I.ors, inc tiiiuvant lonl si'ul dans co lion solilairo
Jo iTconinionco oucor mou oshat oi-dinaiio;
Je rccomnuMK'O oucor à me doconl'ortoi ,
Et du tout aux IVayours je me laisse empoi ter.
C'est en vain que j'(>ss;iyo ;'i liompor ma jiousoo,
F.ii mo ri'ssiiuvonaut cdinmo jo t'ay laissée,
Onols Iniont tes propos do san^'lots emposoiio/,
Kt comme les beaux veux n'ostoieut jamais séchez.
Au lieu de m'alle^jer, ce ])euser me lonrmoute.
Bref, je no |uiis sonllVir mou aine impalieute,
Et ue [)uis d'a\ilie part nid endroit adviser.
Où sans croislre sou mal jo la |iuisso ])oser.
Que sera-ce de moy? quel espoir me console?
l'e uraltendre au reloui-, c'est une attente Iblo ;
A mon extremilé ce remède est trop lent,
11 vaut mieux me tuer jiar un coup violent,
Sans que plus désormais l'osiioranoe m'onyvn' :
t"ar je suis aussi las d'espcrer que de vivre
ELEGIE \V
Eas! faut-il que mon mal n'ait jamais d'allej;eatiee Et (pie le tans moins fort ce<le à sa violancc? Kaut-il qu'incessaiTiment tant de soucis divers Comblent de ciis ma bouche et de plaintes mes vers? L'oauté qui régissez ma vie et ma foituno, Si mon dneil continu vostre oreille iniporlime, Ne m'en accusez point. Amour, mon puissant roy, Ain!;ois 'mon fier tyran, fait la faute et non moy; Cest Iny qui me réveille et qui, dedans rnon ame, Lasche le poiijnant trait du soucy qui m'entame; Car par luy j ay connu le [louvoir de vos yeux, l.e lys de vostre teint, vos souris gracieux. L'honneur de vostre sein, vostre port veiu-ralile. Et ce plaisant desdain à la pointe iucuiable ; .l'ay connu cet esprit, ces vertus, ces discours, Et mille autres beautez, ineres d'autant d'amours.
Ou pour mieux dire.
Kt, sans penser plus loin, mcn ame trop liastivc, Croyant à son dcsir, se fist vostrc captive.
Confessez, s'il vous plaist, ay-je jias quelque dnnf De trembler de frayeur? llelas! qui ne craindroit? Trop de justes raisons malgré-moy nie font craindre. Tant d'attraits ravisseurs ne peuvent-ils contranidie L'œil volage d'un piince, ou quelqu'un de ces ilieu.v <Jui, pour moindre que vous, descendiient des cicux.' Kt qui sçait (mais je croy que n'estes variable; Si leur serve grandeur vous seroit agréable? Que ne voulut .Amour, pour m'oster de soucy, Craver dessus mon cœur vos pensers, tout ainsi Comme il y sçeut former le céleste visage? l'eut-estre qu'en l'esprit je n'aurois plus d'onibiagi; Car y reeonnoissant que vous daignez m'aimer. Aucun Irait que d'.Vmour ne pourroit m'entanier. A l'homme trop avare en aimant je ressemlile; Il ne peut éloigner son tlnesor qu'il ne tremble. Uien qu'il l'ait mis en terre, à toute heure, en tous lieux, L'idole d'un larron vole devant ses yeux. Ainsi, mon cher Ihresur, vous perdant de presatice, La crainte airiere moy bannit toute espérance, Me caille tout le sang et me fait ravasser, M'amoncelant sans fin penser dessus penser. .Vais si tost, ô mon cœurl je ne verray reluire Le clair feu de vos yeu.x, trop beaux pour mou niarlire, Que l'espérance en moy la maistresse sera. Et loin de mon esprit la crainte chassera. Ilctourne donc, mon bien, retourne et réconforte iMon espérance, helas! qui tombe à demy-morte.
Comme quand le bel astre aux saisons commandant. L'œil et le cœiu' du ciel, dévale en l'occidant, Maint ombrage' s'élève, et mainte horrible fainte Saisit les cœurs humains d'une effroyable crainte: l'uis, si tost que l'aurore a le ciel éclaircy, L'ombre s'évanouyst et la fiayenr aussi. De mesme, ô mon soleil, quand ta jumelle flanie Tourne ailleurs ses rayons, vient la nuict de mon ame! .Mille et mille soucis passent devant mon cœur Lt, fantosmes douteux, le transissent de peur; îlais au plaisant retour de la belle lumière Mes yeux recouvreront leur splendeur cousiuniieie, Et toutes ces frayeurs, mes esprits niartelans, Se iieidroni à l'mslanl comme songes vollnns.
Hi'lciunio iloiic M'is-iiioy t;i hmiici'c ('cliiisir, Kl chasse, ô mon soleil ! les niiils de ma pensi-e. ijuanil Pliœhiis se recule et ([u'il laisse les jours, S'éloigiians île l'arclicr, IVoiils, ennuyeux el cours. Les vens iléprisonnez d'un yraml liruil se font jjuerre. Ils renversent ' la nier, ils font trcinhicr la terre; I.a neige couvre loul d'un linge lilancliissant, l'.t la gresle à l'envy descend en bondissant; l.a terre, au lieu de Heurs, de frimas est couverle, Prc/, buissons et forcst ((uittenl leur rolibc verte, La yorgc des oyseaux est muette aux chansons, m le cours des ruisseaux est bridé de glaçons. Ainsi, quand ton aspect luit en autre contrée. Frayeurs, soucis, regrets, font en moy leur entiéc. lit maint jaloux penser, de mon cœur s'emparani, Y lait naistre un hyvcr inccssaniinent durant, Soil (pie le printans vienne, ou le chaud, ou l'aulciiiine. l'.t jamais sa rigueur un beau jour ne me donne.
Ilevien donc, mon bel astre, et d'un trait de tes yeux Kay refleurir encor mon printans gracieux; Uomps la glace endurcie, et l'orage, et la greslc, La neige, et le frimas, qui troublent pesle-mesle Le serain de mon ame, et d'un œil vigoureux Kay germer en mon cœur les pensers amoureux. Mais retourne devant, ô divine Cynthio, Que la peur de tout point ait ma flamme amortie, El que le desespoir, si contraire aux amours. Tour finir mes tiesirs mette lui à mes jours.