ACTE IV, SCÈNE X "J
Charles, balbutiant.
Quoi
Je sais tout, je viens de rencontrer Franval, Que je ne cherchais pas; car je cherchais sa femme; Mais elle m'a joué, je n'ai pas vu la dame! Enfin, pour revenir, il m'a tout repéré; C'est par distraction qu'il avait accepté.
Il ne viendra donc pas?
DERVIL L E.
Une importante affaire Le demande à Paris, l'appelle au ministère; 11 m'a dit de venir le remplacer.
CHARLES
Comment?
DERVIL LE.
Cela rentrait de droit dans mon département. Sévèrement.
Oui, c'est un procédé coupable que le vôtre.
CHARLES
Mais!...
DERVIL LE.
Deviez-vous songer à faire choix d'un autre?... Quoi qu'il en soit, malgré mon indignation, Je veux bien pardonner; mais à condition Qu'à dater d'aujourd'hui, je saurai vos fredaines, Ne vous ai-je pas, moi, conté toutes les miennes? Je le veux, je l'exige; entendez-vous cela?
CHARLES, à part.
Malgré la nuit, sans cloute il la reconnaîtra, Et je tremble qu'alors dans sa fureur jalouse...
DERVILI.E.
Je suis mari, c'est vrai; mais jamais je n'épouse Les querelles de corps, et dans les différends, Je me range toujours du parti des galans.
CHARLES, à part.
Mais voici le moment, Adèle va paraître! Et, dans l'obscurité se trahira peut-être.
DERVI L LE.
Et la petite femme, est-elle bien? Son nom?... Est-elle mariée?... Ah! tu ne dis pas non. Vous chassez donc aussi sur les terres des autres? Puis, fiez-vous encore à tous ces bons apôtres; Voyez cet air si doux; pouvait-on se douter...
CHARLES, à part.
Si du moins de ce lieu je pouvais l'écarter.
DERVI L L E.
Tu ne dis mot! qu'as-tu?
Charles, balbutiant.
Mon cher ami... sans doute.
Elle viendra bientôt...
DERVI LLE.
Eh bien! après?
CHARLES
Écoute...
Tu devrais... me laisser.