‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 100 sur 197 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

CLAIRE

Cicéron ! ! !

DU VAL FILS

Quant à moi, je l'ai dit à mon frère, J'aimerais mieux cent fois perdre à jamais mon nom, Que d'épouser quelqu'un qui comprit Cicéron.

CLAIRE

Par ce trait satyrique, au moins je l'imagine, Vous attaquez encor cette pauvre cousine; Vous avez tort. Son père est ici; je crois bien Qu'il la corrigera.

DU VAL FILS

Son père n'y peut rien.

Détruira-t-il l'espoir dont son orgueil se berce, Et ce dédain profond qu'elle a pour le commerce?

CLAIRE

Mais l'âge, la raison...

DU VAL FILS

Je m'en étais flatté; Mais que peut la raison contre la vanité? N'attendez rien d'une âme avide, ambitieuse.

CLAIRE

Vous êtes trop sévère!

DU VAL FILS

Et vous trop généreuse.

Ses procédés pour vous sont-ils bien délicats? Ses torts à votre égard...

claire, l'interrompant.

Je ne les connais pas.

178 l'éducation ou les deux cousines

Ma cousine, en cela vous me croirez peut-être, N'est jamais avec moi que ce qu'elle doit être.

DU VA L FILS

Vous la justifiez! Ah! ce trait généreux Rend sa conduite encor plus blâmable à mes yeux. Pourquoi n'est-ce pas vous que je vis la première! Que je serais heureux, aimable et bonne Claire, Si vous aviez fait naître un sentiment si doux, Ou si votre cousine était semblable à vous!

claire, émue, à part.

Qu'entends-je?

Haut.

Adieu, monsieur; mon ouvrage m'appelle, Et je suis en retard.

DUVAL FILS

Que vous êtes cruelle!

Claire, restez encore! abandonné de tous, Je n'ai qu'un seul plaisir, celui d'être avec vous.

claire.

Voici mon oncle; il sait que j'ai beaucoup à faire, Je pars. Adieu, Duval.

duval, lui baisant la main.

Adieu, ma chère Claire, Adieu... combien elle a de vertus et d'attraits!

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