LE JESUITE ET LE TABLEAU
Un jésuite attentivement Considéroit une femme en peinture.
Peinte elle étoit divinement, Mais immodeste en étoit la posture :
Klle étoit nue et, du bout de son doigt, Grattoit ce que tout bon jésuite Ne peut voir sans horreur quand il a le cœur droit. A cet aspect le bon père s'irrite, Maudit le peintre et le pinceau Qui fit un si vilain tableau.
— Il est vrai, dit un janséniste Qui se trouvoit là par hasard ; Ce tableau, pieux moliniste, Mérite pour le moins la hart:
Mais si cette Vénus, mon très-révérend père, Tournoit un peu plus le derrière Et cachoit son jansénius, Blâmeriez-vous alors le peintre et la Vénus?
RONDEAU A Mlle P***
que je surpris mettant sa chemise
Et cœtera, qui pro quo, 7-ecipe,
Sont, comme on dit, les trois fléaux du monde
Un quatrième au calcul échappé,
C'est le beau corps de dame Florimonde,
Du haut en bas à nu développé.
Car n'est aucun, fût-il aussi huppé
Que d'Arbrissel, qui n'ait le cœur happé, Voyant ses bras, son sein, sa cuisse ronde,
Et caetera.
Or, à sa porte en vain nul n'a frappé. Il n'est petit ni grand qui s'y morfonde : A tous elle ouvre, et sur le canapé On vous l'étend, d'abord, sans qu'elle en gronde Puis vous gagnez, entre ses bras campé,
Et cœtera.