ADÈLE, CHARLES
CHARLES, à part et dans h' fond.
Eh ! la voilà !
Haut.
Bonjour, ma charmante cousine; Empressé de vous voir...
ADÈLE, tristement .
Ah! bonjour, mon ami; Bonjour.
CHARLES
Chère cousine, avez-vous bien dormi ?
ADÈLE
Bien.
A part.
Cachons-lui les pleurs qui baignent mon visage.
CHARLES
Qu'avez-vous ? Vos beaux \ eux sont couverts d'un nuage.
ADELE.
Je n'ai rien.
CHARLES
Votre front me semble moins serein!
Adèle, auriez-vous donc quelque secret chagrin ?
ADÈLE
Non, je n'ai rien, vous dis-je.
Charles, â part.
Ah! c'est cncor Derville.
Haut.
Vous devez donc aller ce matin à la ville?
ADÈLE
Qui, moi ?
CHARLES
Votre toilette annonce ce dessein.
adèle, avec embarras.
Oui... Mais j'ai réfléchi, je n'irai que demain.
CHARLES, vivement.
Ah! tu restes, tant mieux! car l'ennui me dévore, Quand je ne te vois pas.
Des tutoîmens encore!
Charles, si vous voulez que nous restions amis, Vous quitterez ce ton, vous me l'aviez promis.
CHARLES
Par quel motif en être ainsi contrariée ?
ADÈLE
Vous oubliez toujours que je suis mariée.