A COLLOT D'HERBOIS ET XAVIER AUDOUIN
Vous avez deiiuiiulé tous les deux, citoyens, l'un à la tribune de la Convention, Tautre à celle des Jacobins, ce que c'étaient que des ultrà-révolutionnaires? La question vaut la peine d'être traitée; et pour la résoudre, lever tous vos doutes, et empêcher que votre autorité n'entraîne beaucoup de patriotes dans l'erreur, j'ai cru ne pouvoir mieux faire ijue de vous dédier à vous-même ce numéro, sans compliments, comme il convient à la dédicace d'un écrit républicain. Non que je veuille ici ouvrir une discussion; — il n'est pas besoin de raisonnements. Je présenterai sans réilexions un ensemble de faits pris" au hasard, parmi des milliers que je pourrais recueillir, et je laisserai agir votre raison et la droiture de votre conscience, qui, au lieu de me faire un crime d'avoir dégainé la plume contre les Ultra, me saura gré, au contraire, do m'êtrc chargé courageusement, pour l'amour de la Révolution et de la Républiipic, dune
lâche pleine de iléfaveurs et (l'iiiii)iiliés, el d'avoir lâché de tracer Ja ligne de démarcation, elde planter la borne enti-e le trop et le trop peu, les Ultra et les Ci ira.
On ne peut pas dire que je ne sois pas révolutionnaire, et même, en fouillant dans mes vieilles paperasses, et cherchant s'il n'y a point des fleurs de lys pour lesquelles un autre Gilles le ravisseur m'enlève ma pendule et m'envoie au\ Carmes \ je retrouve fort à propos un fragment d'une conversation avec Mirabeau, que je rimais et mettais en scène, il y a au moins quatre ans, et qui me ferait croire que c'est moi qui ai le premier usé de ce mot, et qui me suis qualifié révolutionnaire. Voici le passage :