ROSA M BE RT
Cet enfant-là, Florine, a toujours eu du goût.
FLORINE
Mais, de votre côté, vous sentez-vous pour elle Une passion vive, ardente?
1^4 l'éducation ou les deux cousines
ROSAM B ERT.
Moi, ma belle?
Froidement.
J'ai, depuis bien long-temps, pris par réflexion Le parti de n'avoir jamais de passion.
F LO RI NE
Quoi! par réflexion! est-ce que c'est possible?
ROSAMBERT.
Sans doute. Dans le fond, je suis né très-sensible;
Mais, comme notre amour est rarement payé,
Je m'en tiens par prudence à la tendre amitié.
Je me connais trop bien! si j'aimais une femme,
Ce serait ardemment, et de toute mon âme!
Alors, les noirs soucis, le repentir, l'effroi,
La jalousie enfin s'emparerait de moi !
Les passions en feu tourmenteraient mon être!
Et qui sait même? un jour j'épouserais peut-être!
Car, que ne fait-on point lorsque l'on aime, hélas!...
Voilà précisément pourquoi je n'aime pas.
flori N E, à part.
Mais quel galimatias vient-il donc de me faire?...
ROSAMBERT.
J'entends venir quelqu'un. Chut ! c'est Laure et sa mère.