n’est pas facile ds imaginer fa raison. Immédiatement apres l’audience de Harold, que je viens de décrire, on voit l’enterrement du corps d'Edouard ; après quoi ce prince est représenté parlant â ses courtisans ou à scs sujets dans sort lit, et enfin on volt l'instant de sa mort. J’avais cru que ce dérangement venait de la faute de ceux qui avaient assemblé les morceaux de la tapisserie où se trouvaient ces événements ; mais ou me mande qu'il ne faut attribuer ce renversement d'ordre à aucun défaut d'assemblage des pièces qui la composent, puisqu’il n'y a polni de couture. Gela scsl-il fait dans quelque vue particulière . ou srrail-ce seulement un dvssin pris à rébours, et qui , ayant été commencé par méprise de celle façon . n'a pas été regardé comme une faute asscx considérable pour ne pas continuer de même ? Ce qui pourrait appuyer cetLc dernière conjecture, c’est que ïcs figures qui représentent l’enterrement d'Édouard , peut être même celles qui représentent sa maladie et sa mort, sont renversées 3 c'est à-dirc qu’elles vont de droite à gauche, contre ce qui sc pratique en tapisserie, et en particulier dans celle-ci, où Les sujets sont toujours traités de gauche ù droite. Ne croyant pas. dans cette explication . qu'il me soit permis de m’écarter de l’ordre naturel, je commencerai par décrire le morceau où Édouard est représenté malade dans son ÜL JJ est eu longue barbe, a sa couronne sur la tète ; un homme le soutient entre scs bras ; deux autres sont à côté de son lit, qui expriment leur douleur en étendant les mains. Vers les pieds du lit est une autre figure qui semble être celle d’utsc femme qui pleure ; lïk Edtvürdus rcæ mlectoat/oquilur sms fidèles. C’esl dans cette audience, donnée par Édouard a scs principaux amis et sujets, que, sur les vives instances des partisans que Harold avait pratiqués, fi consentit malgré lui qu’il fut élu roi d'Angleterre, Au* dessous do celle audience, la tapisserie représente Édouard mort oL étendu sur une espèce de drap mortuaire parsemé de larmes , dans lequel deux hommes , l'un placé à la tête, l’autre aux pieds, arrangent le corps. A côté est un autre homme debout, tenant deux doigts de la maiu droite élevés ; ceüe altitude et son habillement, qui me p irait ressembler à une chasuble, me font croire qu;: c'est un prêtre qui lui donne les dernières bénédictions. Pour inscription ü y a : Et hic de f une tus est. Cette mort arriva le 5 janvier 1066, Le lendemain sixième (jour des Rois), le corps fut porté à Saint- Pierre de Westminster: ffic partatur corpus Mdwardi regis ad secte- ■ sium Pétri a/dJ . Édouard venait de rétablir celle église et Je monastère de fond en comble, et la dédicace ne s'en était faite que huit jours auparavant, c'csl-à dire te jour de la fête des Innocents, Celte église paruil dans La tapisserie grande et spacieuse. Sa principale porte est accompagnée de deux autres portes plus petites ; à l'cï* t ré mi té est une Cour, à côté de laquelle un homme, monté sur le toit de l’église, touche d'une main on faite ûM
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 38u
sommité de celle leur, et de t'uutre au coq cftiï est sur une espèce de Bêche ou de perche : je crois qu'on a voulu désigner par cet Item me les sonneurs de cloches. Audessus de l'église on voit une main qui sort des nues. On trouve fréquemment celle main dans les médailles des derniers empereurs de Constantinople* Elle est aussi au-dessus de le tète de Charles le Chauve , dons In belle Di hle que ce prince avait donnée à régisse de Meta , et dans son livre de prières.
On croit communément que celle main , ainsi posée sur la tête de ccs empereurs, est pour désigner qu'ils tenaient leur couronne de Dieu ; cette explication ne convient guère à la place qu'elle lient dans notre tapisserie, Elle est non au* dessus de la tôle du prince , mais nu-dessus d’une église. Pcut-élre n-l-on voulu exprimer plus particuliérement par là la sainteté de ce lieu. La bière est portée par huit hommes ; elle est d'une figure presque carrée, traversée de plusieurs bandes, et chargée de petites croix ci autres ornements, De ces huit hommes, quatre sont en devant, cl les quatre autres derrière; ils la perlent sur leurs épaules par le moyen de longs bûtems excédant la bière . deux à chaque béton : c'était alors la manière de porter les morts. Cet usage s'eal conservé jusqu'à nos jours, et les hnnounrs ou porteurs de sel, qui avaient ïe privilège de porter les corps ou les effigies de nos roîs, perlèrent encore le corps ou l'effigie de fleuri IV de la même manière, sur leurs épaules, en 1010. Aux deux côtés de la bière paraissent deux autres hommes qui ont une sonnette en chaque main. L'usage d'avoir des porteurs de sonnettes dans les pompes funèbres, et qui subsiste encore en la personne des jurés erreurs lorsqu'ils vont faire leurs semonces, est très- ancien, A La suite du cercueil on voit un groupe de personnes qui semblent toutes foudre en pleurs et en gémissements. Tous les auteurs conviennent qu'Édouard fui irès-rcgrcüè de ses sujets.
Harold ne perdit pas □□ moment de temps pour s'emparer du trône. A peine le corps d'Éduunrd fut déposé à Westminster, que le jour même il se fit proclamer roL Cet événement n'a pas été oublié dans la tapisserie. On voit Harold . son manteau sur res épaules , appuyé sur sa hache d'amies ; deux hommes aussi en manteau sont devant lui ; Tun lui présente d'une main une couronne , et l'autre semble lui montrer que c'est in couronne d’Édouard, L'instant de In maladie, par le dérangement que j’ai dit ci-dessus, te trouve être placé à dHé de cet autre instant de la proclamation. L'autre homme qui est devant HarolrL et qui semble lui parler, lient une hache d'arm es. Hic dederunt Haroldo coron im régis*
Le morceau qui suit immédiatement représente Harold sîégant sur le trône, lï est en manteau , une couronne à trois fleurons sur la tête ; de la main droite il tient un sceptre , et de lu gauche un globe surmonté d'une croix i flic réside t Harold, reœ Àngîortm. A côté de lui, sur la gauche, est un homme étendant les deux mains ; sou habillement de dessous est long, tra îna rit jusqu'aux pieds ; par dessus eu est un autre qui ressemble à une ehasub'e avec un pallium ; on voit aussi les deux cordons d'une ceinture : au-dessus de sa tête il y a : Stigand ai\hiepis* copus . Ingu! fc el son copiste Florent de Worcester disent que ce fut Aldred , archevêque d'York t qui fil la cérémonie du couronnement de Harold ï Guillaume de
Poitiers et Orderie Vital rapportent, au contraire, que co fut Stigand , archevêque de Cnntorbéry, quoique les autres prélats et barons du royaume n'eussent point donné leur consentement a celle élection . et que cet archevêque fût lui-même en interdit prononcé contre lut par le pape Alexandre IfT à cause de plusieurs irrégularités et pour accusation de simonie. Ce témoignage de ces deux historiens . appuyé par la tapisserie , me parait préférable à tout autre , d'autant plus queT dans Sa conduite que le due Guillaume, devenu rut d1 Angleterre par la victoire remportée sur Harold, tint avec Stigand, il parait que ce prince était mécontent de ce prélat. Il ne voulut point être couronné par lui . quoique cela lui appartint de droit, comme le remarque in golfe , et ii déféra cet honneur à Aldred , archevêque d’York. Jj fit plus; il le fit déposer dans le concile de Winchester, tenu deux ans après t en 1068, et donna son archevêché à Lan franc, premier abbé de Salnl-ÈLïenne de Caen.
Aux deux côtés du trône de Harold on voit ses nouveaux sujets, dans i action de le reconnaître pour leur prince ; û droite deux hommes, ayant Je manteau sur l'épaule, l'un desquels lient une épée haute, me paraissent représenter la haute noblesse et Ses barons. A gauche un groupe de gens présentant leurs mains et baissant la tête, représente parfaitement ta situation où la plus grande partie des Àngla:s se inmva alors . si l'on s'en Lient au récit d’ürderic Vital, Ce grand événement est suivi d'un autre dont tous les historiens ont fait mention ; j'entends parler de la coméLe qui parut dans le mois d'avril de cette même année 1066, et qui donna lieu a ccs deux vers léonins :
Amin mllleno feinte no quoqtte son o,
An^lorum rnutæ flammé sentie comcttE.
Il y a quelques vnriaLïons entre eux sur le jour du commencement de son apparition et sur sa durée, la Chronique saxonne la place au 14 des k ai codes de mal r c'esba-dire au 18 avril ; Florenl de Worcester et Berlold de Conslan-e ( qui a continué la Chronique d'Hermann us Contractas jusqu’à l'année 1100, temps auquel ou croit qu'il mourut} la mettent au 8 d s mêmes kalendes (%î avril). Le F, Labbe corrige Oertold , qui est Tunique auteur qu'il cite , et veut que ce fût la veille , 23 du même mois. S’il en faut croire Florent de Worcester. elle dura sept jours ; selon le Roman de Ron , quatorze; selon Orderie Vital et Guillaume de Jumiége*, quinze ; enfin Bertoid , et après lui le P, Labbe . disent qu'elle parut pendant trente jours.
Les spéculatif^ du temps ne manquèrent pas d'attribuer à ce phénomène le changement que l'expédition de Guillaume en Angleterre y causa p< u de temps après. Cest ce que font entendre les deux vers léonins cités ci-dessus, et ces autres vers rapportés dons uneehron que donn e au public par le P. Labbe:
Sexngcruis eratftextua mMIcshtiui annun.
CQm peratmt AngU, sicllâ inu murante cornet il.
C'est aussi dans le même sens qu'en parlent îngu fe , Orderie Vital , le Roman de Rou T Mathieu de Westminster,
Cette comète, qui parlait de T occident. ava l sa direction vers le midi. EJIc est représentée dans notre tapis-
THIERRY
aerie par une grande étoile , du bord de laquelle sortant des rayons qui forment aussi un cercle rayonnant. On voit des gens très-attentifs à la regarder : un d'entre eux détourne ta tête ; aurait-on voulu désigner par la la terreur qu'elle imprima sur les esprîls du plus grand nombre? Isti mirant Stella. Deux lignes tirées. Tune au-dessus du t de mii'ortt, et l’autre au-dessus de Va de slella, déterminent â lire, isO mirantur steliam.
Il est diffiëlte de dire précisément ce que le morceau s □! va ni indique. Harold est dans son trône , appuyé sur sa lance, une couronne sur la lêle; il parait approcher son oreille d’un homme qui lui parle. Pour inscription 11 n’y a que Harold ; mais commet dans la bordure , sous ses pieds, il paraît qufon a voulu représenter la mer couverte de petits batiments, et que l'on sait d’ailleurs qucTosti, frère aîné du Harold, mécontent de ce que celui-ci lui refusait ta part qui lui revenait de la succession do Godwin, leur père commun, apres avoir engagé les Norvégiens dans son parti, fit une descente dans le nord de l’Angleterre, avec plus de soixante vaisseaux, îl y a apparence que r’est celte invasion qu'un courrier vient apprendre à Harold, invasion qui l'obligea de se transposer vers ces qdïïrtiers-là avec précipitation , et qui l’y retenait encore torsque Guillaume débarqua près de Haslings, La nouvelle de l'usurpation de la couronne d’Angleterre par Harold parvint bienlôL jusqu'au duc de Normandie. Ce fait est désigné dans la tapisserie par un vaisseau qui aborde à ferre : un matelot marchant sur la grève y vient jeter l'ancre ; d'autres ploient les voiles: Hic navis anglica oen/f in terram Wiltdmi duels. St on en croit Ortleric Vital, ce fut Tosti lui-même , frère de Harold , et beau frère du due Guillaume, parce qu'il avait épousé la sœur de sa femme, qui détermina ce dernier à passer en Angleterre pour revendiquer une couronne qui lui avail été promise , et pour L'assurance de laquelle Harold s'était engagé avec lui par serment solennel. Le Roman de Itou et la Chronique de Normandie s’étendent assez au long sur les conseils qu’il tint à cette occasion t sur les expédients dont il se servit pour obtenir des secours considérables de ses sujets et doses alliés. Je n’entrerai point dans ces détails, tant parce que Guillaume de Poitiers ni Orderic Vital n'en parlent point, que parce que la tapisserie passe aussi tout d’un coup aux ordres qu’il donna pour faire construire des vaisseaux et travailler aux préparatifs nécessaires pour son embarquement : Hic Wûtehn. J assit naves œdificare. Il est assis sur Sün Irdnc, son manteau rejeté entièrement sur ses épaules, les mains sur ses côtés ; à sa gauche est un autre homme, aussi en manteau, assis, qui, en étendant la main vers un ouvrier qui tient un Instrument à peu près semblable a une cognée, parait ordonner. du moins détailler les ordres de Guillaume. Je crois qu’on a voulu désigner Robert , eomle de Mortain . frère utérin du duc, et frère de l’évêque de Rayent , qui eut très-grande part a foute cette expédition, et à qui sa naissance d’ailleurs donnait beaucoup de crédit à la cour du duc, A la droite de Guillaume est un au Ire homme debout ; U a uu manteau : ccl habillement me fait croire que c’esl quelqu un des barons ou principaux officiers du duc.
Le morceau suivant nous représente r exécution de ces ordres ; deux hommes abattent, « coups de hache,
JUSTIFICATIVES
des arbres ; un troisième les ébranche ; un quatrième les dole, les équarrïl; d’autres travaillent à construire les bâtiments mêmes. J’ai déjà dit qu’un des instruments qu'on voit Ici ressemblait à une hache ou cognée : Il a le manche court, et le fer à deux côtés , un peu recourbé par un bout : c’est peut-être ce qu’ils appellent besagués. Un des constructeurs appuie les deux mains sur un outil ; ce peut être une torrïère ou doloïre.Tout ce morceau, représentant les travailleurs, n'a point d'inscription. Celui qui suit en a une : Hic tràhunt naves ad mare. On voit des hommes tirant avec des câbles des bâtiments qui n’ont point leurs mâtures. Ces hommes paraissent dans Veau jusqu'à mi-jambes. On n'avait point encore imaginé d'autre manière de lancer les vaisseaux à la mer. Ë$s bâtiments ne paraissent pas avoir beaucoup de hauteur n et par leur forme ressemblent assez à nos galères, On voit ensuite transporter dans ces bâtiments les provisions de guerre et de bourbe. Des hommes portent deux à deux, sur leurs épaules, des habillements de fer, eL dans leurs mains des haches , des casques, des épées, îles massues T des lances ; d'autres portent des sacs, des barils. Un char à quatre roues, chargé d'un tonneau et de beaucoup d'armes , est tiré par deux autres hommes* Four inscription on lit : Isti portant armas ad naves , et ht trahuni cnrrum cum vino et armis . Ce n'est pas seulement dans ce passage ou Ton trouve arma au féminin. Quelques auteurs de la moyenne latinité l'ont employé en ce genre.
Enfin, tout étant prêt pour rembarquement, Guillaume se rendît au port de Rive, qui est apparemment celui de Saint- Sauveur, à l’ embouchure de celle rivière dans ta mer : c'était te quartier d’assemblée. On voit ce prince à cheval, son manteau rejeté sur l’épaule gauche ; de la main droite il porle sa lance, au bout de laquelle est attaché un gonfanon ; il a derrière lut un groupe de cavaliers armés de leurs lances et de leurs boucliers. Il faut remarquer que Guillaume cl sa suite ne sont point en habillement de guerre, parce qu'il ne s'agit encore ici que d'aller au rendez-vous où ses troupes l'attendaient.
La navigation se fil for l heureusement ; elle est représentée dans ta tapisserie par des bâtiments voguant â pleines voiles : l’exactitude de l'ouvrier a été jusqu’à en représenter de petits et de grands ; les premiers ne sont chargés que d'hommes, les autres le sont d'hommes et de chevaux.
Le grand vaisseau que le duc monte se trouve dans le milieu de celle flotte: il est distingué des autres par une bannière chargée d'une croix. Ou a voulu apparemment désigner le gonfanon que le pape Alexandre II lui avait envoyé, comme un témoignage qu'U approuvait son en* Lreprisc.
La tapisserie représente ensuite le débarquement des chevaux. Hic eweunt cabalti de nctvibus. ün voit un vaisseau sans voiles et dont on abat les mâts ; il est sur la grève ; uu homme, qui est descendu à terre , lient par ta bride deux chevaux qui en sortent. De ta manière dont se fait cette descente de chevaux, ces vaisseaux devaient être fort plats ; îl y en a d’autres à côté qui sont déjà déchargés , et qui sont sans mâts et sans autres agrès, rangés les uns à côté des autres. Au morceau qui suit , on voit quatre hommes à cheval , qui galopent à tonies
jambes. Ils sont armés en guerre * l'habillement de Ter. le bouclier, ta lance en avant ; deux d’entre eux ont au bout de leurs lances des pennons ou étendards. La tapisserie n/a point nsses distingué dans tout son cours ces deux différentes espèces d'étendards, pour qu’on puïssey reconnaître le baron d'avec le simple chevalier. L'jn» scripLlon nous apprend &q ùd dessein se fait celte course : Mt hic 9 hitites ftëtinavsrimt Hasi/ngas ut cihum râpèrent. Après avoir représenté ces cavaliers qui galopent jusqu’à Hûsitngs, petite ville éloignée d’environ trois lieues de Pcvensey, pour y chercher des vivres, on voit di s hommes à pied qui reviennent avec le butin qu’ils ont pris : l’un porte un cochon, l’autre mène un mouton, un troisième a sa hache levée pour tuer un boni T qui a la cuisse percée d'une flèche ; un quatrième semble avoir sur ses épaules un paquet de hardes ou de toile.
Ce qui suit est bien moins facile à expliquer. C'est un homme à cheval tout armé do fer, avec une espèce de chaperon ou bonnet aussi de mailles de fer sur la tête, portant son bouclier dans le bras gauche, et à sa main droite un long bâton, ayant pour chaussure aux jambes des bandelettes, comme j"ai déjà remorqué ci-dessus que Guillaume} Harold et les principaux de sa cour en portalent. Devant lui est un autre homme à pied etéperonné, tenant un cheval par la bride, et su hmho*d armes sur l'épaule. Pour inscription it n’y a que Hic est Wadatd. On a examiné attentivement cet endroit de la tapisserie, et U est certain qu'il n’a jamais eu que ces trois mots. Ils ne suOscnt pas pour nous faire entendre ce qu'elle a tou lu représenter Serait-ce le sénéchal de Guillaume qui donne ses ordres pour ta retraite des coureurs ? ou serait- ce quelque autre baron ou principal officlrr qui irait à la découverte ? C'est ce qui me paraît difficile à deviner. On ne trouve rien dans les autres contemporains qui puisse mener à aucune conjecture raisonnable ; et de cet endroit, comme encore de quelques au 1res , où Éa tapisserie a conservé des faits et des noms propres inconnus aux autres écrivains de la conquête d'Angleterre, il est aisé d’inférer q mt n'ayant copié aucun historien, ; elle doit être regardée comme un morceau original , et fait dans te temps même de ce célébra événement.
Immédiatement apres ce Wadard „ on voit des gens travailler au repas. On peut y remarquer la manière do cuire les viandes , et tes instruments dont on sc servait alors. Beux hâtons fourchus, traversés par un autre, soutiennent une espèce de chaudière qui est sur le feu ; deux hommes sont occupés a la poser : Hic coquitur coro, Il semble que celui qui les suit retire , avec un instrument crochu, des gâteaux ou autre pâtisserie- On en voit d’autres qui présentent le rôt a des officiers qui arrangent les mets sur une table : Et hic ministraverunt miatstri. Entre ces officiers, qui sont tous debout autour de celte première table , il y en a un qui boit dans une corne. J'ai déjà observé, dans l'explication du premier morceau de celle tapisserie, que l'usage de boire dans des cornes de bœuf dorées était commun en Angleterre et dans les pays du Mord. La table du duc vient ensuite; ! îl y a plusieurs choses à remarquer : 1" elle est en demi cercle. Le II. P. D. Ucrnard de Montfaucon en a rapporté plusieurs exemples tbez les anciens, et l'usage n'en est pas encore aboli. 2° Elle est fort chargée de différentes choses ; ou y distingue des poissons , dn pain
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ou gâteau, des tasses ou petites bouteilles ou burettes 5° Le service se fait par lé devant de celle table; on voit un officier à genoux, présentant une espèce d’écuelle coti verte. Il y a pour inscription au-dessus de ce morceau de la tapisserie : Flic feccrunt prandeum, et hic épis* copus cibum et p&tum benediæit. Il est vraisemblable que cet évêque est Eudes, évêque de ïïayeui. On distingue facilement dans ce prélat l'action de bénir; on l'a représenté élevanL deux doigts sur une coupe qutî tient; à sa droite est le duc ; on le reconnaît au manteau que lui seul porte à celte table. Le repas étant fini, et toute la flotte de Guillaume arrivée, U était naturel que ce prince délibérât sur le parti qu’il avait à prendre dans celte conjoncture. Guillaume de Poitiers rapporte qu'un seigneur normand, qu’il appelle Robert . fl fs do Gui mare, dame d une grande naissance, qui était établis sur ces eûtes, craignant que le duc, son souverain naturel, pour qui il avait une amitié 1res -tendre, n'eût formé une entreprise trop hardie de descendre eu Angleterre . lui envoya un exprès pour l'avertir du danger auquel il s'élail exposé, et des forces et prospérités de Harold.
G u ilia nme tint un conseil sur ce qu’il avait à faire. Pour désigner ce conseil . la tapisserie représente un appariement dans lequel trois personnes sont assises . cl parlent entre elfes. Ce n’csl pas que ce conseil ne dût être plus nombreux : y a-t-il apparence que, dans une pareille conjoncture , Guillaume eut négligé de prendre l'avis des plus considérables d’entre les seigneurs et les généraux qui l'avaient suivi ? Maison s’est contenté d'y mettre les trois principaux , et leurs noms sont écrits audessus de leurs télés. Celui du milieu , c'èst le duc luimême ; il a son manteau retroussé à l'ordinaire sur ses épaules, et il tient son épée élevée, en marque de commandement, la pointe en haut. Pour inscription , Villehn. À sa droile est un autre homme aussi en manteau, sans épée ; Odoep. ; cTesl Eudes, son frère utérin, évêque de Baycux. Celui qui est a sa gauche n’a point de manteau, il tient son épée surscs genoux : Rùtbcrt , ; c’est Robert, comte de Morlaîn, autre frère utérin. Nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de parler deux. Lo résultat de ce conseil fut qu’on se fortifierait dans les environs du lieu où l'on avait débarqué. Jlnslings, petite ville avec un port de mer, qui n’en était éloignée qu‘ environ de deux lieues, était ce qu'iJ y avait de plus convenable, Guillaume ne perdit point de temps pour l'exécution de ce dessein. On voit ce prince avec son manteau et sa chaussure en bandelettes, debout , s'appuyant sur la lance à laque Je est attaché un gonfanon chargé d’une croix ; il donne ses ordres à un homme qui porte des outils propres à remuer la terre. D'autres, chargés de pareils instruments , marchent vers Haatiogà ; il y en u deux qui paraissent s’assommer à coups de massue ; du moins ont-ils chacun la leur appuyée sur la tète de l’autre : serait-ce un jeu on exercice de ce temps-là, ou l'auteur de la tapisserie aurait-il voulu faire entendre qu’îl y eut quelque petit combat entre les soldats de Guillaume elles habitants de Ha&tings, ou des environs ? Les historiens n’en ont point parlé ; ils conviennent tous, ou contraire, que Guillaume ne trouva aucune résistance de la part des peuples, La lopUseric représente ensuite les travaux qu’on fait à IMiiigs. Le duc y préside , il
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
est dans la même altitude que ci-dessus, lorsqu'il donne ses premiers ordres. Entre les travailleurs, ï'un creuse la terre avec un outil semblable à nos pics ; d'autres l'enlèvent avec des pelles faites à peu près comme celles dont on se sert encore , un peu pins étroites à lu vérité ; ou peut aussi y remaquer noire bêche, puisqu'un y voit un instrument large et aigu par un bout, el avec lequel un homme, qui est dans ta même posture que nos bêcheurs a ouvre la terre. Au-dessus de ces travailleurs est uu château paîissadé. Pour inscription il y a : Castra. Pendant que G ni 3 la unie se fortifiait ainsi, il apprit que Harold s'avançait avec des troupes ; la tapisserie n'a pas oublié ce fai t : Hic nnnUutum est Wiilolmo de Harold, Ce prince, assis sur un siège a dos arrondi, et tciianL son gonfanon eu main, écoute un homme qui a le geste de quelqu'un qui parle avec action ; celui-ci ne doit pas être du commun, il a un manteau, une épée, et s'appuie sur sa lance. A La suite de cette audience , on voit dans la tapisserie I ncendie d une maison ; deux hommes y mettent le feu avec des flambeaux ou brandons, et une mère effrayée, tenant son enfant par la main , parait en sortir ; on peut remarquer les manches larges de l'habillement de cette femme ’ Hic dan us inandttur.
Le duc de Normandie était brave el trop habite pour attendre Harold dans ses retranchements ; a peine eu Ht appris sa marche, qu'il se détermina aussitôt è en sortir : c'est cet événement que la tapisserie représente immédiatement après l'incendie dont j'ai parlé. Ou voit ce prince donnant ses ordres pour marcher ; il n’est plus en habit ordinaire, il n'a plus de manteau, ni de chaussure à bandelettes , comme on Ta vu depuis son débarquement ; lî û toute son armure à mailles de fer, sou calque en lèle ; Il semble sortir de lu porte d'une forteresse et s'appuie sur sa lance , à laquelle est attaché son gnnlïmou croisé ; il parle à un homme à pied qui Lient un cheval par la bride ; cet homme est Sans armes, ce doit être un des valets du duc qui lut amène son cheval de bataille.
On voit ensuite cette marche, qui est indiquée par ces autres mots: Et vénérant ad prailiitm contra i taraidum regem* Toute la troupe est à cheval, et elfe marche en cet ordre. Le duc a sou armure de mailles de fer. son casque à nasal, et porte eu sa main une massue, ou plutôt son béton de commandement ; celui qui le suit porte aussi une massue, qui ressemh e assez a une main de justice ï je crois que c'est l'évêque de Baveux : le troisième a un bouclier et sa lance ; ce pourrait être Robert, comte de Horlaln : le quatrième porte au bout de sa lance un cm le a rayons. Il n'est pas facile de deviner ce qu'on û voulu désigner par là ; ce ne doit pas être une arme, de quel usage pourrait-elle être? Il faut plutôt que ce so t quelque pièce honorable ou ornement de dignité ; serait- ce la couronne ducale de Guillaume ? M* du Gange a prouvé qu'elles étaient déjà connues avant ce temps-là ; mais en faisait on parade dans les t ipédctiuiiB militaires ? Enfin, A-t on voulu indiquer, par celle marque de distinction, le sénéchal du duc, charge qui meltait celui qui en était revêtu a la tète des ar tuées , de la justice et de lu maison de son prince ? Guillaume la conféra pour celte occasion à Guillaume, fils d Osbert, son parent. Le reste de la troupe de cavaliers qui suit Guillaume n'a rien de smgu’îer : ils mar¬
chent de front trois a trois ; leur armure, leurs casques , leurs boucliers, leurs lances qu'ils présentent en avant sont semblables à celles que j'ai déjà décrites.
Dans le cours de cette marche , un cavalier que Guillaume avait envoyé à la déeem verte . revient au grand galop lui rapporter ce qu'il avait vu: Hic Wiltetmus dum ïnterrogat Fitat, si viduset exercitum Ilaroldi. Le cavalier, qui a sa lance sur l'épaule droite, lui répond et semble montrer, par le geste qu’il fait de la main gauche, que Harold avec son armée n'est qu’à une très-petite distance. La tapisserie seule appelle ce cavalier au seigneur Vital; c'est une de ces circonstances qui lui sont particulières, el qui prouvent qu’elle n’a pu être travaillée que dans le lem[is même de l’événement, où fon savait jusqu’aux moindres particularités. En avant de ce meme Yilai, ou voit deux cavaliers , dont l'un parle un étendard ordinaire sans croix ; il est armé, U a un casque avec le nasal; fautrc aussi armé, au beu de casque , a un bonnet ou chaperon maillé, tel que celui que porte le Wadard que nous avons dit ci-dessus nous être inconnu ; fs sont tous deux sur une éminence : sont ils là en observation ? Sont-ee des gens envoyés pour reconnaître lu disposition des troupes de Harold ? Je serais fort porté à le croire* lutùteà explora Cum direeti dacis jussu proèattsshni équités hostem adessc çitü riuntiunt *
Harold, de son côté. ne devait pas être moins curieux d’apprendre en quel état était l'armée de Guillaume ; plusieurs espions furent dé lâchés pour cela. La tapisserie en représente un qui est à pied, armé de mailles de fer, de su lance, de son épée el de son bouclier ; il est moulé sur une éminence, dans faction d’un homme qui regarde avec attention ; il lève la main droite comme s'il était étonné, soit de la bonne contenance cl du nombre des troupes de Guillaume * soit de quelque autre chose extraordinaire ; on le volt ensuite descendre de celle hauteur et courir vers son prince, à qui il rond compte de ce qu’il a observé, et annonce par un geste de sa main, que Guillaume s’avance avec son année : Istc mmçi'of Haroidum de exerciiu Wilhlrtii ducts. Je viens ou morceau qui suit immédiatement la réponse de f espion de Harold à son mairie: il représente L'instant ou Guillaume harangua ses troupes avant La bataille.
GeUu circonstance de la harangue de Guillaume est représenté© par ce prince, armé comme nous f avons vu ci- des s us, tenant son bâton de commandement dans sa main droite, et étendant sa gauche en action d’homme qui parle \ Le seul cavalier qui est immédiatement devant luit tourne la tétc pour f écouler, tout I© reste de sa troupe s'avance au galop vers f ennemi. C'est ki que La bataille commence.
Guillaume de Poiriers, Orderic Yltal, etc., disent que Guillaume rangea son armée de la manière suivante. Il forma sa première ligne des archers â pied, qui étaient armés de flèches ci de dards* À la seconde, d’aultei gens à pied, mais mieux armés et garnis de cuirasses, La cavalerie; faisait la troisième : n'est à celle-ci qu’il se tint lui-même, ha tapisserie semble avoir observé le même ordre de bataille. On voit premièrement des archers a pied qui ne sont point cuirassés ; derrière eux , d'autres archers couverts d’armures a mailles de fer; ils sent suivis de la cavalerie. Les mêmes auteurs dont le viens
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
de parler ajoutent que les Anglais, s'étant emparés d'une hauteur, abandonnèrent leurs chevaux et formèrent un corps serré, Guillaume de Malmesbury, qui enchérit volontiers sur ce que les autres ont dit avant lui, leur fait f lire à peu près, avec leurs boucliers, ce que les anciens appelaient tortue ; il semble que la tapisserie l'ait voulu aussi représenter. On voit un gros d 'Anglais Lrés-pressés les uns contre les autres, armés comme tous les autres que nous avons déjà décrits ; ils sont couverts de leurs bouchers du côté qu'ils présentent à l'ennemi ; la plupart ont des haches ; un seul archer à pied est sans armure et sans bouclier ; Pair est rempli de lances, de dards et de carreaux On peut remarquer une des pierres ou carreaux au bout (Ton fnst on bâton ; la terre est jonchée de corps ; la bordure tnférimre do la tapisserie eu est remplie dans louteia suite de cette bataille ; entre ces corps étendus à l'endroit que j'eiplïque à présent, en est un dont le boucher est rond , élevé à pans, et armé d'une pointe aiguû dans le milieu. J’ai dit ci-dessus que cette forme devait être particulière aux Anglais , puisque les troupes de Guillaume n'en portent jamais que d'ovales, sans pointes et peu concaves.
Notre monument ne pouvait pas oublier la mort de Léofvrin et de Gurtb > fiêres de Harold, qui périrent en ce combat : aussi en fait-elle un des événements. Rien cependant ne les distingue , à proprement parler, que i'inst ri pli on : Hic cecidenmt Lofwine ef Gurde, [mires Harotdi régis. On voiL seulement deux hommes armés qui sont renversés par terre. Au reste, il faut observer que la tapisserie, plaçant ainsi la mort de ces deux princes dès te commencement du combat, s'éloigne en cela du sentiment des outres historiens , qui ne la mettent qu’aprés celle de Harold.
Le morceau suivant représente le moment où les Normands, s’étant engagés dans des herbes qui couvraient un ancien retranchement, y furent repoussés vivement par les Anglais ; il en périt beaucoup en celte occasion ; les Anglais y perdirent aussi des leurs, que les Normands entraînèrent avec eux; on entrevoit dans la tapisserie ces herbes, on voit des hommes et des chevaux cul butés, d’autres août précipités de dessus une hauteur, Hic ceci* dêrunt simul ÀngU et Franc i in prwlio.
Peu s'en fallut que celte aventure ne mit le désordre dans toute l armée de Guillaume : J évèquc de Byycux lui fut dTune grande ressource en celte occasion importante ; îl arrêta les fuyards , les ramena par ses discours , et les exhorta de revenir au combat* On voit ce prélat , qui, élevant sa massue, parie a un cavalier qui tourne le dos à l'ennemi, et qui a sa lance sur son épaule, comme s'il fuyait: Hic Odoepiscopits baeuhtm /emmx confortât puer os. Car c'est ainsi que , dans le dernier examen que M. l'évêque de Baveux a fait Litre de cette tapisserie, on a découvert qu'il fallait lire les lettres qui étaient presque effacées et» cet endroit*
Les exhortations de ce prélat eurent (ont l’effet qu'il pouvait souhaiter ; les Normands revinrent avec ardeur au combat. On les voit s'avancer au gaîop en contenance Jure, et tous, lepée nue à la main , rejoindre Guillaume. Ce prince savait que le bruit de sa mort s'ébat déjà répandu ; îl avait été effectivement blessé, et avait eu dé, à deux chevaux tués sous lui ; U se perle en différents endroits t ôte son casque , et, à vîsige découvert*
se fait voir à toutes ses troupes. C’est précisément cette action que la tapisserie représente après celte derévéque Eude, Ou voit Guillaume qui lève son casque , et qui, se montrant aux cavaliers qui le suivent, leur dit ce que l'inscription porte : Hic est WUtetm. dux , À côté de lui est son porle-gonfanon. qui semble leur répéter la même chose*
Les Normands, excités par In présence de leur prince, tombèrent avec ta ni de furie sur les Anglais, qu'il les mirent en déroule, et percèrent jusqu'à l'endroit ou llarold s'était retiré avec son étendard ; il avait été blessé é l’œil * dés le commencement de la bataille. Ces! le dernier événement qui soit bien distinct dans te tapisserie : Hic Haroldus inter fectus est. On voit ce prince tombant par terre ; prés de lui sont trois hommes à pied, l'un desquels semble tenir on étendard, auquel est attachée te figure d'un dragon ou autre animal extraordinaire. On peut aussi remarquer quelque différence dans leurs boucliers ; un f entre autres , est a pans, et a une pointe aiguë dans te milieu. Je crois qu'on a voulu désigner les Anglais que llaroid avait près de lui , pour la garde de sa personne et celle de l'étendard. Immédiatement après eux, est un cavalier qui donne un coup d'épée dans la cuisse d’un corps étendu* Cette action, ainsi représentée, peut convenir à la manière dont Guillaume de Malmesbury rapporte te mort de Harold ; il dît qu'on chevalier ayant trouvé le corps de Harold parmi les morts, il lui coupa la cuisse, et que, pour ce Irait, si indigne de son état , il fut chassé du nombre des chevaliers*
On ne voit plus, dans ce qui reste de te tapisserie, que des traits qui tracent des figures ; peut-être n'y a-t-il j imnis eu que ces traits , peut-être aussi le temps et les différents accidents qu'a essuyés celle extrémité de te tapisserie, onl rongé le tissu ; ou entrevoit cependant, à te faveur de ces Lrnils , des hommes à pied armés de bâches et d’épées qui combattent contre des cavaliers ; d'autres s'enfuient à toutes jambes. L'inscription qui explique cette cïrconsLance se peut encore lire : Fuÿâ vertenint Angti. Ces mots, peu conforme* à te bonne iatin ïté7fugd verteruntt étaient du goût de celui qui a fait les Inscriptions de ce monument ; Ü les avait déjà employés dans l'expédition fade par Guillaume en Bretagne : Et Conan fttgû vertu.
XX WVV\ VWVV V w-v
DÀLLADE POPULAIRE j COMPOSÉE AU SEIZIÈME SIÈCLE , SLK LA RÉSISTANCE UES HOMMES UE KENT A GUI L LACHE LE CONQUÉRANT.
Wlieo as the iJuke of Karmandy VVîih gliaiering spear and £Îiîek1,
Il ad énlored iniû ftur Eogland ,
And foi 1 ’U his foèS in fleld :
On Chrïstmas-day in solemn sort T h en w as he mmued hcre ,
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
By Al dred archbîshop of York^
Wlth many a noble peer*
Wlch bcing do ne J lie rîianged quitte The cuMoms of Ihis land ,
And ptinUh'd siich as daily sought His al a Lues La wiihstand :
And many ciliés he su bd u VI Pair London wlth lhe rest j But Kem did sliil wiihsiand his force T And did bis laws detest
To Dover then he look bis way,
The cas lie down Eo Bing Which Amragus Imildeü lheré ,
The noble Br ni s h km g.
Wbicb wben lhe brave archbisbop Ijoid Qf Camerbury knew,
The abhot of saint Augustines cke , WUb ail their ga liant crew :
And now his hearl wilh lear did quake To seea forest go ;
ïiefnre. behind and on eadr side ,
As lie did cast bis eye ,
He spy’d lhe wood wilh soher pac© Appi oach 10 bien fait ni g h.
But wben lhe Kenlish rnen bad thus Enclos’d l lie conqneror round ,
Mosl suddenly lhey drew tbeir swords , And Ibrew tlieir bouglis lo grouad £
Their bnnners Lhéy display tn sîght Tbeir trompe U Sound a charge , Their rail in g dru ms strike up alarnTs , Their troop» si reich oui at large.
The Conqneror w itli ail bis train 9 Wcre lie real sore agast ,
And mosl in peril, wh.cn lhey iliought Ail péril bad betru pa&t.
They set ihemselves in armour bnght 3 Thèse misehiets lo prêtent Wlth ail tlio yeomen brave and hold Thaï were in fitiiiful Kent.
ÀE Csnterbury did Ibey meet U pou a certain day3
With sword and «pear, wilb bill and Jjow And stopl lhe conqueror'a way
Let us not yield like hond-raen poor To fi ench-men in their pride ,
But keep our ancient liberly,
What chance so efer bc tide t
And rallier dye iu bloody field Wsüi ma ni y courage prest , îhan lo endure lhe servile yokef Which we so much de test
Thus did Üie KoiUisU coin mous cry Unlo their leaders su II,
And so njarch'd forih in warlfke sort r And stand àt Swantcomb-hill :
There in lhe woods they hid tbcmsel ves ünder ihe thadow green t Therehy lo gel lhem ventage gond f Of ali their ]:0£s uoseen
And for lhe Conquérons coming lhere They prÏYily laid wail And ihercby suddenly appalVj Mis iofly higb concell ;
For w h en lhe y spyed his approach Jn place as they didsland,
Then niarched lhey to h un wîlh speed , Eaeh one a bougb in handÿ
So lhat unio tbe Conquérons sight, Amazcd as , he slood They seenFd to be a walking grovc?
Or eîse a moving wood
The shape nf man lie could not see T The honglis did hide tbem so ;
tJoto the Kenliahmen he eenl ,
The cause to understand ,
For what intenl , and for what cause They Look thls war in h and ;
To whom they mode ihis short reply.
For Jihcrly vve fight ,
And lo enjoy kiqg Edward^ laws The whiche we hold our riglil ,
Then said lhe dreadfol conqneror Yo shall hâve wbaL you will ,
Tour aneient cusloins and your laws , So tliat you will be sUJI 5
And earh thïng cl se lhat you will crave Wilh roason ai my hand ,
So you will but acknowledge me CbieF king of fair Eugland.
The Keothhmen agreed ihereon3 And laid their arms aside ,
And hy Ibis mean kirig Edward1* lawt In Kent dotli still abide ;
And in no place in Eugland else These custams do remain ,
Which ihey hy manly poJicy Did of duke William gain.
DÉTAILS SL B LA REDDITION DE LONDRES, EXTRAITS DDK POÈME LATIN DÉCOUVERT DANS LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE BRUXELLES PAR H. P ER TZ, ARCHIVISTE DE S. M. B- AP ROYAL ME DE HANOVRE*
Intus craL quidam (1) cootraciua débilita le Hélium , sicque pedum segnis ab offieio j Valnerapro patriâ quùm non numérota (2j recepît, Leciicà vthUur* mobÜltate carens. [v. 700.]
fï} T.'.iuLciir parnîL Ignorer le nom de ce refAonnABC* ou'jl df" signe alüeiirfl .i«scz clairement comme le [u In ci pal LuagUtrat d* ta cité de Londres.
W Tour non numnrabtUrt, v, çl a pré*.
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
Omnibus Die lamen ynraattbus imperai urbls,
Ejus ètauxîtlo publicâ ras agîlur.
Hnîc , per legalum, clam rex poliora révélât Sccrelt, poseens quatcnùs bis f&veat.
Soins rex vocitetor, ait . sic cummoda regnl ,
Uijuhet An [gardas fl). suMHa cuncta régal*
Itîe quidem cautus caillé I égala recepit,
CordU el occulta coudiült in thalamo* iSalu majores* Cm ni le vitale repu Isa,
Ag greffât, el verbis talibus aUoquiLur: [710*]
u Egregil frai il s (2), lùm vu Lum sœpïus arle (Em ubi nec sensus varier, el a cl us ubï ? )
Cernilis oppresses valide cerla mine mu ms ,
Et circnmseplos ctadlbus innumcris ;
Molisel crèche Iratisceodil machina tartes , lelibus el valldis mrema scissa rtmûL Casibus à fiiuitis, ex omüï parte ruina Emînet, el no rira Corda U more inbanl ;
Àtque menus populi , mm\s pereussà pavore,
lîrbïs ad auxilium segniter arma mavet. [720,] ïïoaque for î ^ variai gladius , paver angitet mtüs $
EL nuLlum nobis praesidium superest.
Ergb , precor, vobis si spea est ulia salutïs,
Qu a tenus addatis vinbus ingenium j Est quùm præripuum , si vis succumbat in aclum , Quorî virilité acquit , fiat ut ingenio.
EriîgUm* nabis su [ter hoc pru denier agendum,
El pariler sanum quærere consilium.
Ce n seo quapropter, ai vobis constat bons sium,
H os tes diim I a lea n t o mni a q eæ pa t i in urs [730*]
Accîiüa docilis n osier legalus iil hosli Mi liai ur, verbis Fallere qui salagal ;
Se ri ilium simili et nos non el fœdera paeîs.
Et des iras de x Li se subdere si jubé al. >i Omnibus hoc plaçait ■ diclo velocïbs implent ;
Mitlitur ad regcin vit ratione capax,
Ordine qui retulil decorans sermone facélo LHile fraternum, non seeus ac propriam .
Scd quùrn vis patulâ lencatür compede vuipes, Fallitor à rege, fëîlere quem voluit. [7#-]
ftamque palàm laudat rex T atqne latenter ineptat Quidqnid ab Aosgardo mmiitis alttilerai (3).
Ohcæcat donïs riolidum verbisque feFellil,
Præmîa promillens in nu mer osa sihl.
111e retrô ru Lifo gradiens oueratus a b anro A quibtifl est miss u s talia dicta ce Fer t : te Hex vobis pacem dicit . profertque salutem Veslris mandatts parct cl absqu# dolis.
Sed* Demi nu m tester, Cui rerum servit imago,
P o ri aditum i ege m nesc i t ha bere rein ; [750.]
Pulchrior est sole, sapienlior est SaloniODc,
Protûjilior est magno largiorel Carolo.
Contulit El gu ardus qtiùd rtx donum sihi regni ,
Mollit rat et affirmât, vosqoe probaïse refert.
(I) Pour Etiwardus.
|2j Pour f retires.
(31 Ce vers présente une dlHiculLd assef emhurrassnnte- LTau* leur s’esMI fëssQÛvohu tout A coup tlu nom de l'homme que, quelques vers plus haut , II tléslgise par quidam, ou bien le mot Anstjard est-il ici autre choie îju'ttfi nom propre ? je me suis cIj^ cldt:, (ji.iinme un l‘.i vu , pour celte lïcriilCrc suppoüiUon, qui m'a paru expliquer plus naturellement ie passn^c lüLln, Éloigné de Farls, et prive demes livres, le uTal pu m'assurer le mat hansward se ircuvalt ronuellOdieiiLcltC cuimuc Litre du jnaglsLraturC municipale ; ujatsticn! dans cette expressEou, ne rCpugne A la lau-
Boc igitur snperoat , uîtrà ri vivere vuUia *,
Débita cum tnanihus reddere jura slbi* a An nu H b oc vnlgue , jnriiim probat esse seoatus ,
El ptterum regem cætus ulet que negaL YnUibus in tertâ defiexis . regis ad aulam Cum puero pergnnt , agmine composito , [7Û0*]
Redderc per claves urbcin ; sedare Fttrorem Oblalo^qaicrunL . munerc cum manihus*
NoviL ut adventtim Faclus rex , obvias ibis ,
Cum puero rcüqais oscilla grata dédit,
Ctilpas induisit , gratanter dona recepit.
El sic rcceplos tractai lionorific^.
Per fldeî speciemj propriam commendat honore mt Et juramentîs perfida corda ligau
Nü %.
NOMS DES PltïNCtPALES FAMILLES b’ ANGLETERRE , ÎSSCES UES COMPAGNONS UE GUILLAUME LE CONQUÉRANT , d'aPHES CNE ANCIENNE CHARTE CONSERVÉE Aü MONAS¬ TÈRE DE LA BATAILLE.
(Recueil de» historiens de Normandie, par Buchesne.)
Aumerle , Andeley, Angiiliam * Argenion , Arundell , AvenaiH, *Abel , Angers, Ange non, Archer, AspervUJe, Amonerdvdé, Àrey, Alceoy , Alheny, Aspremont j Bertrand, BouUécoiirt , Brausé, Byset, Bardolf, Basset, B oh un, BayliF, Bondevile, Barbason , Beer, Bures, Bon* vilain, Barbayon , Derniers , BraybéuF, Brand, Bouvile , Bourg, Buscbf, Blundell T Breton, Belassyse, Boursier, Bayon, Boulraere T Brun, Beke , Boulet , Baneri re , Belamy, Belknape, Beauchamp, Bandy, Broyleby, Burnel T Bclol, Deaufort, Baudoin, Bourdon, Bertevilierî, Barte, Bufisevile, Blond ; Beawpet, Brut, Earret, Bamevale , Barry, Bodyt, Bertcvïlo , Berlin, Bel eau, BuscbeU , Baie i tiers , Buffard, Boteîiers , Bal vile , Brassard , Bel bel me , Branche , Bolesur, Blondel, Burdel , Bïgol , Beau pont, Boules , Bel front. Barchamp \ Camus t Chanville, Chaouent , Chancy, Couderay, ColviLe, Chamberlain, Chambernon* Cnbet, Corbin , Corbet , Coniers , Chaiïdos , Coucy, Chaors , Qa rem aux , Clartd, Camoin, Chandnyt, Clarvaye, Chaeileloup, Colel, Créas y, Courienav, Connestable, Chaueier, Chaumelet , Corle ville , Champeney, Carré, Chaunes, Clarvel, Cham* pagne, Carhonell , Charles, Ch are berge t Chaumont, Cheyne, Courcy, Conell , Cita y tiers , Gheynes, Cateray, Che recourt, Chanville , Clereney, Cotirly j Deativille, Baicy, Dino, tiespenelier, Daniel , Denys , Druell , Devaux, Davers, DoningseLs, DareLI, lïelabere. Delà Polo, De la Lande , De la Vide , De la Wate , Do la Watche , Dakeng , Danlre, Desuye , Ü’Êvreux, De la Vere, Do Lille , De la Garde, De la Planche, Danbray, De lieuse, Djsard ,
gue saxonne, oï les deux mu ts coin posant A^wj et se trouvent
son vent employés dans le sens que je leur sti donné. Ou Lrouve dans UîckesUis {Trésor dts langues geptcntrwmfcf ) hamAtus comme synonyme de ÿuUd-hali, liùlel do ville; et, »î Je ne me trompe, burtjumr comme synonyme de burgh-meiter, bourg- . mCElre. Pc ces deux idhoifl a celui de hanfttuxrdr que j’ai cru découvrir s&ns la forme alléréè de antgard , 11 n'y a qiéun p.u. D'ailleurs, ce genre d'aUé ration est ordinaire a Fauteur du poéoie; M ém it Ehjuardt CL quelquefois jntgard, pour Edward. Mais, je le répété, fondée ou non, ma conjecture ne change rien aux circonstances du récit.
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
Durand , Givry ; E&lrange , EsLouLevHïe, Escriols, Eugayne, Evera , Eslourneyj Folvîle , Fi tz Gau I Lier, Fitz Marmaduk, Fi ber, Fitz Roger, Fitz Robert, Fauecourt, Fitz PhiEipe, Fitz Guillaume , Fitz Payen . Fitz Alain , Fitz Raulfe , Fjiz Brun Foke, Frevilte, Faconlirige, Frisse], Fil iot, Fitz Tbomas^Fitz Morice, Fin Hugues , Fitz Garenne , Fanville . Formay, Formïband, Frison, Finier, Fitz Urey, Fournirai, Fitz Herbert, Fitz Jean ; Gargrave , Granson , Gratcy , Glanvile , Gover, Gascogne, Gray, Goîofier, Crans, Gourly, Gordon, Gamages, Gond; H autant, Hastîogs, Haulay, Husie, llerne^Hanielyn, Harewell, Ilardel, Iteckcl. Hamond, Ha recourt; Jardin. Jay, Janviîe , Jasparvile; Kanon , Kyrid ; Leslrange , Levorry , Latinier, Lovedaf» Logenton , Level , Eescrope , Le mare , LîttevHe, Luey, I.isle? Longue-Espée , Longchamp, Lastels 3 LolereL Longval, Le Beausse , Loy, Lave; Marmillon, Moubray, Morvite, Manley, Maïebr<inche,MaIemain, Muscharop, Hnsgrare, Mesuï-le-Villiera , MoHtnain, Muse, Martin, Monibocber , Malevile, Monlncy , Malehcrbe , Musgros , Musard, Mautravers, Merke , Murm, Monlagu , Montaient, Mauduît, Manie , Manlory, Merny, Muffct, Meopincoy, Mainard , Morel , Mortey, Montmartîn Yners, Mauïey, Mainwaring, Manlel^Mayel, Morton; ftevile , New marché , Norton, ISorbet , Norece , Newbotirg , ïïede , Kormanvile j Otenel, OEn il- boeuf , Olifant, Oyael , Oliford, Oryol ; Pigot, Pcrcy, Perecont, Persil a te , Poure, Paynel , Per ho , Peverd, Perot, Picard, Pirdsey, Pïmeray, Ponsey. Pon chardon , Pyncbard, Placy, Patin, Pampiltou, PoLerel* Pekeney, Pervinke, Penh cord; Qiiincy, Quentin; Ro$e,Ridd , Ryne], Rous , Housse, Rond, Richmond , RtchPord , Reymond; Souche , Saînl- Quîntin , Saint-Omer, Saint-Arnaud , Saint- Léger, Somervile , Sanford -, Somery , SoinL-Georgo , SaEnt-Lëg , Savin , Saïnt-Clmid * Saint-Albin, Saînte-Iîarbc t Sandevile, Saint" More, SainUSeudcmor ; Tours , Toget, Taillebois, Tudiet , Trousselot , Trottsbout , Traynel, Taket , Tatbot , Tanny , Tibetot, TrnsseUTurbevile, TourrU&ÿTorël, Tâvert, Toret* Tirel , Totcls , Tavernier ; Valence , Yancord , Vavaasour, Vendier, Verdier, Yerdoa . Aubrîe de Vere , Vernon , Verîand , Verlay, Vernois , Verny, Viïan ; ünifroville , Umket, Urnal ; Wake , Waledger, Warde , Wardebus , Warcodtï , Wale, Waldin, WatevtJe, Woly, WyvdL
AUTRE LISTE DES CONQUÉRANTS DE l’aNCLETERRE- ( Estraite de la coronîquc de Bromptou-)
Mandeville et Pandeville, Oaifraville et Domfrcvïlle , Bolevile et Raakervile , Evllc et Gleville , MoreriJe et Coîeviie , Warfaevile et Carvllo , Botevile et Stotevile , Deverous et Canvïlc, Mohun et Buhun, Vîpon et Vinon, Raylon et Babyloim. Maris et Marmioo , Agulis cL Agulon, Chamberlain et Cbatnberson, Ver et Vernon , Verdeis et Verdun , Criel et Cardon, Üanver et Davernon ; Ifadiqg et Camvîs, liardoljdi- Bote* cl Boys, Garenne et Gardehoya , Rodes el Deveroîa ; Auria et Argenton , Gotelour cl Boutevîlain , MaJcboucbe H Ma le ma in, IlanteviUect Haulem, Dauncy et Deveyne, Malin et Malvoïsîn , Morton et Mortemer, Brause et Colombier, Saint-Denis el Saint-Cler, Saint-Aubin et Saint-Oraer, Saint- Philibert , Fyens et Corner, Turbevile et Turbcmer, Georges
et Spenser, Brus et Rotleler, Crcnawd et Saint-Quentin Deveroux et Samt-Harlia, $aint-Mor et Saini-Leger, Saint- Vigor et Soïnt-Per, Avenel et Paynd , Payver et Perde! , Riviers et Rivel, Beau ch amp et Beaupel, Lon et Love!, Rose et Pruel , Mon tabous et MontsoreJ , T russe bol et Trassel t Btirgaa et Burnel, Rray et BoLterel , il i set et Basset, MaleHIa et Mallet , Ronevilé et Boitet , Ncrviïe et Karbet , Coinel et Cor bot , Mou tain et Mont-Fkbet, Genevile et Giffard, Say et Sewvard, Cari et Chaward, Ha recourt et llansard, Musgrave et Musard , Mare et Maulravers, Ferny el Ferrers , Barnevil el Bernlers , Cheyne et Cbalîera, Danudon et Pangiers, Verse y, Gray et Graogm , Dcrtrand el Btgod , Trayiy et Traygod , Penbsrt et Pïgot , Freyn et Foliot , Dapison et Talbot , Sauraverd et Sanford , Vagu et Veulourt, Mon ta gu et Monford ; Forneus et For ne vous , Valons , Y te et Vaua . Clarel et Ciaraus, Au ber vit et Saint- A mou s, Agos et Dragon»; Malherbe et Maudut , Ereves et Cbaudut 5 Fitz Oures et Fili de Lon, Cântenor et Cantdou ; Braibeuf et Hulbins, Bolebek et Molyns , Molelon et Bedl , Roebford et Dosevil , Wartevil et Davil, Nevera et Nevîl, Heynous, Burs, Rurdevon, Ylebon Hyldebrond et lie! ion , Loges et Sain t- Lon s Monbank et Saint-Malo, Wake et Wake vil , Caudray et Knevîî ; Sca tiers et Cteremont , Beaumèà el Beaumont, Mons et Monrhatnp, Koterset ESowchamp,Perey, CruccotLaey,Quîncy et Tracy, Slokeret Somery* Saint-Jean et Saini-Jay, Greyly et Saint- Valéry , Pinkeni et Pavely , Monhaut et Monchensy, Lovein et Lucy, Àrtos el Arcy, Grevil et Cottrey, Arras etCmf ï Alerle et Moubrab , Gornay et Couricnay , Hauttîafng et Turnay , llus^e et Hitsayj Ponebardon et Pomoray , Longevü el Longue-esp^e, Payns el Ponldarge7 SUange d Sauvage.
fExtralti du Doomesday-book r relatif 4 Péta t des villes
Immédiatement aprù* la eonc|,uéte.)
Omnes hœ consuetudincs cran! ib!t quand b WTlhclmus rcï in Anglïam yeniL In Ipso primo adventu in Àngliam , fuit ipsa villa ( Dovcre ) combusto ; et ideù pretium ejus non potuïl compuUri quantum va lebat x quandb episeopus Haiocensis cam recepiL..
In Dovcre xxix sont mansiir»* de quibus rex perdidlt cousuetudiuem. De bis babel Robcrlus de Romenel dues ; K dut fus de Curbespinc nr. Wilhelmus filius Tedaidt i- Wilhelmus Ûiius Ogcri i. Wi-hclmus filioî Tedoldi etRobe; tus Niger vi. W’iihelmus Gaufredi m- In quibus emi Gihalta burgensium. Hugo de Mont Torts i duiiium. Du rendus t. Rtmulplms jdéCottiinbel t+ Wadardus ti. Filius Modbrrti unmu. Et bi unmes de bis douiibus revocnnl episcopurn Batocensem ad proleciorcm et liberalorem (vel datorem),.*
De ÎKA mausurâ quam tenet Rarmlfus do Coïnmbds * quæ fuît cl i jus dam exulis ( vel ut l agi ) , concordant quod dimidia terra est régis, et Ranulphus ïpse babel utrunque.
Hurgenses ha b lieront xlv mansuras exlrà civitatem , de quîhus îpsi habebant gablrnn et consncludincra ; m autem habebat sacam el socam. ïpsi quoque barge uses bnbehant de rege ximt. acras lerric ïo gildam suatn. lias domus et liane terr i m l ene! Ramdfqs de Cohtrnb»^ ;
babel elîam xxt seras term super liœc> qtraft tenebam burgenses ïn afodiâ derege,,.
Robcrtus tiiius Tclbafdî habet ir. ï!aga& de xtï. sol* et de Uominibus exfraneis babel simm theloneum. Mormus hahet consucLudîncm de n. burgensibus, de xri dcnariîs. Emoldus un uni burgeusern de mi, denarîis* sa net us Martinus r. burgensem doxn. denarils**,
Mfalterannus qunque desaisivil quendam bomïnem de uni domo. undè rex Edwardus habebat ronsueluriîncm Mod5 tend eam Obcrluscum consuetudmc,, sieut dlclt, per regem Wilhelmum* Robertus de Watcviïe tenet i. ciomum qun? reddebat omnern con&uctuilinem tempore regts Edward i, modo niehïl reddU-
In ciYïlate Exonià babel rex ecc. domus, xv* minus, i cddenlcs consueludmem.,.
In li&c civdûte sunt vûsîalæ XLViii, domus, postquàro rex venît in Angliam.
Ifæc cLvîtas. tempore regîs EdwardL non geidabal nisi quand ù Londonia* et Ehoraeurn et Winionia gcldabnnt,, et hoc erat dimid* markam argent** ad opns militari!. Qtiamlè expedilio thaï per terrant atit per mare* serviebût hæc ci v i ta s quanlûray. biche terne*..
In ipsti villù , trim intrâ mtirum quàm extra* surit ccxurr* domus redoutes gcklum* et, exreplis bis* sont ibi quiügcnlæ domu£rxxit* minus, it A vas tel© ctdestrnetœ ■i 1 1 1 ù il gclduni non passent reddere.*.
De supra dictis omnibus mnnsionîbns sunt modô hospital© in manu regis reddentes cens i tel udinem quadringenles, ix. minus, inter magnas et pnrvas; et ccc* mansic nés non hnspitatne, qu© , reddunt mcîior i* denarium. et aine minus ; et quîngenhe cl xi. mansioms ï ta vacuœ, qubd nil omninb reddunt, cl C* xly. mansloncs tenent rrandgeme*..
Dicunt angdgenæ burgenses de sciropesberie multùm grave sibî esse * qubd ipsi reddunt totum geklum * sicuti reddebant T. R. E. q nam vis caslellum comîtis occupa™ veril 1.1 . mû su ras et ali© l. masuræ sint vastalæ, et xint, francfgenæ burgenses te néant ma su ras geUIdniesT. R. E* et nhballæ quftm facit ibi cornes rîcderit ïpse xxxix. burgenres* ollm eum nliis geldantes simili Lcr.
Modo hûbêt rex civitulem Hereford in domino, et anglict burgenses ibi manentes habent suas priûres consuetudines : francïgena) vero burgenses babeut quietns per xrr* denarîos omnes foris facturas.
Rnrgum de GrenLebrige pro une Flundret se defendebat, T* R. E* in hoc burgo fucrant et sunt deeem cuslodt© ; in prïmâ custodîâ, uv mûstffie * ci bis U sunt vvnsle* In büc p ri mît custodiè hahenl Alanus cornes v. burgenses niebil reddentes* ctCn Hæc eadem unn custodïa pro duabus computabatur T* R. £. sed pro Castro sunt des tr uct© üvill domus.**
Rurgcnses T, R* E. accommodabant vice^comiU car^ rucas suas ter tn anno. Modo novem viclbos cijgunfur.
Nec avéras nec curriis T R. E. inreplebaiR, quæ modo facîunt per consuctudincui imposîlam. Réclamant autem super Ptcbtam vice-çomîtom, commune™ pasturam sibi per eu m (et nb eo) nblatom. (p. 77ft.)
In Dorcceslre, tempore regis EdwardL front n.xxu, domus, Hæ pro omnt servilio regis se defendebaiil , cl geldabnnt pro x* bid* sciticct ad opus huscnrlium unam markam argenti.
Modo sunt tbi quatuor ix* et vin. domus, etc* pe*
JUSTIFICATIVES. 595
mliis destrucliP à tempore ïlirgonU xice^tomiUs usquê mine*
ïnEridcport, tempore regis Edw* erant est* domnt et aû omntî servi tium regis défend chant se eigeldnbaut pro y. hîdis...
Modo suot ibi c, domus, et xx. sunt it& dcslructio* quod qui in cis manent geld* solverc non valent...
In Warbam* temporcs regîs Edw., erant exun. domus in dominio regîs. Hax villa ad omne scrvilium regis se dcfemicbnL . et getdabaL pro x. lud.scibcet i. markam argent! Iluscarliîï regis.**.
Modo sunt ibi i.xx. domus et LXiir* sunt penilùs destruciæ à tempore ïlugouis vice-comîtis, etc*,*
Habet îpse in dominio (upud Loves ) 60 burgenscs reddentes 59 soi. dcgablo, TheJooeum iv !ih. Moneta : xx sol. Monacliî de Morilon. vin burgenses* de G 6 den. Gislebertus i. Iiurgenscs, de 30 den* Wiîlelmus de Ca- Iminges n. burgetises de U sol. Bo sel î mis 5 de M soi* WjUs 4 de î t sol* Ansfridus 4 de If soF* Gtroldus 1 1 de G sol* Ansgotus J do 13 den* Alanus G de 4 sol* R ad ni fus 5 de 55 den* Àz&limis 5 de 4 sol. Ipse tenct unarn dû muni de 52 den. et parûm lerrûï de 5 soî* Walt crins 2 burgenses de IG den, Rogertus 2 de Ut den. Hugo 1 de S deoar*
XL In Ciceslre civitutc T, R* E. erant C. bag© 1 \ et (ïîm. et reddcbiiîit 49 solid, un. denar, Modb est ipsa mitas in manu comilïs Rogerii-
(Castnim Anmdel*) Rnbertus filius Telbaldi habet 3 ha g as de 2 soîid et de Uomînibus cxlrnncis babel suum llidoneum. Morinus habet ibi cünsuelmJincm de &burgensibus. de 13 denar. Emaldus untiin Uurgensem de Î3 denar. sanetns Mari Enus J burgenseni de J 2 den. Rûdntfus unaoi hagam de 12 denar. Wiltiebuns 5 bagas de 5 solid. KîgeNus 5 hagas.
In burgo de ^Valingeford Üabuîl rex Edwardus. . .
. . Modo sunt lu Ipso burgo consueiudincs omnes ut
ante firerant*Sed de bagîs sunt xui. niiDÙs propter casfeila sunt vm* destrtrçtæ et monetarius habet unamquielam quamdiü facit niouetarn. Raulf, de Oxeueford habet unom. Eilïns Àlfl de Frcndonc tmarn. quam rex et dédit ut dleiL Il unfndiis liahet unam de qtift reelumat ad Warenlum rçg, Ktgcllus unam de Henrico per bæreditaLem Soarding , sed hurgenses lestiQcant se uunquam ha™
1 misse*
De isïis xijIé non habet rei ConsuetudiDem et adhûc Willclrnus de Warcnc habet unam hagam de qua rex non habet consueludinem.
In Gïldiiford habet rex WÎUcîmus “ô hûgas* in quihus mancut 175 hommes -
T R. E. reddebant Î8 ïib, et in denar, Modô apprécia™ turixxlib. et tamen reddunt 52 3il>.
lie supradîctis hagis habet Rauulphus elerîeus 1res hagas ubi manent G homines et Inde habet idem II final fus sacam et soi nm nisi commune gcldura in villa vencrït undè nullus evadût*
De villauis bujus villœ babuit et Itabct llunfridns camerarius unum v il ta nu m in cuslodià , causâ CDadmiandi fanam reginæ* De ipso eliam necepit 3ü solidos in relevamentum cum palcr ejus fuit morkius.
Quando Hugo cornes recepit Cestrc), non valebat nisi xix* îîbras, Yaldè cnini erat vastata : durent© et quïnque domus minus ibi erant, quàm tempore régis
nO
TUIEEIRT-
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
Edward» fucrunl : modo lot idem sunt ibi, quod invenit...
în catnpls Uncoliæ extrâ eivilatem sunt carucoïæ terris et dimïdia. De hÉic terril hftbent rei et cornes B eftniCAfe&lh domînio» Et bis dédit imam rei Wiilclmus cuidam llîchel pro wiA jjavî quam ab eo émit. ïlle mine qui navem vendit) il mortana est et banc carucatam terræ nu lins babel nisï rege coneedcntc.
De prædictis waslïs mansuria proplef castelkim de* slructa fuemnt c. rv. vt reliqure lxxiiii waslatæ sunt extra metâm essteili * non propler oppressïonem viceromîhim et mtmslronim , sed propter inforlunîum et pauperlatem et ignium cxiislioncm**.
T. H. E. reddebat civîlas Lîncolia regis vigiiUï libras etcomUï dcüem libres. Ulodù reddit centum îib. ad numerum inter regern et coniitem...
In Eberaco cmlaleT tempore regis Edward!, præter scyram arebiepiscopi fuùre vc sevra;. Uni» et bis est vaslaïa in caslellis. ïû quïnque scyris luère mille etquadraginl® et xvut, mansiones bospilaiæ. De mh barmn scyrarnm habet archicpîscopus adhûc (erliani pari cm»..
Cornes de Morilonio babel ibi \A mnnsiones cl ecrlesiam San clifc~C mois.-.*
VWk t.'VVWVVV mv
R ALLAI) E POPllLATbE, COMPOSÉE AU SEIZIEME StÈCtE, SU K LE KAUFRACE UES FILS RE H EX R Y tpr.
(Evad^ oldbalhukhUtorlcal and narrative.)
A Fier our royal king Had fod'd bis foes in France ,
A ntl spenl ibe pleaiaûL s p ring lits honour lo advance j
ïnlo faîr Engl and be return’d Wilh famé and victory \
That time lhe subjects of lUîs (and Reçoit ’d bim joyfully.
Uni ïiL bis home rctum Ht s Chlldrcn Ml lie si EU In France , for to sejourn T o pure hase feftméd skilî :
Duke William, wilh bis brolhér dear.
Lord Richard was lus naine,
Whieh was Ibe earl of Ch ester ihen ,
And thirsiéd a fier lame ;
The Ring1* faîr daughter eke The lady Mary hi%hî,
Wiih divers nobles peers ,
And inany a liardy Kÿiglil :
AU Lhiîse werc lefL togetber there Jn pl ea su res and deïigbt ,
Wben thaï our king came À fier lhe btoody fighl.
But when fait Flora had Drown fm ib lier ircasure dry,
That \v inter cokl and «ad Wilh boary bead drew nigh ï
Thosc princes ail , wlth one consent Prepared ail ihings meet ,
T o pass ihc se a for fa tr Engl and ,
Whûsc siglit ïo lhem was sweet.
To Ëngland Ict us hye Thiis every one dtd say,
For Chrisimas drawctb nïgh ;
Ko longer let us stay,
But spend Ibe Christ mas~littic Within our falheFs court Wbère lady Pleasure doib attend,
Wilh inany a princety sport,
The sallors and tbe sbîpmeü ail, Through foui exeess of winc ,
W’ere so disgusCd thaï on ilu; se.“t They sbowVl âem«w8 like swinc \
The slern no mari coukl guide,
The master sleeping lay,
The sa il ors ail besoin AYent rceling every way,
So thaï Ibe sbip at random rode Upon ilie foaming flûôd t Wbctcby in per il of tbeir lives The ii rinces Slways siood
Whieh ma de dîstilling Lcars From îheir fair eyes in fall \
Tbeir h caris were fil!Td witb fears ,
Ko bel p ibey hadat ait"
They whkh d Ihemsekes upon lhe land À Ihousand limes and more ,
And al Lhe last ihey corne in àlght Of England’s pleasanl shore.
Thon every one begaTi To lurn tbeïr sighs lo smllca ]
Their colour pale and wan A chearfui look exiles :
The princely lords mosl lovingly Thcîr ladies ilid cmhrace j For uow in England shall we he Quoth they iu Utile space,
Take comfort then (lhey said)
Behold lhe land al last ^
Thon he no moiKe dismay^d ,
The YYüi sl is gonc and pasl .
Buth whilo they did Ihis juyfu! hnpe Wilh c oui for 1 en ter tain ,
The goodly ship upon a rock ïn sonder bursL in twain.
Wilh lhat a grievons shriek Amoug lhem there vv as made ,
And every o ne did seek On someihmg to bc stald ;
IkiL ail in vain sudi heTp l h e y aought ;
The ship so soon dkl sink.
Thaï in iti a sea iliey were con&traln’d To lakc 1 hcir JatesL rfrink,
There mïgt you see (he lords And ladies for to lie À mid s t the sali sea l'oam ,
Wilb màpy a griëvoas cry j
Slill laboartag For life’s défense AViLh stretched arms ûbroad ,
And lifting up lheir lily banda ,
For help wilh onc accord.
But as good fortune woitîrt ,
The sweel young dufce did get Jnto tlie cock ho al llien Wherc safely he did ait :
BnL wheu he heard his sïsler cry,
The kîng’s fm r daughter dear,
He lurnM his beat to take lier in AVhose dealh did drawa so near.
But whilc lie sirove lo lake His sweel young sis ter rn 3 The resi su ch shift did make In sea as Ihey did swïu.
Thaï to lhe boat a mirnber gol.
So many, as al the last The beat j and ail Lhal where therelff f Where drowiTd and o ver-cas t;
QF lords and gcu Lient en And lad y es of fair Face ,
TSol one escaped Uien ,
Wbich was a heavy case.
Three score and leu wcre drow^d in ail,
And noue escaped dealh ,
But one poor but cher which h ad swom Himaejf ijuite oui oF breatb.
T lits was mosl licavy news UuLo our comely king ,
Who did a U mirlh refuse,
Thus word wben they did ïsriug :
For by this means no child he had His kiogrlom losucceed,
Whureby h [s sjster’s son was kîng,
As you shall pial ni y read.
CONVERSATION ENTRE HENRY Ier ET HABILE , FILLE DE ROBERT FILS h AT MON.
(Ru ber L of GlgOCStet'ç Chronîele, etl, Uçarne , t> <131 et ALT)
Ther was tho in Engïaïut a gret tôuerdyng ,
On of the gmost Ibai Hier was* wythoüt Hem y tîng, Syre lloherd Je y* Haym, ihat let vorst attire The abhey of Theukesbury, and roontte blog te litere T Hé dcyde aboute tkulke lyme, and yburcd was ywys
JUSTIFICATIVES. 538
In the abtey of Tbeukesliury as hys body gui y s.
Mobile hys dogler was cvr of al hys landes ,
The kyng vor yre crytage hym gan understonde,
To bringe îloherd bys sone a bast in liys wai yson Urn e Thoru spoiïsing of ibis ma y de , thaï ovauced were.
He seyde, « Ütat heo ssokïe bys sone lo hyie spunse auougc.n T hys mayde was ihere agen, aud wyUtseyde yt longe The kyng of sogle hyre atiyle yuou , sû lhaL aüen endo Mabtle hym aosuerede, as gode maydc aud hcnde, e Syre. j> beo scyde, » wel ycboi, lhal goure herte op me y s, te More vor myn erylage, Uian my sulue yvvys. tt So vayr oryiage , as ycb abbe , yl were tnc grcl ssamtî, u Vor lo abbe an louerd , bote hc ad de an luo name.
« Syre Boberd le fyz Haym my fader name was, tt Andihatnemygle nogt hchySjihatofbis kunnenog* nas} h Thcrvore, s:yre7 vor Go de’ s love, ne lut me non man owe, h Bote he abbe an lue naine, war ihoru be be vkoowe, » e liamayade, ^ qualh lhe king, « thon feysi wot in ihys eas, tt Syve Koberd îefiz llaym ihy fadere’s name was,
« And aa vaymame hessal abbe, gyf me hym may hyse , ie Syre, « quaih lliys mayde tho, * tbat ys ya vayr namc, n As wo scyth, al hys lyf, and of grete Famé. [corne ? u Ac wal ssolde hys soue bote Lhanne and olher lhal of hym * Sone mygle hit bote nogl, Utero f nymetb gome. ;i The kyng uodmiod, lhal ibe mayde ne séyde non oui rago, A ad lhal Gloucestnï iras chef of byre eryuge, it Hamay&eîe, » he seyde tbo, c tby louerd ssal abhe au naine n Vor byuu ami vor bys eyrs, vayr wylbout blâme,
« Vor iloberd cri of Gtoucestre bys natne ssaï be and 3 s,
« ATor be ssal hc of Gloucestre and hys eyrs ywys,
« Syre, n quaih lhe mayde U10, ■ wel lykelh me litys, iï ïn thys fourme ycholle, lhal al my Ihyng he hys,i*
T b us wa# cr! of Glonceslrc vorsl ymade Ibere As thys Iloberd of ail Ihulke, lhal longe byvore were.
(WiVtVVl V1\V« lit