‹ Œuvres;Chapitre 17 sur 236 · OBSERVATIONS QUI PEUVENT ÊTRE UTILES A LA POLICE DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS QUI PEUVENT ÊTRE UTILES A LA POLICE DES VAISSEAUX

11 m'a paru qu'il n'y avait pas assez de subordination parmi les officiers de la Compagnie. Les supérieurs craignent le crédit de leurs inférieurs. Comme la plupart de ces places s'obtiennent par faveur , je ne crois pas que l'autorité puisse être établie parmi eux d'une manière raisonnable. Ce mal donc me paraît sans remède, en ce qu'il tient | à nos mœurs.

Aucun vaisseau ne devrait tenir la mer plus de i trois mois sans relâcher ; ces longues traversées î coûtent beaucoup d'hommes. Les matelots n'ont ! point assez d'eau dans les chaleurs ; souvent ils sont réduits a une demi-pinte par jour. Ne serait-il pas possible de diviser l'endroit du vaisseau où se place ! le lest, en citernes de plomb remplies d'eau douce? : Peut-être trouverait-on un mastic ou cire dont on j enduirait les barriques , ce qui préserverait l'eau \ de corruption : elle est souvent d'une infection inj supportable, et remplie de vers.

Quant à la machine à dessaler l'eau de mer , les | marins la croient peu salutaire. D'ailleurs, il faut j embarquer beaucoup de charbon de terre , qui j tient beaucoup de place, qui est sujet à s'enflam- ; mer de lui-même ; et on a l'inconvénient dange- S reux d'entretenir un fourneau allumé nuit et jour.

Les matelots sont très mal nourris. Leur biscuit | est plein de vers. Le bœuf salé, au bout de quelque | temps , devient une nourriture désagréable et mal-

I saine. Ne pourrait-on pas cuire des viandes, «et les ! conserver dans des graisses? On en prépare ainsi

II pour la chambre, qui se conservent autant que | le bœuf salé.

j Les matelots a terre, dans un port, dépensent ! quelquefois en une semaine ce qu'ils ont gagné j dans un an. Ne pourrait-on pas avancer à chacun i d'eux les habillements convenables , et les obliger de les conserver, par des revues fréquentes faites par l'écrivain et l'officier de quart? 11 y a beaucoup d'autres règlements de propreté sur lesquels les officiers devraient veiller. La plupart de ces j malheureux ont besoin d'être toujours en tutelle. J'ai observé que le bois se pourrît toujours dans l'eau à sa ligne de flottaison. On peut faire cette observation sur les pieux qui sont dans les rivières, et sur tous les bois exposés à être alternativement mouillés et séchés. C'est la que se nichent les vers, et que germent la plupart des herbes aquatiques. Cet endroit est si favorable à la végétation, que les filets verts dont notre vaisseau est entouré se sont attachés seulement aux anneaux de fer des chaînes

Bernardin.

du gouvernail qui sont a fleur d'eau , sans qu'il y en ait au-dessus ni au-dessous. Je crois qu'il serait utile de border de feuilles de cuivre toute la circonférence des vaisseaux sur une largeur de trois pieds. Quant aux pointes de fer et de cuivre qui terminent les mâts et les vergues, l'expérience prouve qu'elles attirent le tonnerre.

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