ACTE IV, SCÈNE II
CLAIRE
Cicéron ! ! !
DU VAL FILS
Quant à moi, je l'ai dit à mon frère, J'aimerais mieux cent fois perdre à jamais mon nom, Que d'épouser quelqu'un qui comprit Cicéron.
CLAIRE
Par ce trait satyrique, au moins je l'imagine, Vous attaquez encor cette pauvre cousine; Vous avez tort. Son père est ici; je crois bien Qu'il la corrigera.
DU VAL FILS
Son père n'y peut rien.
Détruira-t-il l'espoir dont son orgueil se berce, Et ce dédain profond qu'elle a pour le commerce?
CLAIRE
Mais l'âge, la raison...
DU VAL FILS
Je m'en étais flatté; Mais que peut la raison contre la vanité? N'attendez rien d'une âme avide, ambitieuse.
CLAIRE
Vous êtes trop sévère!
DU VAL FILS
Et vous trop généreuse.
Ses procédés pour vous sont-ils bien délicats? Ses torts à votre égard...
claire, l'interrompant.
Je ne les connais pas.
178 l'éducation ou les deux cousines
Ma cousine, en cela vous me croirez peut-être, N'est jamais avec moi que ce qu'elle doit être.
DU VA L FILS
Vous la justifiez! Ah! ce trait généreux Rend sa conduite encor plus blâmable à mes yeux. Pourquoi n'est-ce pas vous que je vis la première! Que je serais heureux, aimable et bonne Claire, Si vous aviez fait naître un sentiment si doux, Ou si votre cousine était semblable à vous!
claire, émue, à part.
Qu'entends-je?
Haut.
Adieu, monsieur; mon ouvrage m'appelle, Et je suis en retard.
DUVAL FILS
Que vous êtes cruelle!
Claire, restez encore! abandonné de tous, Je n'ai qu'un seul plaisir, celui d'être avec vous.
claire.
Voici mon oncle; il sait que j'ai beaucoup à faire, Je pars. Adieu, Duval.
duval, lui baisant la main.
Adieu, ma chère Claire, Adieu... combien elle a de vertus et d'attraits!