ACTE 11, SCÈNE VI f
1 .1 plus légère atteinte à ta moralité! Voilà pour réparer tous mes torts.
77 lui présente une Litre.
LISETTE
Une lettre ?
BF.LCOUR.
C'est pour Mademoiselle; et tu vas la remettre A Madame...
LISETTE, souriant.
Monsieur se méprend sur le nom; Il veut dire, je crois, Mademoiselle.
BELCOU R.
Non !
A Madame, te dis-je.
LISETTE
Oh! la chose est unique; Mais alors, il est bon qu'au moins Monsieur s'explique; Car encor faut-il bien que je sache...
eelcour, lui donnant une bourse.
Tais-toi.
LISETTE, s' inclinant.
Monsieur...
BELCOUR
C'est mon secret. Mais quelqu'un vient, suis-moi. C'est madame Dorval !
Bas à Lisette eu sortant.
Dieu! quel sombre visage!
>4 LA M L RB RIVALE
SCÈWlE Vl1
MADAME DORVAL, seule.
Ah! je meurs à la fois et de honte et de rage...
Ai-je assez éprouvé d'humiliation!
J'ai fait tout jusqu'ici, tout pour l'opinion.
Que va dire un public qui toujours est extrême?
Hélas! que pensera le chevalier lui-même?...
Mille gens empressés, jaloux, de toute part
Vont accueillir ces bruits, les répandre avec art.
Par la malignité je me vois poursuivie;
Je vois fondre sur moi tous les traits de l'envie.
Dans peu mes ennemis contre moi vont s'unir;
Un seul moyen me reste; il faut les prévenir :
Il faut, en dépit d'eux, les réduire au silence,
Et par un coup d'éclat les confondre d'avance.
Que, pour les démentir, ma fille désormais
Dans le monde, chez moi, ne me quitte jamais;
Qu'elle soit de mes pas la compagne fidèle,
Et toujours et partout montrons-nous avec elle...
Prenant un air réfléchi.
Le rôle qu'à l'instant je viens de me choisir Sans doute est peu brillant; mais il faut le remplir. De toute ambition songeons à me défendre. A fixer les regards je ne dois plus prétendre! Partout où nous irons ensemble, je le voi,