‹ Œuvres badinesChapitre 61 sur 128 · LA RAGE D'AMOUR · texte numérisé non relu

LA RAGE D'AMOUR

A Cupidon la belle et jeune Aminte, Malgré l'hymen, sacririoit toujours.

Son pauvre époux étoit en crainte Qu'elle ne fît de nouvelles amours.

Il ne pouvoit en fermer la paupière, Pestoit, veilloit tant qu'il en expira.

Lui mort, Aminte, ayant libre carrière, Se divertit en fille d'opéra

Qui n'est pas encore douairière.

Grand bruit en fut. Son curé crut devoir L'en avertir. — Vous vous perdez, madame, Changez de vie, ou c'est fait de votre âme. — Hélas ! monsieur, je voudrois le pouvoir, Lui répartit notre fringante veuve :

Qu'avancez-vous, mon pasteur, en grondant ? Ah ! plaignez-moi ; tel est mon ascendant, De deux jours l'un me faut pratique neuve. Cela me vient d'un accident fatal ; Ma modestie a causé tout mon mal.

A quatorze ans d'un chien je fus mordue : L'avis commun fut qu'on me devoit nue Plonger en mer. Nue on me dépouilla :

Honteuse alors de me voir sans chemise, Incontinent je portai la main là Où vous savez, sans jamais lâcher prise.

1)L riuo.N

On me replonge : or, qu'cst-il arrivé ? Mon corps alors, ô pudeur trop funeste ! Partout ailleurs du mal fut préservé, Hors cet endroit où la rage me reste.

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