‹ ŒuvresChapitre 17 sur 64 · C'est le nom que Clootz se donnait à lui-même · texte numérisé non relu

C'est le nom que Clootz se donnait à lui-même

tique, pour les frais de Fonveiiure de la campagne, afin de faire prévaloir Topinion de Brissot qui, comme Clools, voulait faire la guerre au genre humain, et le municipaliser. Quoiqu'il ait des entrailles de père pour tous les hommes, Cloots semhle en avoir moins pour les nègres; car, dans le temps, il comballait pour Barnave contre Brissot dans l'affaire des colonies; ce qui montre une (Icxibililé de principes, et une prédilection pour les blancs, peu digne de l'ambassadeur du genre humain. En revanche, on ne peut donner li'op d'éloges à son zèle infatigable à prêcher lu RépuJjlique une et indivisible des quatre parties du monde, à sa ferveur de missionnaire jacobin, à vouloir guillotiner les tyrans de la Chine et du Monomotapa. Il n"a jamais manque de dater ses lettres, depuis cinq ans, de Taris, chef-lieu du globe ; et ce n'est pas sa faute, si les rois de Danemark, de Suède, gardent la neutralité, et ne s'indignent pas que Paris se dise orgueilleusement la métropole de Stockolm et de Copenhague. Eh bien! c'est ce bon montagnard qui, l'autre jour, après souper, dans un accès de dévotion à la raison, et de ce qu'il appelle son zèle pour In maison du seigneur genre humain, courut, à onze heures du soir, éveiller, dans son premier somme, l'évoque Gobel, pour lui offrir ce qu'il appelait une couronne civique, et l'engager à se déprètriser solennellement le lendemain à la barre de la Convention. Ce qui fut fait, et voilà comme notre Prussien Cloots donnait à la France ce signal de subversion et l'exemple de courir sus à tous les sacristains.

Certes je ne suis pas un cagot, et le champion des prêtres. Tous ont gagné leurs grands revenus, en apportant aux hommes un mal qui comprend tous les autres, celui d'une servitude générale, en prêchant

celle maxime de saint Paul : Obéissez aux tyrans ; en répondant comme révoque O'Neal à Jacques 1", qui lui demandait s'il pouvait puiser dans la bourse de ses sujets : « A Dieu ne plaise que vous ne le puissiez; vous êtes le souffle de nos narines; ;> ou comme Le Tellier à Louis XIV : Vous Mes trop bon roi; tous les biens de vos sîijets sont lesvôti-es'^. On a terminé le chapitre des prêtres et de tous les cultes qui se ressemblent, et sont tous également ridicules, quand on a dit que les Tartares mangent les excréments du grand Lama, comme des friandises sanctilîées. Il n'y a si vile tête d'oignon qui n'ait été révérée ii l'égal de Jupiter. Dans le Mogol, il y a encore une vache qui reçoit plus de génuflexions que le bœuf Apis, qui a sa crèche garnie de diamants, et son étable voûtée des plus belles pierreries de l'Orient, ce qui doit rendre Voltaire et Rousseau moins fiers de leurs honneurs du Panthéon; et Marc Polo nous fait voir les habitants du pays de Cardandan adorant chacun le plus vieux de la famille, et se donnant, par ce moyen, la commodité d'avoir un dieu dans la maison et sous la main. Du moins ceuxci ont nos principes d'égalité, et chacun est dieu à son tour.

Nous n'avons pas le droit de nous moquer de tous ces imbéciles, nous. Européens, qui avons cru si longtemps que l'on gobait un Dieu, comme on avale une huître, et notre religion avait ce mal par-dessus les autres, que l'esclavage et le papisme sont deux frères qui se tiennent par la main, qu'ils ne sont jamais entrés dans un pays l'un sans l'autre. Aussi tous les Étals libres, en tolérant tous les cultes, ont-ils proscrit le papisme seul avec raison, la liberté ne pouvant

1. Ce Le Tellier n'en a pas moins assuré, avec LouvoiSj la puissance de la France.

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