SUR SON PROCHAIN MARIAGE, A SA COUSINE
Je ne suis ni froide ni dure,
Et je sens (soit dit entre nous)
Certains aiguillons de nature,
Un peu plus haut que les genoux,
Un peu plus bas que la ceinture, Qui me disent assez qu'il me faut un époux. Jadis en ce beau lieu vivoit un pucelage
Qui se laissa, comme un poisson,
Prendre à l'appât de l'hameçon, Et mourut sans pouvoir se sauver à la nage ;
Il faut, le maudit pucelage !
Qu'il en passe bientôt le pas,
Afin qu'il ne m'étouffe pas, Je le veux étouffer à l'avril de son âge. Croyez-moi, d'un mari l'on goûte les douceurs Qui chatouillent nos sens etquicharment, nos cœurs, Et dans ces passe-temps, pour contenter sa flamme, Une fille n'a pas le plaisir d'une femme.
Si quelque jeune laboureur
Débauche une fille et l'affronte,
La fille en a toute la honte,
Le galant en a tout l'honneur.
Mais dès que dans le mariage
DE riRON 29
La femme souffre un favori, La honte en est toute au nuri, La femme en a tout l'avantage.