‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 115 sur 197 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

SCÈC^E T\EmiÈ\E CLAIRE, DUVAL fils.

Mais vous me surprenez; quelle étrange nouvelle? Son père aurait si peu d'autorité sur elle! Quoi! mon oncle aurait fait des efforts superflus, Et lui-même viendrait d'essuyer un refus!

DUVAL FILS

Mon père me l'a dit, et j'y comptais d'avance; La chose est positive.

claire, avec intérêt.

Ainsi, plus d'espérance!

F.llc lui prend la tua in.

Pauvre Duval ! Tenez, je suis de bonne foi, Personne ne vous plaint plus franchement que moi.

i>r VAL 1ILS

Ah! détrompez-vous bien, je ne suis pas à plaindre.

CLAIRE

Avec moi, pourquoi donc essayez-vous de feindre?

d u v A L FILS.

Claire, écoutez, je vais vous étonner, je croi, J'ai beaucoup observé ce qui se passe en moi, Et je vois maintenant que je n'aime pas Laure.

CLAI RE.

Allons, vous plaisantez.

D U VAL FILS

Je dirai plus encore, Dussiez-vous m'accuser de démentir les faits, C'est que réellement je ne l'aimai jamais.

Elle fait un mouvement.

Ce discours, je le sens, a droit de vous surprendre; Mais ne me jugez pas, Claire, avant de m'entendre. Amis dès le berceau, près de nos bons parents, Elle et moi, nous avons passé nos premiers ans. De nous unir un jour ils avaient l'espérance; Et nous, jeunes, naïfs et pleins de confiance, Nous aimions, destinés à devenir époux, A répéter des noms qui nous semblaient si doux. Sous les yeux d'une mère, ainsi notre tendresse Croissait avec le temps, nous occupait sans cesse; Ce sentiment bientôt de nos cœurs s'empara! Ce fut en ce moment que l'on nous sépara. Je ne vous peindrai point mes chagrins; son absence Me fit, pendant long-temps, sentir un vide immense.

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