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l'ilis. je m'en iC|i(iiloi>, de cr iiiiili' il'olli ii^ci (!os rouiiois rniiciiiis (|iii vw tniil lr('N|i;iss('i', Je veux diro vos yrux, dont l;i puissiinco saiiilr l'ait que l'on tient Amour en honneur et en eiainl:'.
Las! dès ce triste jour que je languis ainsi, l>e chose que ce soit je n'ay [dus de soucy; Je fuy tous les eshats où je nie soulois plaire, J(^ me tiens à l'escart pour rêver solitaire Kt poin- penser en vous : c'est tout mon leconforl, Et lien que ces pensers n'ont emiiesctié ma mort ; Mort que j'avancerois, veu le mal que j'endure, Mais je ciain, ine frappant, nuire à vostre figure, Qu'Amour dedans mon co'iir grava si vivement, Qu'elle ne doubte rien, lors la mort seulemenl.
Or, je veux donc durer pour la rendre durable, Lt ne veux plus nommer mon estât miseral)le; Mais je diray qu'Amour m'est un Dieu fort beiiiii D'orner un cœur humain d'un polirait si divin Et si beau, que luy-mesme, aMn (pi'il le contemple, Jamais ne m'abarulonm» et lait de inoy son temple.
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Plus j'csloigue ' les yeux (jui nomiisscnl ma Ikiiiie, l'Ius je sens leur effort au plus vif de mon ame. Et connoy désormais que c'est trop vainement Que je veux in'alleger par un éloigneinent Ma fièvre en est jjIus forte, et l'absence inliuniaine Cause en moy chacun jour quelque nouvelle paine, Quelque nouviîau soucy, quelque nouveau penser, Et tousjours mes travaux sont à recommencer.
Dieu, que le souvenir est une estrangc chose' Il m'importune tant, que plus je ne repose; 11 me suit, il me presse, an lever, au coucher, l'aiiout je le rencontre et ne m'en puis cacher; Il rend en le louchant mon ulcère incurable. Encor, ô souvenir ! tu m'es fort agréable; Je l'aime inlinimenl, car tu me fais revoir Ce qu'helasl je désire, et n'esperc l'avoir! Or' que je suis ab^nt du bel ail qui me tiië, Cet heureux souvenir le piesenlc à ma veuG; 11 me fait repenser au liieii que j'ay passé, Je le sens en mon cœur de nouveau ramassé;
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Jf lu'ciitielieiis yiiisi, c'es^l^JUl tu 'lue je panse; Mais du plaisir pcrtlu trislc est la souvenance.
i-'ouvent un vain espoir qui m'abuse tousjouis, Fait semblant en mon mal de me donner secours; Il me suit importun, encor que je le chasse, Et fait tant qu'en mon cœur il ga^ue quelque place; Mais, las! s'il fait le doux et me vient consoler, C'est pour croistre ma peiue et la renouveler.
IS'agueres cet espoir, par sa belle apparance. M'abusa tellement, que je pris asseurancc De revoir dans trois jours le soleil de mes yeux, Dont la vive clarté sert de lumière aux cieux. Dieu, que j'en de pensers duiant ces trois jouiuéesl Cen'estoient pas trois jours, c'estoieut trois mille années, Qui remplissoient mon cœur d'attente et de désir. Et ([ui le faisoient fondre en l'objet du plaisir.
Dui ant le premier jour je ne cessoy de dire : lié! si dedans trois jours un plus beau jour doit luire, 0 jours qui n'avez point pour mes yeux de clarté! Hastez-vous de passer, c'est trop tard arresté. Je verray dans trois jours la beauté que j'adore. Mais, las! qu'en sçay-je rien? Ce feu qui me deviuc. Ou' Amour lient eu mon cœur jour et nuict allumé, Peut-estre avant trois jours m'aura tout consumé. Et puis, pourroy-je bien, csloigné de ma dame, Vivre trois jours entiers sans esprit et san^ ame? -Non, je mourray devant, et ne faut espérer •Jue pour la voir encor je puisse assez durer.
Ainsi ce jour passoit, et la nuict avancée, Ains que le beau soleil sa course eusl commencée, Je toinnoy mon esprit au nombre qui rcstoit, Et contre sa longueur mon désir contestoit. Je ne pouvoy durer d'extrême impatience, Et tousjours mon anleur croissoit en violence, Et disois en pleurant : 0 jours avancez-vous! Soyez-moy, s'il vous plaisi, jilus courtois et plus doux ; Hastez votre voyage. Et toy, l'arque importune, Puis qu'un si pniut destin doit changer rna fortune, ^e me fay point mourir, arreste un peu ton bras, l'uis, ce terme accomply, fay ce que tu voudras! Ne me clos point les yeux, ô mort! je te supplie, l'uis que dedans deux jours je dois revoir ma vie.
Voilà comme ce jour passoit tout lentement, Eaisaut place à la nuict au noir accoustremeut. Pleine de visions, ennuyeuse, effroyable, i^'ui trop plus (pie le jour me rendoit misérable;
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Car mes sens, (jni ii'cstoieiil aulie p;iil iliNcrliï, Su Irouvoioul ru ma peine (nix-inesines coiiveiiis.
Espérant et douteux je ne sçavoy (|ue faire. J'accusny la longueui' de la nuict snlilaiie, (Jui, contraire à mon bien, jamais ne s'avançoil ; De chardons espineux mon liet se herissoit, fjui me poignoicut partout, quand j'y faisoy flemeuie. Je m'en jettoy «leluus mille l'oia eu une heure l'our regarder le ciel et si l'aube du jour, Courricrc du soleil, avan<;oit son retour.
«0 trop cruelle Aurore I ennuieuse, enneniie, Oui te relient, disoy-je, ainsi tard endormie? Te plais-tu maintenant si fort à caressii Ton vieux niary l'ascheux, (jui ne fait que tousser, Inunohile, inqiotcnt, qui foiblement t'embrasse, Et qui te refroidit de ses membres de glace? Tu ne dois si long-tans eu paresse couver. La femme d'un vieillard malin se doit lever. Mais, las! j'ay l)elle [)eur que tu sois arresiée De quelque autre jilaisir, qui te rend moins liastée; Tu reposes, conlente, au sein de ton amy, Et laisses ton vieillard en son lict endormy. .Si ne dois-tu pourtant, amoureuse courriere. Laisser tout l'univers privé de ta lumière. Or sus, leve-toy donc, rens le jour éclaircy ; Si tu vois tes amours, je n'en suis pas ainsi. »
Tels ou semblables niols d'une voix courroucée .le disoy toute uuict, furieux de pensée : Puis le jour se monstroit, jour qu'il falloit passer Ains que voir la beauté qui me lait Irespasser. Tant plus on se voit jnes d'une chose espérée, Et plus l'alfection s'en fait démesurée.
Depuis le i)oinl du jour jusqu'au soleil couché, Je fu plus que devant de pensers empesché. De plus poignans désirs mon anie esloit atlainte, Mon cœur douteux lloloil entre l'aise et la crainte. Et n'estimoy jamais que le jour densl finir, Pour jouyr du bon-heur que j'altcndoy venir. Las ! le jour finit bien, et la nuict nourricière Dos soucis espineux, esteignit sa lumière : La nuict aussi jiassa, ])uis le jour ensuivant, Mais mon es])oir trompeur n'enfanta que du vaut. Ce ne fut qu'un faux songe, et sa promesse vaine ^•e perdit dedans l'air, se moquant de ma paiiie. Je ne veux jamais plus en aimant espérer; Car l'espoir ne vaut licn qu'à mes maux cnipiier.