‹ Œuvres badinesChapitre 74 sur 128 · LES MISERES DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LES MISERES DE L'AMOUR

Que l'homme est foible et ridicule, Quand l'Amour vient s'en emparer !

D'abord il craint, il dissimule, On l'entend tout bas soupirer.

^'ose-t-il enfin déclarer?

On le fuit; sa poursuite est vaine :

N'importe, il veut persévérer.

Que de soins, d'ennuis et de peine !

On l'aime. Tant pis; double chaîne.

Mille embarras dans son bonheur.

L'esprit sans cesse est en haleine ; Père, mère, époux, tout fait peur.

Est-ce tout? Non. Reste l'honneur :

Il s'effarouche avec méthode.

On croit le vaincre, il est vainqueur; On se brouille, on se raccommode.

Vient un rival, autre incommode.

Loin des yeux le repos s'enfuit; Jaloux, on veille, on tourne, on rode; Ce n'est qu'alarme jour et nuit.

Apres bien des maux et du bruit, On jouit enfin de sa belle :

Le feu s'éteint, le dégoût suit.

Le jeu valoit-il la chandelle ?

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